Sommaire : Règles et protections intimes

Protections intimes et risque de choc toxique lors des règles

Tampon, coupe menstruelle, serviette hygiénique, culotte de règles, protège-slip… il existe plusieurs moyens pour se protéger lors qu’on a ses règles. Le point sur ces protections, les facteurs de risque associés et en particulier le risque de choc toxique.

Protections intimes ou protections périodiques : de quoi parle-t-on ?

Au moment des règles, les jeunes filles et les femmes ont la possibilité d’utiliser 2 catégories de protections intimes.

Les protections intimes internes

Elles sont destinées à être insérées dans le vagin afin d’absorber le flux menstruels. Les plus connus sont :

  • les tampons (60 à 80 % des Françaises seraient aujourd’hui concernées par le port de tampon) à usage unique ;
  • les coupes menstruelles (appelées également cups) réutilisables.

Les protections intimes externes

Elles sont à usage unique ou réutilisables :

  • les serviettes hygiéniques à usage unique ou lavables ;
  • les protège-slips à usage unique ou lavables ;
  • les culottes de règles lavables.

Y a-t-il des substances chimiques dangereuses dans les protections périodiques à usage unique ?

En 2018, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a étudié la sécurité des protections intimes. L’expertise qu’elle a menée a consisté à évaluer les risques sanitaires liés à la présence éventuelle de substances chimiques dans ces produits.

Les essais ont révélé la présence de substances chimiques dans les tampons, les coupes menstruelles, les serviettes hygiéniques et/ou les protège-slips mais sans dépassement des seuils sanitaires. L’Anses ne met donc pas en évidence de risque lié à la présence de ces substances. 

Protections internes (tampons et coupes) : pourquoi existe-t-il un risque de choc toxique ?

Environ 1 % des femmes portent dans leur vagin une bactérie de la famille des staphylocoques dorés sans que cela se traduise par des symptômes. Cependant, dans certaines conditions, la présence de cette bactérie peut entraîner un syndrome du choc toxique au moment des règles si elles portent des protections périodiques internes. 

En effet, lors du port d’un tampon ou d’une coupelle menstruelle, le sang stagne dans le vagin. Cela crée un environnement très favorable à la multiplication du staphylocoque. Cette bactérie sécrète une qui, par la circulation sanguine, se répand dans l’organisme et provoque un choc toxique.

Plusieurs cas sont signalés chaque année en France, surtout chez les adolescentes.

Facteurs augmentant le risque de choc toxique pendant les règles

Le risque de syndrome de choc toxique est multiplié :

  • par 2 lorsqu’on garde un tampon plus de 6 heures ;
  • par 2 quand le tampon est porté toute la nuit.

Par ailleurs, le fait de ne pas lire les instructions accompagnant la boîte de tampons ou de ne pas les suivre est également associé à un risque accru de choc toxique.

En revanche, l’Anses n’a pas mis en évidence de relation directe entre les propriétés physico-chimiques des matériaux des protections intimes et un risque d’augmentation du syndrome de choc toxique.

Comment se traduit un choc toxique au moment des règles ?

Le choc toxique survient de façon soudaine, pendant les règles ou peu de temps après.

Il se manifeste par une forte fièvre (supérieure à 38,9 ° C), des symptômes qui rappellent ceux de la grippe (douleurs musculaires, mal de gorge) ou de la gastro-entérite (nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales).

Une éruption cutanée généralisée (comme un coup de soleil) apparait dans les 2 premiers jours, à la fois sur la peau et sur les muqueuses (de la bouche en particulier).

Plus tardivement, au cours de la convalescence, la peau desquame (la peau pelle).

Mais dans les cas les plus extrêmes, très rares heureusement, le choc toxique est plus fort avec une , un malaise, une défaillance des principaux organes (cœur, reins, poumons…)

Dès l’apparition des premiers symptômes, enlevez le tampon ou la coupe et consultez en urgence. La prise en charge médicale doit être rapide et le traitement immédiat (antibiotiques adaptés et intraveineuses pour lutter contre les toxines).

  • Ministère des Solidarités et de la santé. Journée mondiale de l’hygiène menstruelle : le Gouvernement est pleinement engagé pour lutter contre la précarité menstruelle. site internet : Ministère des Solidarités et de la santé. Paris ; 2021 [consulté le 2 mars 2022]
  • Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Protections intimes : composition et choc toxique, toutes nos recommandations. Site internet : Anses. Maisons-Alfort (France) ; 2021 [consulté le 2 mars 2022]
  • Orphanet. Syndrome du choc toxique staphylococcique. Site internet : orphanet. Paris ; 2015 [consulté le 2 mars 2022]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Faudrait pas s’en tamponner : C’est quoi le choc toxique ? Site internet : Inserm. Paris ; 2020 [consulté le 2 mars 2022]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Communiqué – Salle de Presse Inserm. Choc toxique menstruel : respecter les instructions d'usage des tampons pour limiter le risque. Site internet  Inserm. Paris ; 2020 [consulté le 2 mars 2022]  
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