Le risque cardiovasculaire et ses facteurs

24 avril 2017
La probabilité de développer une maladie ou un accident cardiovasculaire résultant de l’obstruction des artères est appelée risque cardiovasculaire. Ce dernier est lié à l'existence de plusieurs facteurs qui peuvent être supprimés. Il est important de connaître son risque cardiovasculaire pour agir.

Qu'appelle-t-on risque cardiovasculaire ?

Le risque cardiovasculaire est la probabilité de survenue d’une maladie ou d’un accident cardiovasculaire (maladies du cœur et des artères).

Les maladies cardiovasculaires résultent du dépôt de graisses sur les parois des artères. Ces dépôts forment des plaques d’athérome et finissent par gêner la circulation du sang qui alimente tous les organes et en particulier des organes vitaux comme le cerveau ou le cœur. C’est l’athérosclérose.

Différences entre une artère normale et une artère rétrécie

Schéma : artère normale et rétrécie (500 px)

Un certain nombre de facteurs sont à l’origine de ce risque et favorisent le développement des maladies cardiovasculaires. Chaque individu peut présenter un ou plusieurs facteurs de risque. Dans ce dernier cas, il faut savoir que les facteurs de risque ne s'additionnent pas, mais ils se potentialisent, c'est-à-dire qu'ils s'aggravent l'un l'autre. On évalue pour chaque personne le « risque cardiovasculaire global ».

Il est important de connaître les facteurs de risque cardiovasculaire auxquels on est exposé et de ne pas les sous-estimer. S'il est impossible d'agir sur certains d'entre eux (âge, sexe...), plusieurs facteurs de risque peuvent être réduits ou supprimés (sédentarité, HTA, surpoids...) Ainsi, il est possible de prendre des mesures pour réduire ceux sur lesquels on peut agir et éviter, limiter ou retarder le développement d’une pathologie cardio-vasculaire.

N’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant qui peut évaluer votre risque cardiovasculaire global. S’il l’estime nécessaire, il vous aidera à le réduire (pratique d’activités physiques, meilleur équilibre alimentaire, etc.)

Les facteurs de risque cardiovasculaire

Il existe plusieurs types de facteurs de risque.

Les facteurs de risque cardiovasculaire

Schéma : facteurs de risque cardiovasculaire

Ils sont de deux types:

  • ceux sur lesquels on ne peut pas agir tels que l’âge, le sexe, l’existence de maladies cardiovasculaires dans la famille;
  • ceux sur lesquels on peut agir pour les supprimer ou les diminuer: tabagisme, diabète, HTA, excès de cholestérol, surpoids, sédentarité.

L’âge et le sexe

La probabilité d’avoir un accident cardiovasculaire ou cardiaque augmente nettement après 50 ans chez l’homme et après 60 ans chez la femme.

Les femmes, jusqu’à la ménopause, sont plus protégées que les hommes face aux maladies cardiovasculaires. En effet, les hormones (œstrogènes et ) les protègent. Mais après 60 ans, une femme a la même probabilité qu’un homme de développer une maladie cardiovasculaire.

Les antécédents familiaux cardiovasculaires

Le risque de développer une maladie cardiovasculaire augmente si dans votre famille, un parent proche (père, mère, frère, sœur) a présenté une maladie cardiovasculaire à un âge précoce.

Sont pris en compte :

Le tabagisme

Si le tabac est bien connu comme facteur favorisant les cancers et les maladies respiratoires, en revanche, le risque majeur cardiovasculaire est souvent ignoré ou sous-estimé.

À court terme, le tabac favorise le rétrécissement des artères, la formation de caillots et l’apparition de troubles du rythme cardiaque. Ces mécanismes expliquent la brutalité des accidents cardiovasculaires.

À plus long terme, le tabac abîme progressivement les artères.

Le diabète

On parle de diabète lorsque la glycémie (le taux de sucre ou de glucose dans le sang) est, au moins sur 2 mesures, supérieure à 1,26g/l à jeun. Lorsque le diabète est mal contrôlé, l’excès de glucose dans le sang endommage les parois des artères.

La microalbuminurie (traces d’albumine dans les urines)

Les reins agissent comme des filtres en éliminant les produits dont l’organisme n’a pas besoin. Chez une personne diabétique, les reins doivent travailler davantage afin d’éliminer l’excès de sucre dans le sang et peuvent ainsi se détériorer prématurément. La présence de traces d’albumine dans les urines (microalbuminurie) témoigne d’une atteinte possible des reins. C’est aussi un facteur de risque cardiovasculaire.

L'hypertension artérielle

La tension artérielle correspond à la pression exercée par le sang sur la paroi des artères. Elle se mesure en millimètres de mercure (mmHg) ou en centimètres de mercure (cmHg) et s’exprime par deux chiffres, par exemple 130/80 mmHg (ou 13/8 cmHg) :

  • le chiffre le plus élevé correspond à la pression du sang dans les artères quand le cœur se contracte (pression systolique) ;
  • le chiffre le plus bas mesure la pression quand le cœur se relâche (pression diastolique).

On parle d’hypertension artérielle quand, à plusieurs reprises, la pression systolique est supérieure à 140 mmHg (14 cmHg) et/ou la pression diastolique est supérieure à 90 mmHg (9 cmHg).

Le danger est que le cœur travaille plus et s’affaiblisse. L’augmentation de la pression finit également par abîmer les parois des artères.

Le cholestérol

Ce type de graisse est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme. Cependant, son excès est néfaste pour la santé.

On distingue le "mauvais cholestérol" (ou LDL cholestérol) du "bon cholestérol" (ou HDL cholestérol). Une prise de sang, réalisée à jeun, permet de déceler un excès de "mauvais cholestérol", appelé aussi « hypercholestérolémie ». Lorsque le "mauvais cholestérol" est élevé, il s’accumule sur les parois des artères sous forme de dépôts graisseux. Avec le temps, ces dépôts peuvent ralentir et même bloquer la circulation du sang : c’est l’athérosclérose.

Les triglycérides

Les triglycérides représentent une part importante des lipides.

Un taux élevé de triglycérides dans le sang (hypertriglycéridémie) augmente le risque de développer une maladie cardiovasculaire. Ce risque est nettement supérieur si l’hypertriglycéridémie est associée à un taux élevé de mauvais cholestérol (LDL‑cholestérol).

L'obésité et le surpoids

On parle de surpoids si l’indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 25, et d’obésité s’il est supérieur à 30. Pour le calculer, utilisez notre calculateur.

La répartition des graisses corporelles est également un élément important. Si l’excès de graisse se situe au niveau de la taille et du ventre (obésité en forme de pomme), le risque cardiovasculaire est plus élevé que si les graisses se localisent plutôt en dessous de la ceinture (obésité en forme de poire). On parle d’obésité abdominale lorsque le tour de taille dépasse 88 cm chez la femme et 102 cm chez l’homme.

La sédentarité

Toute personne qui pratique moins de 30 minutes d’exercice physique par jour est considérée comme sédentaire. Une demi-heure de marche par jour peut suffire à réduire le risque cardiovasculaire.

Le stress

Le stress est une réaction normale de l’organisme face à certains événements de la vie. Lorsque le stress s’installe dans la durée (stress chronique), il agit sur la qualité de vie. Les causes en sont multiples (situation familiale difficile, surcharge de travail, etc.) Le stress se manifeste de différentes manières : au niveau physique (en favorisant notamment l’augmentation de la tension artérielle et de la glycémie) mais aussi au niveau mental et émotionnel.

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Interview du Professeur Le Feuvre, vice-président de la Fédération Française de Cardiologie

Pourquoi est-il important de faire évaluer son risque cardiovasculaire global ?

Depuis plusieurs années, on focalisait les messages de prévention sur un seul facteur de risque et, actuellement, on adapte plutôt la démarche de prévention à un individu donné, c’est-à-dire à personnaliser le message pour mieux le faire passer. La personnalisation du message passe par une évaluation individuelle du risque cardiovasculaire global, ce qui correspond au risque d’accident cardiaque chez un individu donné, dans les dix ans à venir.

Donc on calcule le risque cardiovasculaire global à partir de l’ensemble des facteurs de risque présents et du niveau des facteurs de risque, c’est-à-dire la pression artérielle, l’âge, le niveau de cholestérol, l’existence d’un tabagisme, etc. On calcule le risque global, et ce calcul permet d'identifier les patients qui présentent un risque élevé d’événements cardiaques, et donc de les sensibiliser sur l’importance de la correction des facteurs de risque.

Sur quoi peut-on agir dès maintenant au quotidien pour limiter son risque cardiovasculaire ?

Après avoir identifié les patients à risque, il faut que ces patients prennent conscience du risque et prennent également conscience du bénéfice à corriger ces risques. Il faut tenir compte du désir des patients et trouver ce qui peut leur apporter du plaisir pour améliorer leur confort de vie.

Par exemple, une activité physique régulière, la perte de poids, l’arrêt du tabac, cela permet un meilleur confort de vie, d’être moins essoufflé à l’effort... Donc il faut personnaliser la prise de conscience des facteurs de risque et conjuguer les efforts pour diminuer le risque.

Il est important que les patients comprennent que l’accident cardiaque ou cérébral n’est pas une fatalité, qu’il y a beaucoup de facteurs de risque sur lesquels on peut agir et donc, à partir du calcul du risque cardiovasculaire global, on peut expliquer au patient que la correction des facteurs de risque améliorera considérablement son espérance de vie.

Par exemple, un fumeur de 55 ans, qui a une tension à 16, un cholestérol à 2,5 g, a entre 10 et 14 % de risque de décéder dans les 10 ans d’une maladie cardiovasculaire, si l'on calcule son risque cardiovasculaire global.

Alors que, s’il arrête de fumer, s’il abaisse son cholestérol à moins de 2 g et sa tension à moins de 14, ce risque à 10 ans diminue à 2 %. Vous voyez, on passe de 10 à 2 %, uniquement en corrigeant les facteurs de risque.

Le tiercé gagnant qu’on propose à la Fédération française de cardiologie c’est 0-5-30, 0 cigarettes, 5 fruits et légumes et 30 minutes d’exercice par jour.

Sources
  • Collège des enseignants de Médecine vasculaire et de Chirurgie vasculaire. Facteurs de risque cardiovasculaire. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 9 septembre 2016]
  • National health service (NHS). Cardiovascular disease. Site internet : NHS Choices. Londres ; 2014 [consulté le 8 septembre 2016]
  • Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé. Méthodes d'évaluation du risque cardio-vasculaire global. Site internet : Haute Autorité de santé. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2004 [consulté le 8 septembre 2016]
  • Fédération française de cardiologie (FFC). Rester en bonne santé. Site internet : FFC. Paris [consulté le 8 septembre 2016]