Des conditions de travail adaptées à sa santé

29 décembre 2020

Le diabète, surtout lorsqu’il est traité avec des injections d’insuline, peut avoir des conséquences sur la vie professionnelle. Pourtant, il n’est pas toujours simple d’aborder le sujet avec ses collègues ou son employeur. Le Docteure Yolande Esquirol, secrétaire générale de la Société Française de médecine du travail (SFMT), rappelle qu’en parler au médecin du travail peut aider à bénéficier de conditions de travail plus adaptées.

Est-il nécessaire de déclarer son diabète à son médecin du travail ?

Je pense qu’il est utile d’en parler avec son médecin du travail, car il est là pour faire en sorte d’adapter au mieux les conditions de travail à la santé des personnes.

Les personnes diabétiques ont la possibilité de demander la reconnaissance de leur statut de travailleur handicapé.

Les personnes diabétiques ont la possibilité de demander la reconnaissance de leur statut de travailleur handicapé. Quel est l’intérêt de cette reconnaissance ? Les patients sont libres de décider de faire cette demande. Il faut en discuter avec son médecin traitant, avant que le dossier soit étudié par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Pour un diabète non insulinodépendant et qui serait bien équilibré, je ne pense pas que ce soit nécessaire. En revanche pour un diabète insulinodépendant, déséquilibré ou avec des complications, je crois que le patient a tout intérêt à le faire. En effet, dans certains cas, cette reconnaissance permet de financer des améliorations de conditions de travail, des adaptations de poste. Cela peut permettre aux personnes de recevoir une aide en cas de réorganisation, de redéfinition de leur projet de vie professionnelle selon l’évolution de leur pathologie.

Que dire à ceux qui ont peur d’en parler au travail ?

Tout d’abord, il est important de continuer à bien suivre son traitement, même sur son lieu de travail. Ne pas le faire, c’est risquer de développer des complications qui peuvent encore plus nuire à la vie professionnelle.

De plus, plus les personnes autour de vous sont informées, mieux le diabète sera géré en cas de problème. Si les relations sont bonnes avec un collègue, il peut être utile de lui en parler et de lui expliquer comment réagir si vous faites un malaise par exemple.

Enfin, le médecin du travail et son équipe sont là pour proposer des adaptations des conditions de travail, avec la volonté de maintenir les personnes dans l’emploi.

Je comprends très bien qu’une personne dont le diabète est bien équilibré et qui n’a pas de complication n’en parle pas à son travail. Chacun a droit à sa vie privée. Mais, il ne faut pas oublier que le médecin du travail est soumis au secret médical, il n’a pas à divulguer d’information médicale à l’employeur. Donc, il ne faut pas avoir peur de lui parler en toute confiance et confidentialité.

La dernière journée mondiale de diabète avait pour thème les métiers interdits aux personnes diabétiques

La dernière journée mondiale de diabète avait pour thème les métiers interdits aux personnes diabétiques, pensez-vous que cette interdiction a toujours lieu d’être ? En-dehors des interdictions actuelles d’embauche pour des postes bien définis (pilotes d’avion, sapeur-pompier, militaire, etc. NDLR), l’aptitude doit être évaluée au cas par cas. Pour prendre une décision, il faut se poser quelques questions sur la prise en charge du diabète : quel est le traitement ? Le patient comprend-il bien sa maladie ? Quel est le niveau d’équilibre de ce diabète pour cette personne donnée ? Il faut également s’interroger sur les conditions de travail de la personne afin de savoir si elles ne risquent pas de créer un déséquilibre du diabète.