Rhinopharyngite ou rhume de l’adulte : que faire et quand consulter ?

02 novembre 2020
La rhinopharyngite est une maladie bénigne qui guérit souvent spontanément et sans traitement. Il est possible de soulager la gêne jusqu'à la guérison. Une consultation médicale peut être toutefois nécessaire en cas de complications.

Que faire soi-même pour être soulagé(e) d’un rhume ?

Souvent, une rhinopharyngite ne dure que quelques jours. Mettre en pratique ces recommandations vous permettra d’améliorer votre confort et d’éviter la contamination de vos proches.

Rhinopharyngite chez un adulte : comment atténuer la gêne ?

De simples gestes ou changements d’habitudes peuvent vous permettre de vous sentir mieux :

  • humidifiez l'intérieur de votre nez avec des produits adaptés (sérum physiologique, spray d'eau thermale ou de mer). Afin d’éviter la transmission du virus, n'utilisez pas le même embout pour plusieurs personnes ;
  • dormez la tête surélevée pour améliorer le passage de l'air dans vos voies respiratoires ;
  • buvez régulièrement de l’eau pour éviter la déshydratation ;
  • ne vous couvrez pas trop pour laisser la chaleur de votre corps s'évacuer ;
  • évitez les climatiseurs qui assèchent l'air ambiant et les muqueuses nasales ;
  • aérez régulièrement les pièces de votre logement ;
  • maintenez votre logement à une température idéale autour de 18° C à 20° C ;
  • ne vous exposez pas à la fumée de tabac qui favorise les infections respiratoires. Si vous êtes fumeur, il est important d’arrêter de fumer.

Si les symptômes de la rhinopharyngite vous gênent malgré l'application de ces conseils pratiques, vous pouvez prendre des médicaments délivrés sans ordonnance, en demandant conseil à votre pharmacien.

Les médicaments antalgiques limitent la douleur et l’inconfort dus au rhume. Vous pouvez utiliser le paracétamol en priorité. Cet antalgique peut être consommé même pendant la grossesse ou l’allaitement.
Sa sécurité d’emploi ne doit cependant pas faire oublier les cas où il est contre-indiqué : allergie au paracétamol et insuffisance hépatique. Vous devez être certain que la prise de cet antalgique n’aura pas de conséquences sur votre organisme.

En effet, le paracétamol n’est pas un produit anodin. En cas de surdosage, il peut entraîner des lésions graves du foie, parfois irréversibles. Il y a risque de surdosage si vous ne respectez pas les règles de bon usage.

Le paracétamol doit être consommé à la plus petite dose et le moins longtemps possible.

Lors de la prise de paracétamol chez l’adulte, il convient de :

  • commencer par la dose la plus faible possible (500 mg) ;
  • respecter :
    • la dose maximale par prise : 1 g par prise maximum,
    • l’intervalle entre les prises : au moins 4 à 6 h,
    • la dose maximale par jour : ne pas dépasser 3 g /jour, sauf avis contraire du médecin. Chez les adultes de moins de 50 kg, il est impératif de consulter la notice pour connaître la dose maximale recommandée en fonction de son poids,
  • ne pas consommer d’alcool pendant le traitement ;
  • ne pas dépasser 3 jours de traitement en cas de fièvre et 5 jours en cas de douleur. Au delà, consultez votre médecin.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS (ibuprofène, kétoprofène) doivent être évités en raison du risque de survenue de complications infectieuses graves. Pour une meilleure efficacité, prenez le médicament le plus tôt possible, idéalement dès le début de la douleur.

Les vasoconstricteurs nasaux (à mettre dans le nez) ou oraux (à prendre par la bouche) permettent de réduire la sensation de nez bouché et facilitent la respiration, en diminuant le gonflement de la .

Mais attention, ces médicaments ne sont pas anodins et exposent aux risques :

Ils ne doivent pas :

  • être utilisés de façon prolongée (pas plus de 5 jours d'affilée) ;
  • être associés entre eux. Un nasal ne peut être pris en même temps qu’un oral ;
  • être donnés à un proche qui présente des symptômes similaires, sans avis du pharmacien.

Les vasoconstricteurs sont en vente libre. Au moment de l’achat, vous devez demander l'avis de votre pharmacien et lui signaler vos problèmes de santé et les autres médicaments que vous prenez. D’autant que ces médicaments sont contre-indiqués :

Des règles à respecter en cas d’automédication

Si vous entreprenez un traitement médicamenteux sans prescription médicale, appliquez les conseils suivants :

  • Lisez toujours la notice de chaque médicament avant de les utiliser et demandez conseil à votre pharmacien.
  • Ne dépassez pas la dose maximale quotidienne autorisée. De plus, suivez bien la posologie (quantité et fréquence de prise recommandées dans la notice) et l’intervalle minimum à respecter entre 2 prises. En effet, un surdosage pourrait avoir des effets néfastes sur votre santé (toxicité) et entraîner une accoutumance au produit.
  • Pour les mêmes raisons, sauf avis médical contraire, évitez d'associer ou d'alterner des antalgiques ou AINS de compositions différentes.
  • N’utilisez pas un médicament si vous présentez l’une des contre-indications précisées dans la notice.

Afin d’éviter de transmettre le virus à votre entourage

Pour éviter de contaminer vos proches,  appliquez les gestes barrières :

  • lavez-vous les mains régulièrement ou utilisez du gel hydro-alcoolique ;
  • couvrez-vous la bouche et le nez avec un mouchoir en papier lorsque vous toussez ;
  • mouchez-vous aussi souvent que nécessaire avec des mouchoirs jetables que vous jetez dans une poubelle après utilisation, puis lavez-vous les mains ;
  • en l'absence de mouchoir jetable, toussez et éternuez dans son coude ;
  • portez un masque jetable ou en tissu et évitez les lieux de rassemblement ;
  • évitez de serrer les mains ou d’embrasser pour dire bonjour.

Quand consulter en cas de rhinopharyngite de l’adulte ?

Le plus souvent, une rhinopharyngite chez un adulte ne nécessite pas de consultation médicale. Cependant, si l’évolution n’est pas favorable ou si des complications apparaissent, un avis médical est nécessaire. Vous devez donc consulter en cas :

  • de maux de tête intenses ;
  • de vomissements ;
  • de température élevée (> à 38.5° C) ;
  • de difficultés à respirer ;
  • de fortes douleurs à une oreille (éventuellement, un écoulement de l’oreille) ;
  • de difficultés à avaler ;
  • de conjonctivite ;
  • de symptômes de sinusite surtout si elle est d’un seul côté, c’est-à-dire que l’écoulement nasal jaune ne vient que d’une narine, avec une douleur au niveau du front, de l’œil et d’une pommette ;
  • d’aggravation brutale de vos symptômes ou si ceux-ci ne régressent pas en 15 à 20 jours.

Par ailleurs, il est nécessaire de consulter votre médecin traitant si vous avez :

  • une maladie chronique tels que le diabète ;
  • une maladie pulmonaire chronique comme une bronchopneumopathie chronique (BPCO), la mucoviscidose (lien) ;
  • une due à un traitement (chimiothérapie, immunothérapie, etc.) ou due à une maladie (VIH...)

  • Collège français d’ORL et de chirurgie cervico-faciale. Infections nasosinusiennes de l’enfant et de l'adulte. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 1er juillet 2019]
  • National Health service (NHS). Common cold. Site internet : NHS. Londres ; 2017 [consulté le 1er juillet 2019]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Rappel sur le bon usage des décongestionnants de la sphère ORL contenant un vasoconstricteur utilisé par voie orale. Questions/Réponses. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 1er juillet 2019]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Information pour les patients - Rappel sur le bon usage des médicaments vasoconstricteurs utilisés dans le rhume. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 1er juillet 2019]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et complications infectieuses - Point d'information du 18 avril 2019. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 18 juillet 2019]