Symptômes, diagnostic et évolution de la rubéole

04 septembre 2018
Une fois sur deux, la rubéole passe inaperçue. Dans les autres cas, l'éruption cutanée peut être précédée de maux de tête, maux de gorge, conjonctivite, fièvre et associée à une augmentation de volume des ganglions au niveau du cou.

Les symptômes de la rubéole

Une fois inhalé, le virus de la rubéole se multiplie dans les voies respiratoires et dans les ganglions du cou, puis se répand dans le corps par la circulation sanguine. Entre le moment où le virus de la rubéole pénètre dans l'organisme et les premiers symptômes, il s'écoule entre 14 et 23 jours. C'est la période d'.

Dans la moitié des cas, la rubéole ne donne pas de symptômes et passe inaperçue.

Lorsqu'ils existent, les premiers symptômes de la rubéole apparaissent un à sept jours avant l'éruption cutanée et sont les suivants :

  • malaises ;
  • maux de tête ;
  • fièvre modérée ;
  • conjonctivite ;
  • augmentation de la taille des ganglions (adénopathies) derrière les oreilles et dans la région du cou qui persiste une à deux semaines.

Puis, l'éruption cutanée apparaît. Elle commence sur le front et le visage, puis descend en moins de 24 heures sur le tronc et les membres. Ce sont de petites taches roses, plus claires que celles de la rougeole, qui peuvent se rassembler et colorer l'ensemble de la peau. L'éruption peut durer entre un et quatre jours.
Cependant, l'éruption cutanée est absente ou passe inaperçue dans 50 % des cas de rubéole.

Le diagnostic de la rubéole

Le médecin évoque le diagnostic de rubéole à l'aspect de l'éruption (lorsqu'elle existe) et à la présence de ganglions anormalement gros au niveau du cou et derrière les oreilles.

Si la personne n'est pas correctement vaccinée par le ROR ou n'a pas la preuve qu'elle est immunisée contre la rubéole (statut vaccinal inconnu, absence de résultat de sérologie de la rubéole effectuée dans le passé), le médecin confirmera le diagnostic par des examens biologiques : PCR (méthode d'identification du virus de la rubéole par la détection de son matériel génétique) ou dosage d'IgM spécifiques de la rubéole (il s'agit d'anticorps dont la présence témoigne d'une infection récente) dans la salive ou le sérum du sang.

Si la personne est malade, la déclaration anonyme de la rubéole par le médecin à l'Agence Régionale de Santé est obligatoire.

La rubéole : une maladie souvent bénigne, mais très grave pour la femme enceinte

La rubéole est une maladie bénigne si elle est contractée en dehors de la grossesse. En revanche, si une femme enceinte a la rubéole, les conséquences peuvent se révéler très graves.

En dehors de la grossesse, la rubéole est une maladie bénigne

La guérison de la rubéole est rapide. L'éruption disparaît en 3 à 4 jours mais les adénopathies (affection des ganglions lymphatiques) peuvent persister quelques jours supplémentaires. La personne est définitivement immunisée contre la rubéole.

Les complications sont rares. Une inflammation des articulations peut atteindre les mains et les pieds ; elle survient après la puberté et presque uniquement chez la femme. Les douleurs articulaires (arthralgies) durent quelques jours et disparaissent.

Chez la femme enceinte non immunisée, la rubéole est un vrai danger

Le risque de rubéole congénitale

En cas de passage transplacentaire du virus pendant les premiers mois de grossesse, le risque de malformations congénitales est très élevé (de 70 % à 100%) quand la rubéole maternelle survient avant 11 semaines d’aménorrhée ; il varie de 15 % à 80 % entre la 12e et la 18 e semaine d'amménorrhée pour devenir quasi nul après ce délai. Le passage transplacentaire du virus peut être responsable de :

  • mort fœtale et fausse couche,
  • rubéole congénitale malformative ou asymptomatique.

La contamination du fœtus peut survenir, même si la rubéole chez la mère passe inaperçue.

La rubéole congénitale peut être la cause d'un retard de croissance, d'atteintes oculaires, d'une surdité, d'une paralysie des membres, de malformations cardiaques et de troubles du développement du cerveau de l'enfant à naître. Elle est d'autant plus grave qu'elle survient tôt dans la grossesse.

La surveillance de la femme enceinte non immunisée contre la rubéole

La femme enceinte fait donc l'objet d'une surveillance médicale particulière. Dès le premier examen de la grossesse, le médecin doit vérifier si sa patiente est immunisée contre la rubéole au moyen d'un bilan sanguin appelé « sérologie ».

Les femmes enceintes non immunisées sont surveillées très régulièrement : la réalisation de sérologies (dosages des IgM et IgG spécifiques de la rubéole), lors de la grossesse, permet de vérifier l'absence de séroconversion, c'est à dire l'absence de contamination par le virus.

En cas de primo-infection rubéolique détectée grâce aux sérologies, la femme enceinte est adressée à un centre spécialisé pour bilan complémentaire et suivi médical.

Mieux vaut prévoir avant la grossesse : la consultation préconceptionnelle

Si vous souhaitez avoir un enfant et n'avez pas été vaccinée contre la rubéole, il est recommandé de vérifier que vous êtes immunisée, en pratiquant une sérologie.

Si vous n'êtes pas immunisée, vous pouvez être vaccinée avant d’être enceinte. Une grossesse doit être évitée dans les deux mois suivant la vaccination contre la rubéole.

Ce qu’il faut retenir sur la rubéole
  • La rubéole est une maladie habituellement sans gravité, sauf pour la femme enceinte non immunisée.
  • L’éruption cutanée de la rubéole se traduit par des petites taches roses sur le front et le visage puis le corps. Mais l’infection peut aussi passer inaperçue.
  • Le virus de la rubéole peut traverser le et contaminer le fœtus.
  • Avant d'envisager une grossesse, la jeune femme doit vérifier avec son médecin qu'elle est immunisée contre la rubéole. En l'absence d', la vaccination ROR est indispensable avant toute grossesse.
  • La meilleure protection : se faire vacciner dans la petite enfance.

Le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) est remboursé à 100 % par l’Assurance Maladie pour tous les enfants âgés de un à dix-huit ans, et au minimum à 65 % pour tous les autres assurés. L’injection peut être pratiquée le même jour que d’autres vaccins.

Sources
  • Grangeot-Keros L, Bouthry E, Vauloup-Fellous C. Rubéole. EMC - Pédiatrie - Maladies infectieuses. 2015;11(1):1-10 [Article 4-290-A-20]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 4 septembre 2018]
  • Santé publique France - Institut de veille sanitaire. Rubéole. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2016 [consulté le 4 septembre 2018]
  • Décret n° 2018-342 du 7 mai 2018 complétant la liste des maladies faisant l'objet d'une transmission obligatoire de données individuelles à l'autorité sanitaire. JORF n°0107 du 10 mai 2018
  • Haut Conseil de la santé publique. Mise en place d’une déclaration obligatoire de la rubéole. Rapport. Site internet : HCSP. Paris ; 2017 [consulté le 4 septembre 2018]
  • Organisation mondiale de la santé. Rubéole. Site internet : OMS. Genève (Confédération suisse) ; 2018 [consulté le 4 septembre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Toxoplasmose et rubéole au cours de la grossesse : quelles recommandations pour la prévention et le dépistage ? Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 4 septembre 2018]