La consultation et le traitement en cas de rectorragie

23 mars 2017
Lors de la consultation pour rectorragie modérée, le médecin traitant interroge son patient sur ses symptômes, pratique un examen clinique et prescrit si nécessaire un bilan complémentaire. Les soins reposent parfois sur une intervention chirurgicale ou peuvent être réalisés durant une endoscopie.

Consultation et examens complémentaires en cas de rectorragie modérée

Durant le rendez-vous, le médecin traitant :

  • interroge le patient pour connaître précisément ses symptômes ;
  • réalise un examen clinique (en particulier de la région anale), notamment un toucher rectal. Pour cela, il introduit son index, protégé par un gant, dans le rectum. Ce geste médical permet de rechercher la présence d’une éventuelle lésion ou tuméfaction.

Selon les observations du médecin, l’âge du patient et les signes qu’il présente, un bilan complémentaire peut être prescrit. Certains examens sont plus souvent pratiqués : l’anuscopie et la rectoscopie (observation de l’anus et de l’intérieur du rectum). Ils sont effectués grâce à un endoscope rigide (tube équipé d’une caméra miniature et d’une lampe).

En cas de saignement hémorroïdaire et de fissure anale, le problème est de méconnaître l’existence d’une autre lésion ( ou cancer). L’examen endoscopique du colon est réalisé au moindre doute, d’autant que le patient a plus de 40 ans.

Réalisée par un gastroentérologue sous anesthésie générale, elle consiste à introduire un endoscope souple dans le rectum puis le côlon, afin de visualiser leurs parois internes. Si des lésions sont détectées, une pince permet de les retirer ou d’effectuer des prélèvements (biopsie), qui seront analysés.

Cet examen est possible en cas de peu abondante, et nécessite une préparation du patient de quelques jours (régime alimentaire sans fibres, etc.)

Elle repose sur l’utilisation d’une petite caméra à usage unique, enfermée dans une capsule de la taille d’un comprimé qui est ingérée par le patient. Cet appareil miniature recueille et transmet des images à un système de traitement informatique. La progression de la capsule dans le tube digestif est indolore jusqu’à son évacuation par l’anus Cet examen est parfois indiqué si la cause du saignement n’est pas retrouvée au niveau de l’anus, du rectum ou du côlon (recto-coloscopie normale). Il permet alors de rechercher une éventuelle pathologie de l’intestin grêle.

Enfin, si aucun examen par n’est concluant, d’autres explorations du tube digestif sont possibles par scanner (entéroscanner) ou IRM (entéro-IRM).

Le traitement de la rectorragie

Le traitement peut comporter plusieurs phases.

L’endoscopie du rectum et du côlon réalisée lors du bilan est souvent l’occasion d’effectuer des gestes thérapeutiques, par exemple :

  • l’ablation d’une lésion ( , , etc.) ;
  • l’électrocoagulation d’une lésion qui saigne ;
  • la pose de clips pour arrêter la  ;
  • l’injection de produits hémostatiques (stoppant l’hémorragie).

En cas d’émission de sang par l’anus, différentes mesures sont possibles selon la cause du saignement :

  • suppression des prises médicamenteuses en cause (anti-inflammatoires, suppositoires, etc.) ou du contrôle de la température par voie rectale (si elle provoque un traumatisme ano-rectal) ;
  • traitement d’une dermatose anale, d’une fissure anale ou d’hémorroïdes ;
  • traitement d’un cancer colorectal ou anal ;
  • soins liés à une maladie de Crohn ou à une rectocolite hémorragique ;
  • en cas d’angiodysplasies ;
  • en cas de diverticulose, pose de clips chirurgicaux (agrafes permettant de boucher un vaisseau sanguin), ou embolisation radiologique (intervention visant à obstruer un vaisseau sanguin, par guidage sous rayons X).

Lorsque l’hémorragie est très importante, le patient est hospitalisé et la perte de sang est compensée par des perfusions (et éventuellement par une transfusion sanguine).

Pour évaluer l’impact du saignement sur l’organisme et rechercher sa cause, on réalise aussi :

  • un bilan sanguin ;
  • une coloscopie ; éventuellement, une fibroscopie (ou " " œsogastroduodénale, en cas de suspicion d’hémorragie digestive haute ;
  • beaucoup plus rarement un angioscanner (scanner permettant de visualiser les vaisseaux sanguins) ou une artériographie digestive (exploration des vaisseaux sanguins du système digestif, opacifiés au préalable grâce à l’injection d’un produit dit "de contraste").

Le traitement est adapté à la cause retrouvée.

Sources
  • Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (Anaes). Endoscopie digestive basse : indications en dehors du dépistage en population. Site internet : Haute Autorité de santé. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2004 [consulté le 30 mars 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Exploration de la lumière du tube digestif par vidéocapsule ingérée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2006 [consulté le 30 mars 2015]
  • Association française de formation médicale continue en hépato-gastro-entérologie. Prise en charge des hémorragies digestives basses abondantes. Site internet : FMC Gastro. Paris ; 2014 [consulté le 30 mars 2015]
  • Faculté de médecine de Grenoble. Les hémorragies digestives. Site internet : Université Joseph Fourier. Grenoble (France) ; 2003 [consulté le 30 mars 2015]
  • Revue médicale suisse. Hémorragie digestive aiguë. Site internet : Revue médicale suisse. Genève (Suisse) ; 2010 [consulté le 30 mars 2015]
  • Les Entretiens de Bichat. Conduite diagnostique à tenir devant un saignement anal. Site internet : Les Entretiens de Bichat. Paris ; 2013 [consulté le 30 mars 2015]