La consultation médicale et le traitement de la sciatique

23 mars 2017
Le médecin détermine s'il s'agit d'une sciatique L5 ou S1. Les examens complémentaires ne sont nécessaires qu’en cas de sciatique compliquée ou prolongée. Le traitement est essentiellement médicamenteux et la rééducation peut être utile. La chirurgie est réservée à certaines formes de sciatiques.

La consultation médicale pour sciatique

Avant de vous prescrire un traitement adapté pour soigner la sciatique, le médecin traitant vous examine. Il détermine avec vous :

  • les circonstances de l'apparition de la douleur ;
  • le degré de gêne ;
  • le trajet de la douleur ;
  • la gêne ressentie dans votre travail.

Il vous examine debout, recherche un trouble de la statique comme une scoliose et les mouvements qui déclenchent la douleur sciatique. Il vous demande de marcher.

L'examen est complété, en position allongée et assise par :

  • des manœuvres permettant d'authentifier la sciatique ;
  • l'analyse de la force musculaire et de la sensibilité ;
  • l'étude des réflexes neurologiques.

Après son examen, le médecin traitant peut vous préciser s'il s'agit d'une sciatique L5 ou S1 selon la racine du nerf atteinte.

Dans un premier temps, aucun examen complémentaire n'est utile. En revanche, si les douleurs sciatiques persistent au-delà de quelques semaines, si elles résistent au traitement ou si vous présentez d'emblée une forme compliquée, il vous prescrit un bilan complémentaire : radiographies du rachis dorsolombaire, scanner, IRM...

Un avis auprès d'un rhumatologue ou d'un chirurgien est utile dans les formes compliquées ou prolongées.

Le traitement de la sciatique

Il peut prendre différentes formes.

Votre médecin traitant peut vous prescrire :

  • des antalgiques comme le paracétamol. Si vous n'êtes pas suffisamment soulagé, votre médecin pourra opter pour un antalgique destiné à traiter des douleurs plus intenses : l'association paracétamol/codéine, le tramadol et l'association paracétamol/tramadol peuvent notamment être utilisés ;
  • des anti-inflammatoires non stéroïdiens actifs dans les inflammations aiguës comme la sciatique ;
  • des en cas de contractures musculaires douloureuses.

Dans certains cas, votre médecin traitant peut également :

  • vous prescrire des séances de kinésithérapie, une fois la douleur aiguë passée ;
  • vous adresser à un rhumatologue. Celui-ci peut être amené à réaliser une épidurale dont l'effet antalgique dure 3 à 6 semaines ;
  • vous adresser à un chirurgien en cas de sciatique persistante, récidivante ou invalidante.

La chirurgie, en cas de sciatique provoquée par une hernie discale, consiste à retirer la hernie et à "nettoyer" le disque intervertébral. Elle est urgente lorsqu'il existe une paralysie, un syndrome de la queue de cheval ou lorsque la sciatique est hyperalgique. Elle peut également être décidée lorsque la sciatique dure depuis plusieurs semaines et a un fort retentissement sur la vie quotidienne. La chirurgie est en général efficace sur la sciatique mais des douleurs lombaires (lombalgies) persistent le plus souvent.

Des complications sont possibles :

  • un écoulement de liquide céphalorachidien ;
  • un hématome post opératoire ;
  • une infection du disque opéré ;
  • des douleurs sciatiques persistantes liées à l'inflammation du nerf ;
  • une récidive de hernie discale ;
  • des douleurs chroniques dites "neuropathiques" avec sensations de brûlures, dues à la souffrance des tissus nerveux...

D'autres interventions chirurgicales peuvent être proposées lorsque l'arthrose est en cause dans la survenue de la sciatique.

Les activités professionnelles et de loisir

En cas de sciatique non compliquée et non opérée, votre médecin vous autorise certaine activités.

Le repos au lit prolongé est à éviter. Le renforcement musculaire est essentiel, et votre médecin traitant vous conseillera sur les bons gestes à adopter et les exercices à pratiquer.

Il est possible de reprendre certaines activités sportives, comme la marche ou la natation, sans attendre la disparition complète de la douleur. Parlez-en à votre médecin traitant.

Si nécessaire, votre médecin traitant vous prescrira un arrêt de travail. Sa durée, très variable, sera adaptée à :

  • votre âge et votre condition physique ;
  • la cause de votre sciatique ;
  • la nature de votre travail ;
  • le temps et les modalités de transport pour vous rendre à votre travail.

Pour un travail sédentaire, 1 à 2 jours d’arrêt de travail sont le plus souvent suffisants. Pour un travail très physique, avec port de charges lourdes, un arrêt de travail d’environ cinq semaines peut être nécessaire.

Parlez à votre médecin traitant de votre profession et des conditions dans lesquelles vous travaillez (transport, activité manuelle...) Il pourra vous orienter vers votre médecin du travail pour une visite de pré-reprise. Cette visite permettra d'évaluer votre aptitude au poste de travail que vous occupez et de proposer une adaptation ergonomique de votre poste pour éviter les récidives, ou préconiser un changement de poste.

Sources
  • Marty M. Lombosciatique commune. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2011: (7-0795)1-9.
  • National Health Service (NHS). Sciatica. Site internet : NHS Choices. Londres ; 2014 [consulté le 10 juin 2016]
  • Ministère des Affaires sociales et de la Santé. La douleur. Site internet : social-sante.gouv. Paris ; 2015 [consulté le 19 mai 2016]
  • Haute autorité de santé (HAS). Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombosciatiques communes de moins de trois mois d'évolution. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2000 [consulté le 13 juin 2016]
  • Caisse nationale de l'Assurance Maladie des travailleurs salariés. Arrêt de travail, sciatique, après avis de la HAS. Site internet : ameli.fr. Paris ; 2011 [consulté le 13 juin 2016]
  • Société française de neurochirurgie. Chirurgie d'un hernie discale lombaire. Site internet : neurochirurgie.fr. Rouen (France) [consulté le 13 juin 2016]