Le diagnostic et le traitement du reflux gastro-œsophagien (RGO)

08 décembre 2017
Le RGO est diagnostiqué par le médecin traitant, qui peut demander des examens complémentaires. Le reflux est ensuite traité par des mesures hygiéno-diététiques, des médicaments ou parfois par une intervention chirurgicale.

La consultation médicale en cas de reflux gastro-œsophagien

Lors de la consultation, si vos symtômes sont tyspiques d'un gastro-œsophagien et si vous avez moins de 50 ans, votre médecin traitant vous examine et vous prescrit un traitement adapté. Aucun autre examen complémentaire n'est nécessaire.

Dans d'autres situations, votre médecin traitant peut vous adresser à un gastro-entérologue. Celui-ci pratique si nécessaire des examens complémentaires.

Elle est pratiquée sous anesthésie locale et parfois générale.

Elle permet de mettre en évidence le gastro-œsophagien et d'en rechercher la cause :

  • anomalie du cardia (muscle à la jonction de l’œsophage et de l’estomac) ;
  • hernie hiatale (passage d’une petite partie de l’estomac dans le thorax par l’orifice œsophagien du diaphragme).

Elle aide à repérer d’éventuelles complications et notamment l'inflammation de l’œsophage : l’œsophagite. Liée au RGO, elle peut avoir des conséquences importantes. Non traitée, l’œsophagite s’aggrave et peut entraîner un rétrécissement du bas de l’œsophage (ou peptique). Elle devient alors un facteur de risque de survenue du cancer de l’œsophage. Au moindre doute, des biopsies de la de l’œsophage sont effectuées pour des tissus prélevés.

Le plus souvent, l’endoscopie est le seul examen complémentaire réalisé. Lorsque la situation est plus délicate (mauvaise réponse au traitement médical, complications), le gastro-entérologue peut prescrire d’autres examens.

Ces examens sont réalisés en présence de symptômes atypiques ou dans le cadre d'un bilan avant intervention chirurgicale.

La pHmétrie enregistre les variations du et permet de mettre en évidence la présence d'acide dans l'œsophage en provenance de l'estomac. L'impédancemétrie enregistre les mouvements de liquides dans l'œsophage en provenance de l'estomac.

Après une anesthésie locale, on introduit dans le nez du patient une sonde munie d’une électrode, qui est placée dans l’œsophage. Elle est reliée à un boitier externe. Les enregistrements sont réalisés sur 18 à 24 heures (un système de mesure sans fil est disponible et permet des enregistrements plus longs, si nécessaire).

Le patient signale les symptômes au moment où il les ressent en pressant sur un bouton du boitier.

Il s’agit d’une mesure de la pression dans l’œsophage pendant 30 à 45 minutes, grâce à une sonde équipée d’un capteur. Cette technique permet d’enregistrer les contractions et les relâchements du cardia, pour vérifier que ces mouvements sont normaux.

Les différents types de traitements du reflux gastro-œsophagien

Les traitements prescrits en cas de gastro-œsophagien ont plusieurs objectifs :

  • soulager les symptômes et améliorer le confort au quotidien ;
  • aider à la cicatrisation des lésions de l’œsophage, s’il y en a ;
  • prévenir les récidives.

Il existe plusieurs types de traitements, selon les cas.

Les mesures hygiéno-diététiques sont nécessaires, même lorsque des médicaments sont prescrits.

Voici quelques conseils :

  • fractionnez les repas et évitez d’en prendre de trop copieux ;
  • identifiez les aliments qui favorisent vos brûlures (graisses, épices, boissons gazeuses, etc.) afin d’en consommer moins ;
  • ne faites pas d’efforts trop importants après les repas et, notamment, évitez de vous pencher en avant ;
  • ne vous couchez pas immédiatement après le dîner, mais trois heures après ;
  • surélevez la tête de votre lit et dormez sur le dos ;
  • ne portez pas de vêtements serrés à la taille ;
  • si vous fumez, essayez d’arrêter le tabac;
  • limitez votre consommation d’alcool ;
  • en cas de surcharge pondérale, essayez de perdre du poids en adaptant votre alimentation et en pratiquant une activité physique régulière.

Le traitement du gastro-œsophagien repose sur la prescription de divers médicaments :

  • les antiacides et les alginates calment les symptômes mais ne permettent pas la cicatrisation de la en cas d’œsophagite. Ils sont prescrits ponctuellement ;
  • les anti-H2 soulagent les symptômes et favorisent la cicatrisation de l’œsophage, sans prévenir les rechutes ;
  • les inhibiteurs de la pompe à protons ont une efficacité optimale pour soigner les œsophagites. Ils sont prescrits pour une durée de quelques semaines mais, en cas de récidive de l'œsophagite, ils peuvent être utilisés en traitement d’entretien.

Le traitement chirurgical n'est envisagé qu'après échec du traitement médical. C'est le seul traitement définitif du RGO qui permet de corriger les anomalies anatomiques responsables du .

Un bilan pré-opératoire est nécessaire avec manométrie. Cette intervention est pratiquée par .

Le traitement chirurgical consiste à reconstituer une barrière anti- qui remplit le rôle joué normalement par le cardia. Il permet de corriger une éventuelle hernie hiatale (ascension de l'estomac à travers l'orifice hiatal).

Généralement bien tolérée, la chirurgie occasionne toutefois, dans 10 % des cas, une gêne passagère qui s'estompe dans les mois suivants (difficultés à avaler, impossibilité de vomir ou d’éructer, flatulences, diarrhée, etc.)

Les complications sont rares : occlusion digestive, récidive du gastro-œsophagien...

Sources
  • Société nationale française de gastro-entérologie. Reflux gastro-œsophagien (RGO). Site internet : SNFGE. Paris ; 2014 [consulté le 7 décembre 2017]
  • Watrin A, Ouksel H. Reflux gastro-œsophagien et manifestations respiratoires. EMC - Pneumologie 2014;11(3):1-9 [Article 6-062-B-10]
  • Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Les anti-sécrétoires gastriques chez l'adulte - Recommandations de bonne pratique. Site internet : SFNGE. paris ; 2007 [consulté le 7 décembre 2017]