Salpingite : définition, causes et facteurs de risque

16 juin 2020
La salpingite est une infection des trompes qui relient l’utérus aux ovaires. Elle est due à une bactérie, le plus souvent transmise lors d’un rapport sexuel non protégé. C’est une maladie fréquente chez les femmes jeunes.

Qu’est-ce que la salpingite ?

La salpingite est une infection des trompes utérines dites , due à une bactérie. Cette maladie de l’appareil génital féminin est fréquente et touche surtout les femmes jeunes.

Elle passe inaperçue dans 50 à 70 % des cas, ce qui explique que la salpingite soit fréquemment diagnostiquée lors d’un bilan pour stérilité, dont elle est la cause.

La salpingite fait partie des infections génitales hautes comme :

  • les endométrites de l'utérus (infections de la de l'utérus ou endomètre),
  • les abcès des trompes utérines,
  • les péritonites (infections du ) d'origine génitale.

L’appareil génital féminin

Schéma anatomique de l’appareil génital féminin composé du vagin, du col de l’utérus, de l’utérus, des trompes de Fallope et des ovaires (cf. description détaillée ci-après)

L’appareil génital féminin est composé de cinq organes.

Le vagin, canal musculaire de quelques centimètres qui s’ouvre au niveau du pubis. Le col de l’utérus, couloir étroit qui relie le vagin et l’utérus. L’utérus, en forme de poche triangulaire à laquelle sont attachés des conduits appelés trompes de Fallope. Et les ovaires, deux glandes en forme d’amandes, qui sont situées à l’extrémité des trompes de Fallope.

 

Les causes de la salpingite

La contamination bactérienne responsable de la salpingite se fait presque exclusivement par voie génitale ascendante : les germes cheminent du vagin, vers l'utérus jusqu'aux trompes utérines.

Une transmission sexuelle le plus souvent à l'origine de la salpingite

La contamination responsable de la salpingite a lieu généralement lors d’un rapport sexuel non protégé (il s’agit alors d’une infection sexuellement transmissible ou "IST"). À partir du vagin, les microbes traversent le col de l’utérus, remontent dans l’utérus, puis arrivent jusqu’aux trompes (on parle alors d’"infection génitale haute").

Salpingite après une intervention ou un examen endo-utérins (à l’intérieur de l’utérus)

La salpingite est parfois liée à :

  • un curetage utérin (intervention visant à vider l’utérus de son contenu à l’aide d’une curette) pour interruption volontaire de grossesse (IVG), dans moins de 5 % des cas ;
  • une ou une hystérographie (examen radiologique de l’utérus), dans moins de 0,5 % des cas ;
  • la pose d’un stérilet ;
  • une intervention chirurgicale au niveau de l'utérus.

Très rarement, une infection d’un organe voisin des trompes utérines à l'origine de la salpingite

La contamination des trompes de l'utérus peut survenir lors d’une appendicite ou d’une sigmoïdite (inflammation du colon sigmoïde, partie terminale du gros intestin avant le rectum).

Quels sont les bactéries à l’origine d’une salpingite ?

Lorsqu'une salpingite survient après une infection sexuellement transmissible, les bactéries le plus souvent en cause sont :

  • Chlamydiae trachomatis (60 % des cas environ) ;
  • Neisseria gonorrhoeae (ou "gonocoque"), chez 5 à 10 % des patientes touchées ;
  • des mycoplasmes (bactéries très petites comme Mycoplasma hominis et Ureaplasma urealyticum), dans 5 à 20 % des cas.

Dans les autres cas, la salpingite est due à :

  • des entérobactéries vivant dans le tube digestif (dont Escherichia coli ou "E. coli"), des entérocoques, ainsi que des streptocoques, des staphylocoques ;
  • le bacille de la tuberculose ;
  • la bilharzie ou "schistosome" dans les régions tropicales et intertropicales (ver d’eau douce vivant dans ces zones) provoque aussi une infection parfois responsable d’une salpingite ("bilharziose" ou "schistosomose").

Les facteurs de risque de salpingite

Plusieurs éléments prédisposent à la survenue d'une salpingite :

  • essentiellement, le jeune âge de la femme (20 à 25 ans) ;
  • la multiplicité des partenaires sexuels (dans le cadre de rapports non protégés) (deux ou plus de deux partenaires dans l'année ou le changement récent de partenaire) ;
  • un antécédent d’infection sexuellement transmissible ;
  • la présence d’une urétrite (infection de l’urètre) ou d'une infection sexuellement transmissible, en cours ou récente, chez le partenaire sexuel.

  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Infections génitales hautes - Mise à jour des recommandations pour la pratique clinique. Site internet : Cgnof. Paris ; 2018 [consulté le  15 juin 2020]
  • Judlin P, Huchon C, Garbin O, Quentin R, Bourret A, Derniaux E, Graesslin O. Infections génitales hautes. EMC Elsevier Masson - Gynécologie. 2015;10(4):1-16.