Saignement gynécologique anormal : quels sont les traitements ?

Le traitement dépend de la cause de vos saignements vaginaux anormaux. Dans tous les cas cependant, si une anémie par carence de fer accompagne les saignements, elle est prise en charge pour améliorer votre confort.

Saignements gynécologiques anormaux : la correction de l’anémie

Si les saignements sont peu importants mais répétés ou abondants, ils peuvent être responsables d’une perte de fer puis d’une anémie.

Le traitement de l’anémie par carence en fer repose d’abord sur un apport de fer par la prise de comprimés.

Celui-ci doit être poursuivi pendant au moins 3 mois et pris en dehors des repas, pour favoriser une bonne absorption du fer.

Dans de rares cas, le fer peut être prescrit en perfusion.

Pour en savoir plus lire l’article : le traitement de l’anémie par carence en fer

Le traitement médical des saignements gynécologiques

Traitement antifibrinolytique lors des saignements abondants

Le traitement antifibrinolytique est utilisé au moment des saignements, s’ils sont abondants. Il permet de réduire la durée et le volume des saignements.

Il est utilisé en traitement seul chez une femme désirant avoir un enfant ou en association avec un traitement hormonal en cas de saignement abondant, ayant un retentissement important (anémie).

Le médicament utilisé est l’acide tranexamique (Exacyl®, Spotof® et leurs génériques). Le traitement médical est contre-indiqué en cas d’antécédents thrombo-emboliques veineux (une phlébite par exemple) ou artériels (accident vasculaire cérébral par exemple). Il peut être responsable de troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).

Saignement vaginal anormal : le traitement hormonal

Il peut être utilisé seul ou associé à l’acide tranexamique en cas de saignements abondants.

Le traitement hormonal est contraceptif et n’est donc pas utilisé si vous désirez une grossesse.

Ce traitement hormonal permet de freiner l’axe gonadotrope et d’empêcher les saignements de l’endomètre : il prévient donc les récidives de saignement.

Le médecin ou la sage-femme peut prescrire :

  • une pilule contraceptive œstoprogestative en respectant les contre-indications et précautions d’emploi ;
  • un traitement par dispositif intra-utérin (stérilet) au lévonorgestrel. Il n’est pas recommandé chez l’adolescente ou la femme jeune sans activité sexuelle. Il peut être responsable de maux de tête et de douleurs pelviennes ;
  • un traitement par progestatifs par voie orale. Ce traitement assure également une contraception :
    • les microprogestatifs : ils sont souvent responsables de nausées, céphalées et douleurs des seins et des petits saignements noirâtres peuvent persister (spottings) ;
    • les macroprogestatifs (acétate de nomesgestrol et acétate de chlormadinone) : leur prescription ne peut être envisagée que lorsque les autres traitements ont échoué ou sont contre-indiqués. En effet ils augmentent le risque de survenue de méningiome. Ils sont prescrits sur une période courte et à la dose minimale.
  • les analogues de la GnRH (leuproréline, triptoréline). Ces médicaments empêchent la production des hormones gonadotropes produites par l', hormones qui stimulent la production d'estrogène par les . Ces médicaments provoquent par conséquent une baisse du taux d’estrogène. Il s’en suit l'arrêt des règles (aménorrhée) et simultanément la disparition des saignements. C’est un traitement utilisé chez les femmes ayant des anomalies de la coagulation ou sur une courte période avant un traitement chirurgical. Ces médicaments arrêtent rapidement les saignements.

Le traitement des anomalies de l'appareil génital

Lorsque les saignements gynécologiques (métrorragies ou ménorragies) sont dus à une anomalie de l’appareil gynécologique découverte lors du bilan, le traitement de cette cause est envisagé.

Maladies de l’endomètre

Endomètre trop épais, trop développé (hyperplasie de l’endomètre)

Le traitement peut être hormonal (traitement par dispositif intra-utérin au lévonorgestrel).

Si la femme ne souhaite plus de grossesse, une résection ou ablation de l’endomètre (endométrectomie) ou destruction endométriale par l’énergie thermique (chaleur), au ou grâce à des instruments électriques peut être effectuée.

Une (ablation de l'utérus) sans ovariectomie (les sont conservés) par voie cœlioscopique ou vaginale peut être souhaitable s’il existe un risque d’évolution vers un cancer de l’endomètre.

Présence de polypes utérins

Les polypes de l'utérus sont sectionnés et enlevés lors d’une . Il s’agit d’un acte médical permettant de visualiser directement l'intérieur de la cavité utérine.

Présence d’un cancer de l’endomètre

Le cancer de l’endomètre est une cause de saignement chez la femme ménopausée (les cas sont rares avant la ménopause).
Le traitement nécessite une totale (ablation de l'utérus et des ) et une radiothérapie couplée à une curiethérapie (technique d'irradiation consistant à introduire des sources radioactives au contact ou à l'intérieur même de la tumeur).

Maladies du muscle de l’utérus

Myomes ou fibromes

Le traitement choisi pour traiter les fibromes et les myomes dépend de plusieurs facteurs :

  • l’âge et le désir de grossesse ;
  • l’importance des symptômes et l'existence de complications ;
  • le type de fibromes (nombre, volume, localisation) ;
  • l’état général de la patiente.

Pour en savoir plus, lire l’article « Fibrome utérin : quel traitement ? » sur ameli.fr

Adénomyose

Le traitement de l’adénomyose est avant tout hormonal par dispositif intra-utérin au lévonorgestrel.

Un traitement chirurgical conservateur (résection ou destruction endométriale pour diminuer les saignements) est possible si la femme n’a plus de projet de grossesse. Dans ce cas, il est associé au traitement hormonal. Une (ablation de l'utérus) par voie cœlioscopique ou vaginale est parfois nécessaire.

Pour en savoir plus, lire l’article « Endométriose : quel traitement ? » sur ameli.fr

Maladies du col de l’utérus et du vagin

Voilà ci-dessous une liste des maladies du col de l’utérus et du vagin pouvant provoquer des saignements vaginaux anormaux et leurs traitements :

  • une infection du col de l’utérus ou cervicite (IST) bénéficie d’un traitement médicamenteux ;
  • un du col de l’utérus peut être enlevé chirurgicalement ;
  • une localisation au niveau du col d’une bénéficie du traitement de l’endométriose ;
  • un cancer du col de l’utérus, pour en savoir plus lire l’article « Le traitement du cancer du col de l’utérus » sur ameli.fr
  • les tumeurs du vagin ou de la vulve sont des causes rares de saignements gynécologiques et bénéficient d’un traitement spécifique selon leur nature.
  • Brun J.-L., Plu-Bureau G., Huchon C., Ah-Kit X., Barral  P., Chauvet M. et al. Prise en charge des ménorragies : recommandations pour la pratique clinique du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie 2022;50:345–373
  • Kolanska K., Duranteau L., Bazot M., Daraï E., Chabbert-Buffet N. Ménométrorragies en dehors de la grossesse. EMC - Médecine d’urgence 2022;16(2):1-11 [Article 25-070-A-20]
  • Haute Autorité de santé. Saignements utérins abondants chez la jeune femme atteinte de maladies hémorragiques rares ou acquises. Protocole national de diagnostic et de soins 2022. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2022 [consulté le 10 janvier 2024]
  • National Health service. What causes bleeding between period ? Site internet : NHS. Londres ; 2023 [consulté le 10 janvier 2024]
  • National Library of medecine. Abnormal uterine bleeding. Site internet : medlineplus. Bethesda (EU d’Amérique) ; 2022 [consulté le 10 janvier 2024]
Cet article vous a-t-il été utile ?
Pourquoi cet article ne vous a pas été utile ?
* champ obligatoire