Le traitement de la rectocolite hémorragique

06 février 2018
Le traitement de la rectocolite hémorragique (RCH) soigne les poussées, prévient les rechutes et contribue au confort du patient. L’équipe médicale prescrit notamment des médicaments à action anti-inflammatoire. Un traitement chirurgical est parfois indiqué.

Les objectifs du traitement

Même s’il n’existe pas encore de traitement pour guérir la rectocolite hémorragique (RCH), les soins actuels permettent le plus souvent d’éliminer les symptômes sur de longues périodes.

Comme le diagnostic, la prise en charge est coordonnée par le médecin traitant et un gastroentérologue. Elle est assurée par une , dont la composition varie selon chaque cas (radiologue, ophtalmologiste, rhumatologue, diététicien, infirmier, médecin du travail ou scolaire, assistante sociale, psychiatre ou psychologue, etc.)

Le gastroentérologue définit un traitement adapté à chaque situation, avec plusieurs objectifs :

  • soigner les poussées et obtenir la cicatrisation de la intestinale ;
  • prévenir les rechutes ;
  • éviter la chirurgie ;
  • maintenir un bon état nutritionnel (notamment si c’est un enfant qui est atteint, pour permettre une croissance satisfaisante) ;
  • assurer un soutien psychologique et améliorer la qualité de vie ;
  • mieux informer le patient et ses proches.

Le traitement médical de la rectocolite hémorragique

Les médicaments sont utilisés pour le traitement des poussées et également en traitement d'entretien continu ou prolongé pour prévenir les rechutes.

Différents types de médicaments peuvent être prescrits selon l’évolution de la maladie :

  • Les dérivés de l’acide aminosalicylique ou aminosalicylés
    Pris par voie rectale ou orale, ces médicaments ont un effet anti-inflammatoire sur les muqueuses intestinales, les aminosalicylés de type 5-ASA ou 5-aminosalicylate (mésalazine, sulfasalazine, olsalazine) permettent de traiter les poussées et de prévenir les rechutes de RCH. Ils sont donnés par voie rectale sous forme de suppositoires en cas de rectite et par voie orale dans les formes plus étendues.
  • Les corticoïdes
    Ils ont également une action anti-inflammatoire lors des poussées, et sont administrés par voie rectale ou orale.
    On les utilise en cas d’échec ou d’intolérance au traitement par 5-ASA. La prescription doit être rigoureusement suivie (arrêt dégressif du traitement après la poussée, recommandations diététiques).
  • L'azathioprine
    Ce médicament est donné aux patients dont la rectocolite hémmoragique résiste aux corticoïdes ou qui rechutent malgré un traitement par 5-ASA pris régulièrement.
  • Les anti-TNF
    Ces médicaments influent sur le déroulement des réactions immunitaires de l’organisme et réduisent l’inflammation à long terme.
    Les anti-TNF peuvent être prescrits en deuxième intention chez les personnes pour lesquelles le traitement standard n'est pas efficace.
    Peuvent être utilisés :
                                   - l'infliximab en traitement intraveineux aux semaines 0, 2 ,6 puis toutes les 8 semaines,
                                   - l'adalimumab en injection sous-cutanée toutes les 2 semaines,
                                   - le golimumab en injections sous-cutanées toutes les 4 semaines.
    Les anti-TNF sont prescrits seuls ou en association à l'azathioprine.
    Avant la mise en route du traitement, un bilan est effectué afin de s'assurer que la personne ne présente pas de foyer infectieux (tuberculose, abcès...) Le traitement par anti-TNF nécessite un suivi par le médecin traitant et le gastroentérologue (prises de sang et examen clinique).
    Chez les personnes pour lesquelles les traitements précédents ne sont pas efficaces, un de nouvelle génération et spécifique de l’intestin, le vedolizumab, peut être utilisé en milieu hospitalier.
  • Les autres traitements
    En cas de complications infectieuses, les antibiotiques sont indispensables et doivent être pris en respectant strictement les conseils du médecin.
    En cas d'anémie par carence en fer, un traitement par fer est nécessaire. Il est pris par voie orale ou en perfusion.
  • Les vaccinations
    Avant la mise en route d'un traitement , les vaccinations sont mises à jour, dans le respect des contre-indications. La vaccination antipneumococcique est effectuée. Chaque anné, la vaccination antigrippale est nécessaire.
Vous constatez des effets indésirables secondaires à votre traitement ?

Il est possible de les atténuer. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Le traitement chirurgical de la rectocolite hémorragique

L’intervention est nécessaire si les médicaments se révèlent insuffisants pour contrôler les symptômes, ou lorsqu’un cancer du côlon est détecté. Elle est en général effectuée par .

L’opération habituelle consiste à enlever totalement le côlon (dans ce cas, la partie terminale de l’intestin grêle est suturée au rectum), avec éventuellement ablation du rectum (dans ce cas, la partie terminale de l’intestin grêle est suturée au canal anal).

Si le chirurgien ne peut pas suturer bout à bout les parties saines de l’intestin, celui-ci est alors fixé à une ouverture réalisée sur la paroi de l’abdomen. Par cette ouverture, le contenu de l’intestin est évacué dans une poche qu’il faut changer régulièrement. Cet abouchement à la peau, appelé stomie (ou anus artificiel), est temporaire et reste en place jusqu’à ce que la continuité du tube digestif puisse être rétablie.

Après la chirurgie, certaines complications peuvent apparaître :

  • infection post-opératoire,
  • besoin fréquent d'aller aux toilettes,
  • persistance d'une rectite (inflammation au niveau du rectum) si le rectum a été laissé en place,
  • inflammation du réservoir iléal réalisé par le chirurgien lors de la suture entre l'intestin grêle et l'anus (pochite),
  • occlusion de l'intestin grêle...
Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Rectocolite hémorragique évolutive. Guide-Affection longue durée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 2 février 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Rectocolite hémorragique évolutive. Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 2 février 2018]
  • Orphanet. La rectocolite hémorragique. Site internet : Orpha.net. Paris ; 2010 [consulté le 2 février 2018]
  • Meyer A, Treton X. Rectocolite hémorragique. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2017;12(4):1-8 [Article 4-0510]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Site internet : INSERM. Paris ; 2016 [consulté le 2 février 2018]