Sommaire : Reflux gastro-œsophagien de l'adulte

Le diagnostic et le traitement du reflux gastro-œsophagien (RGO) de l'adulte

Le RGO est diagnostiqué par le médecin traitant, qui peut demander des examens complémentaires. Le reflux est ensuite traité par des mesures hygiéno-diététiques, des médicaments ou parfois par une intervention chirurgicale.

Reflux gastro-œsophagien : quel bilan ?

La consutation médicale en cas de suspicion de RGO

Lors de la consultation, si vos symtômes sont typiques d'un gastro-œsophagien et si vous avez moins de 50 ans, votre médecin traitant vous examine et vous prescrit un traitement adapté. Aucun autre examen complémentaire n'est nécessaire.

Le bilan du reflux gastro-œsopagien si nécessaire

Dans d'autres situations, votre médecin traitant peut vous adresser à un gastro-entérologue. Celui-ci pratique si nécessaire des examens complémentaires.

L' digestive haute affirme le diagnostic de reflux gastro-œsophagien

L'endoscopie digestive haute est pratiquée sous anesthésie locale et parfois générale.

Elle permet de mettre en évidence le reflux gastro-œsophagien et d'en rechercher la cause :

  • une anomalie du cardia (muscle à la jonction de l’œsophage et de l’estomac) ;
  • une hernie hiatale (passage d’une petite partie de l’estomac dans le thorax par l’orifice œsophagien du diaphragme).

Elle aide à repérer d’éventuelles complications et notamment l'inflammation de l’œsophage : l’œsophagite. Liée au RGO, elle peut avoir des conséquences importantes. Non traitée, l’œsophagite s’aggrave et peut entraîner un rétrécissement du bas de l’œsophage (ou peptique). Elle devient alors un facteur de risque de survenue du cancer de l’œsophage. Au moindre doute, des biopsies de la de l’œsophage sont effectuées pour des tissus prélevés.

Le plus souvent, l’endoscopie est le seul examen complémentaire réalisé. Lorsque la situation est plus délicate (mauvaise réponse au traitement médical, complications), le gastro-entérologue peut prescrire d’autres examens.

La pHmétrie œsophagienne et impédancemétrie

Ces examens sont réalisés en présence de symptômes atypiques ou dans le cadre d'un bilan avant intervention chirurgicale.

La pHmétrie enregistre les variations du pH et permet de mettre en évidence la présence d'acide dans l'œsophage en provenance de l'estomac.

L'impédancemétrie enregistre les mouvements de liquides dans l'œsophage en provenance de l'estomac et ainsi peut détecter les reflux peu acides.

Après une anesthésie locale, on introduit dans le nez du patient une sonde munie d’une électrode, qui est placée dans l’œsophage. Elle est reliée à un boitier externe. Les enregistrements sont réalisés sur 18 à 24 heures (un système de mesure sans fil est disponible et permet des enregistrements plus longs, si nécessaire).

Le patient signale les symptômes au moment où il les ressent en pressant sur un bouton du boitier.

La manométrie

La manométrie est la mesure de la pression dans l’œsophage pendant 30 à 45 minutes, grâce à une sonde équipée d’un capteur. Cette technique permet d’enregistrer les contractions et les relâchements du cardia, pour vérifier que ces mouvements sont normaux. Elle est souvent réalisée lorsqu'un traitement chirurgical du reflux gastro-œsophagien est envisagé.

Le traitement du reflux gastro-œsophagien de l'adulte

Le traitement prescrit en cas de gastro-œsophagien a plusieurs objectifs :

  • soulager les symptômes et améliorer le confort au quotidien ;
  • aider à la cicatrisation des lésions de l’œsophage, s’il y en a ;
  • prévenir les récidives.

Il existe plusieurs types de traitements, selon les cas.

Reflux gastro-œsophagien : les mesures hygiéno-diététiques indispensables, même en cas de traitement médicamenteux

Les repas

  • Fractionnez les repas et évitez d’en prendre de trop copieux et volumineux ;
  • prenez le temps de manger (20 à 30 mn) en position assise et détendue, en mastiquant bien ;
  • identifiez les aliments qui favorisent vos brûlures (graisses, épices, boissons gazeuses, crudités, etc.) afin d’en consommer moins. Optez pour des cuissons
    légères (pochées, rôties, grillées, en papillote, bouillies), les corps gras doivent être diminués car ils ralentissent la vidange gastrique et augmentent l’intensité des symptômes (fritures, plats en sauce, viandes grasses, charcuteries, fromages gras,
    pâtisseries à la crème..) ;
  • limitez votre consommation d’alcool, de jus d’orange ou de tomate, de vinaigre, de citron.

Les positions à éviter

  • Ne vous couchez pas immédiatement après le dîner, mais trois heures après ;
  • ne faites pas la sieste après le déjeuner en étant allongé. Reposez-vous plutôt en position demi-assise ;
  • évitez la position penchée en avant (jardinage par exemple) juste après avoir mangé ;
  • surélevez la tête de votre lit et dormez sur le dos.

L'activité physique

  • Ne faites pas d’efforts trop importants après les repas. En revanche, la marche après le repas facilite la digestion ;
  • soyez actif en dehors de la période juste après les repas, cela permet de renforcer la musculature abdominale et de lutter contre le surpoids.

Le mode de vie

Les médicaments en cas de RGO

Le traitement du reflux gastro-œsophagien repose sur la prescription de divers médicaments :

  • les antiacides et les alginates calment les symptômes mais ne permettent pas la cicatrisation de la en cas d’œsophagite. Ils sont prescrits ponctuellement ;
  • les anti-H2 (cimétidine, ranitidine, famotidine) réduisent les sécrétions acides, soulagent les symptômes et favorisent la cicatrisation de l’œsophage. Ils sont prescrits lorsque les symptômes sont espacés ;
  • les inhibiteurs de la pompe à protons (lansoprazole, oméprazole, rabéprazole, ésoméprazole, pantoprazole) ont une efficacité optimale pour soigner les œsophagites. Ils réduisent les sécrétions acides de l'estomac et permettent la cicatrisation des lésions de l'œsophage. Ils sont prescrits pour une durée de quelques semaines (8 semaines environ). À l'issue de ce délai, le traitement est réévalué en tenant compte du soulagement obtenu et des résultats des examens complémentaires. Après cette période de 8 semaines, la dose prescrite (posologie) est éventuellement réduite et une fibroscopie est nécessaire si les symptômes persistent. En cas de récidive de l'œsophagite, les IPP peuvent être utilisés, à la dose minimale, en traitement d’entretien pour prévenir les récidives.

Le traitement chirurgical du reflux gastro-œsophagien

Le traitement chirurgical n'est envisagé qu'après échec du traitement médical. Il permet de corriger les anomalies anatomiques responsables du reflux gastro-œsophagien en créant un montage anti-reflux

Un bilan pré-opératoire, en cas de RGO, est nécessaire avec manométrie. Cette intervention est pratiquée par cœlioscopie.

Le traitement chirurgical consiste à reconstituer une barrière anti-reflux qui remplit le rôle joué normalement par le cardia. Il permet de corriger une éventuelle hernie hiatale (ascension de l'estomac à travers l'orifice hiatal).

Généralement bien tolérée, la chirurgie occasionne toutefois, dans 10 % des cas, une gêne passagère qui s'estompe dans les mois suivants (difficultés à avaler, impossibilité de vomir ou d’éructer, flatulences, dyspepsie, diarrhée, etc.)

Les complications sont rares : occlusion digestive, récidive du reflux gastro-œsophagien...

  • Société nationale française de gastro-entérologie. gastro-œsophagien (RGO). Conseil de pratique. Site internet : SNFGE. Paris ; 2018 [consulté le 11 juillet 2022]
  • Watrin A, Ouksel H. Reflux gastro-œsophagien et manifestations respiratoires. EMC - Pneumologie 2014;11(3):1-9 [Article 6-062-B-10]
  • Blanchet C, Mondain M. Manifestations oto-rhino-laryngologiques du reflux gastroœsophagien. EMC - Oto-rhino-laryngologie 2016;11(4):1-11 [Article 20-822-A-10]
  • Haute Autorité de santé. Les IPP restent utiles mais doivent être moins et mieux prescrits Communiqué de presse du 12 novembre 2020. Site internet : HAS. Saint Denis La Plaine (France) ; 2020 [consulté le 11 juillet 2022]
Cet article vous a-t-il été utile ?
Pourquoi cet article ne vous a pas été utile ?
* champ obligatoire
* champs obligatoires