Le traitement prescrit en cas de salpingite

04 mai 2017
Le traitement de la salpingite repose essentiellement sur la prise d’antibiotiques dès la confirmation du diagnostic, y compris pour le (ou les) partenaire(s) de la femme malade. Dans certains cas, une hospitalisation peut se révéler nécessaire.

Le traitement antibiotique de la salpingite

Si le diagnostic de salpingite aiguë est confirmé, le médecin traitant prescrit :

  • des antibiotiques ;
  • des antalgiques-antipyrétiques (médicaments contre la douleur et la fièvre, comme le paracétamol) ;
  • un arrêt de travail, pour permettre à la patiente de se reposer au lit.

L’association des anti-inflammatoires et des antibiotiques en début de traitement est déconseillée, son efficacité n’a pas été démontrée. Pour plus d’informations, parlez-en à votre médecin.

Le traitement commence dès que possible, sans attendre le résultat des prélèvements bactériologiques visant à identifier le germe en cause (on parle d’"antibiothérapie probabiliste"). Le médecin prescrit ainsi plusieurs antibiotiques dits "à large spectre", agissant sur les principaux germes habituellement responsables de la salpingite (Chlamydiae trachomatis, gonocoque, entérobactéries, bactéries anaérobies). Ce traitement dure 14 jours, voire 21 jours en cas de complications.

Administré le plus souvent par voie orale et/ou intramusculaire, il peut prendre deux formes différentes :

  • association d’une céphalosporine de troisième génération (ceftriaxone) avec une cycline (doxycycline) et du métronidazole ;
  • association d’une fluoroquinolone (ofloxacine) et de métronidazole.

Au besoin, une fois les résultats des prélèvements et de l’antibiogramme obtenus, le choix de l’antibiotique est adapté.

Par ailleurs, dans les formes sévères ou compliquées de salpingite, une hospitalisation est nécessaire pour :

  • l’administration d’antibiotiques par voie intraveineuse (perfusion) ;
  • éventuellement, en complément, une intervention chirurgicale par (ex. : drainage d’un abcès).

Le traitement du partenaire en cas de salpingite

En cas d’infection sexuellement transmissible, afin d’éviter les récidives, il est indispensable que le (ou les) partenaire(s) soient également traités par antibiotiques, même en l’absence de symptômes. En effet, cette (ces) personne(s) peu(ven)t également être porteuse(s) du germe sans présenter de signes évocateurs (on parle de "porteur sain").

Le traitement prescrit dépend de la bactérie en cause :

  • en cas d’infection par Chlamydiae trachomatis, le médecin prescrit de l’azithromycine (par voie orale, en une prise) ;
  • si le gonocoque est responsable de la salpingite, une injection intramusculaire unique de ceftriaxone est pratiquée.

La surveillance médicale après le traitement

Le suivi repose sur des examens médicaux répétés et sur des analyses complémentaires :

  • prise de la température jusqu’à disparition de la fièvre ;
  • palpation de l’abdomen et toucher vaginal réguliers, tant que les douleurs perdurent ;
  • analyses sanguines une fois par semaine, jusqu’à la normalisation des résultats (habituellement sous 10 à 15 jours) ;
  • prélèvements bactériologiques de contrôle (toutefois, ils ne sont pas systématiques).

Une de contrôle est aussi pratiquée trois mois après la fin du traitement, dans les cas suivants :

  • persistance de douleurs pelviennes (de la partie inférieure du bassin) ;
  • désir d’une grossesse future.
Les antibiotiques : cinq règles d'or pour préserver leur efficacité
  1. Suivez bien la prescription médicale (doses à prendre, durée du traitement).
  2. N'arrêtez pas le traitement prématurément : il doit être poursuivi jusqu’au bout, même si votre état s'améliore.
  3. Ne donnez pas vos médicaments à quelqu'un d'autre : l’antibiotique prescrit est spécifique à votre cas.
  4. Ne réutilisez pas votre antibiotique une fois le traitement terminé.
  5. En cas de doute ou d'effets indésirables, demandez conseil à votre médecin.

Bien utiliser ces produits, c'est permettre à chacun de bénéficier de leur efficacité le jour où ils sont vraiment nécessaires.

Les antibiotiques, si on les utilise à tort, ils deviendront moins forts !

Sources
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Infections génitales de la femme –Salpingites. Site internet : Université Numérique Francophone des Sciences de la Santé et du Sport (UNF3S). Lille (France) ; 2011 [consulté le 11 mai 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Trente-sixièmes journées nationales – Recommandations pour la pratique clinique : les infections génitales hautes. Site internet : CNGOF. Paris ; 2012 [consulté le 11 mai 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Trente-et-unièmes journées nationales – Conduite à tenir devant une suspicion de salpingite. Site internet : CNGOF. Paris ; 2007 [consulté le 11 mai 2015]