Le traitement de la rosacée

15 mai 2017
Selon la forme qu’elle prend, la rosacée n’est pas traitée de la même façon. Néanmoins, la prise d’antibiotiques et l’application de crèmes diminuent, dans certains cas, les poussées caractéristiques de cette affection.

Des traitements différents pour chaque forme de la maladie

Le traitement de la rosacée permet de diminuer les symptômes, d’espacer les poussées et de mieux contrôler l’évolution de la maladie. Il ne permet pas une guérison définitive. Il s'agit donc d'un traitement continu dont l'arrêt expose au risque de rechute.

Un diagnostic précoce permet d’adapter le plus tôt possible les soins prescrits, en fonction de chaque cas particulier.

Dans tous les cas, le traitement repose d’abord sur des mesures hygiéno-diététiques qui éliminent les facteurs déclenchants ou aggravants.

La rosacée vasculaire

La rosacée vasculaire peut être améliorée par le traitement au . Il permet d'atténuer les rougeurs et télangiectasies (dilatation visible et permanente de petits vaisseaux de la peau) visibles. Ces séances, ayant seulement une visée esthétique, ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie.
La brimonidine (gel d'application locale) permet de réduire la rougeur sur une durée de 8 à 10 heures. Ce produit est délivré sur ordonnance mais n'est pas remboursé.

La rosacée papulo-pustuleuse

En cas de rosacée papulo-pustuleuse, le médecin prescrit le plus souvent un traitement local : le métronidazole (activité antibactérienne et antiparasitaire). Ce médicament se présente sous forme de gel, de crème ou de lotion. Il s’applique lors des poussées pendant quelques semaines, puis en traitement d’entretien pour éviter les rechutes.
Ce traitement impose quelques précautions : le métronidazole ne doit pas être mis en contact avec les yeux et la zone traitée ne doit pas être exposée au soleil, ni aux rayonnements .
L'acide azélaïque en application locale peut également être utilisé pour son action anti-inflammatoire.

Le médecin peut y ajouter, dans les formes plus importantes, un traitement oral  par un antibiotique de la famille des cyclines (souvent la doxycycline). Employé pour ses propriétés anti-inflammatoires, cet antibiotique réduit papules et pustules, mais pas les rougeurs ni les télangiectasies. Il ne doit pas être utilisé chez les personnes allergiques aux cyclines et chez la femme enceinte. Dans ce cas, une autre classe d'antibiotiques est utilisée (le plus souvent les macrolides).

Par ailleurs, lorsque la prise des antibiotiques par voie orale se termine, l’application de la crème au métronidazole doit être poursuivie en entretien, pour éviter une rechute liée à l’arrêt.

La rosacée hypertrophique

Pour les patients atteints de rosacée hypertrophique, un traitement chirurgical est proposé. Son but est de restaurer la forme normale du visage grâce à des techniques spéciales.

Un traitement particulier en cas d’atteinte oculaire

Pour soulager la rosacée oculaire, le médecin prescrit des antibiotiques (cyclines) par voie orale et éventuellement en collyre (tétracycline). Si vous présentez cette forme de la maladie, des soins d’hygiène spécifiques sont aussi à réaliser tous les soirs :

  • imbibez d’eau tiède un coton à démaquiller et appliquez-le sur vos paupières pendant dix minutes ;
  • massez-vous de bas en haut sur les paupières supérieures et de haut en bas sur les paupières inférieures ;
  • rincez vos yeux au sérum physiologique en unidoses (qui permettent d’utiliser un produit toujours stérile et ne contiennent pas de conservateur) ;
  • utilisez des larmes artificielles sans conservateur.

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Sources
  • Collège national des enseignants de dermatologie. Dermatoses faciales : rosacée. Site internet : Campus de dermatologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 8 mars 2017]
  • Société française de dermatologie. Couperose et rosacée. Site internet : Dermato-info.fr. Paris ; 2015 [consulté le 8 mars 2017]
  • Libon F, El Hayder L, Nikkels-Tassoudji N, Dezfoulian B, Nikkels A.F. La rosacée. Rev Med Liège. 2015;70(4):179-185
  • National Health Service (NHS). Rosacea. Site internet : NHS Choices. Londres ; 2016 [consulté le 8 mars 2017]