Reconnaître la rhinopharyngite de l’adulte

14 novembre 2019
La rhinopharyngite, appelée aussi rhinite ou rhume, est une infection virale bénigne, fréquente chez l'adulte, en hiver. Elle se caractérise par un écoulement du nez qui peut durer quelques jours, accompagné éventuellement d’autres symptômes.

Qu’est-ce que la rhinopharyngite ?

La rhinopharyngite, appelée couramment rhinite aigüe ou rhume, est une infection virale bénigne de la qui tapisse l’intérieur du nez (cavité nasale) et le , situé à l'arrière des fosses nasales.

Dans le langage courant, « j’ai attrapé un rhume », « j’ai pris froid », « j’ai attrapé un coup de froid » sont des expressions souvent utilisées pour signifier la survenue d’une rhinopharyngite.

Le rhinopharynx et le

Schéma représentant le rhinopharynx, partie du pharynx, situé après les fosses nasales (cf. description détaillée ci-après)

Les fosses nasales sont deux cavités, placées côte à côte. Elles sont situées après le nez, au-dessus de la bouche. L’écoulement nasal par les narines provient de ces fosses nasales. Le pharynx est un canal, situé dans la partie inférieure de la tête. Il est placé après les fosses nasales et descend ensuite dans la gorge.

La rhinopharyngite, maladie fréquente et bénigne chez l'adulte

La rhinopharyngite est une maladie contagieuse à caractère épidémique. Il s'agit d'une infection virale due à de multiples virus : le rhinovirus, l’influenzae, le coronavirus, etc.

Elle est surtout fréquente en automne et en hiver, mais peut survenir à d’autres moments de l’année, lorsque les conditions climatiques sont mauvaises. En France, un adulte peut être affecté jusqu’à 4 fois par an. Cependant, la rhinopharyngite est en général plus fréquente chez l’enfant.

Les facteurs favorisants

La survenue de la rhinopharyngite peut être favorisée par des facteurs physiologiques :

  • une baisse transitoire de l’immunité liée notamment à la fatigue, au surmenage, au stress, etc. ;
  • l'existence d'une maladie chronique (mucoviscidose, par exemple) qui affecte les défenses immunitaires ;
  • une carence en fer pouvant être responsable d'une anémie ;
  • un terrain allergique ;
  • un reflux gastro-œsophagien qui crée une irritation locale se traduisant par une pharyngite (inflammation du ).

La survenue d’une rhinopharyngite est favorisée par :

  • la vie en communauté (dans un cadre professionnel mais aussi familial, par exemple).qui favorise la multiplication et la transmission des virus ;
  • des facteurs qui diminuent la mobilité des cils présents sur la respiratoire dont le rôle est d'évacuer les sécrétions des fosses nasales. Ces facteurs sont d’ordre comportementaux ou environnementaux :
    • le tabagisme ;
    • la pollution ;
    • la sécheresse de l'air ambiant.
Pourquoi est-on enrhumé ?

La du nez sécrète habituellement une petite quantité de liquide dont le rôle est d'humidifier en permanence l'air inspiré et de lutter contre les agents infectieux (virus ou bactéries).En cas de contamination par un virus, cette gonfle, s’irrite et produit davantage de sécrétions, en une quantité telle que « le nez est bouché » ou « le nez coule ». Elle est également le siège d’une inflammation associant rougeur, œdème (gonflement) et douleur de la gorge.

Les symptômes de la rhinopharyngite de l’adulte

Les premiers symptômes d’un rhume affectent l’état général de la personne qui peut :

  • ressentir une vague fatigue ;
  • frissonner ;
  • avoir « la tête lourde » ;
  • avoir parfois des courbatures.

Dans les heures qui suivent, des troubles rhinopharyngés s'installent. Ils se caractérisent par :

  • une sécheresse, voire des brûlures au niveau du rhinopharynx situé à l’arrière nez ;
  • des démangeaisons du nez pouvant provoquer des éternuements ;
  • des yeux larmoyants.

L’obstruction nasale s’installe ensuite. Elle peut être unilatérale (une seule narine), bilatérale ou affectant l’une ou l’autre narine (obstruction à bascule). Un écoulement du nez () apparaît alors. Ce liquide aqueux et incolore peut être abondant, La personne doit se moucher fréquemment, ce qui irrite les orifices du nez et la lèvre supérieure.

D’autres symptômes peuvent être associés à ces troubles :

  • des maux de tête, le plus souvent ressentis au niveau du front ;
  • une sensation d’avoir l’ensemble du visage congestionné ;
  • des douleurs sourdes au niveau des oreilles ou une impression d’oreilles bouchées.

Il n’y a en général peu ou pas de fièvre (38° C).

Après 2 ou 3 jours, le malaise s’atténue et l’écoulement du nez change d’aspect. Il cesse d’être translucide et devient plus épais, coloré (jaune-verdâtre), avec parfois des stries sanguinolentes. Ces sécrétions se modifient à nouveau quelques jours plus tard ; elles redeviennent moins épaisses, plus claires, puis elles diminuent en quantité et l’obstruction nasale disparaît.

Un écoulement nasal verdâtre n’est pas synonyme d’infection bactérienne

Une épaisse résulte de la présence de cellules de de la du nez. Il ne s’agit pas de pus. Le caractère verdâtre de l’écoulement nasal et la présence d’une fièvre modérée (dans les délais normaux de l’évolution de la rhinopharyngite) ne sont pas des arguments en faveur de l’origine bactérienne de la rhinopharyngite ou de la surinfection de celle-ci. Ils ne sont pas non plus des facteurs de risque de complications.

Comment évolue un rhume chez l’adulte ?

Dans la majorité des cas, un simple rhume est une maladie d'évolution bénigne. La durée et l’intensité de la rhinite aiguë sont toutefois variables selon les personnes. Ainsi, la rhinopharyngite peut évoluer sur une période plus ou moins longue, allant de 5 à 20 jours, puis guérir.

Très rarement, la rhinopharyngite peut être la source de complications, telles que :

Les spécificités de la rhinite allergique

La rhinite allergique n’est pas due à un virus mais à une allergie. Elle est intermittente et se manifeste classiquement au printemps. Elle associe :

  • une obstruction nasale ;
  • un écoulement nasal clair et abondant ;
  • des éternuements en salves.

D’autres signes s’ajoutent aussi souvent : une conjonctivite allergique et des démangeaisons du palais.

Dans ce cas, il n’y a pas de facteur infectieux. Lors de l’examen médical, le médecin traitant interroge le patient afin de rechercher une exposition à un ou des allergènes, voire un terrain atopique.

  • Collège français d’ORL et de chirurgie cervico-faciale. Infections nasosinusiennes de l’enfant et de l'adulte. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 1er juillet 2019]
  • National Health service (NHS). Common cold. Site internet : NHS. Londres ; 2017 [consulté le 1er juillet 2019]