Le traitement de la rectocolite hémorragique

01 septembre 2020
Le traitement de la rectocolite hémorragique (RCH) soigne les poussées, prévient les rechutes et contribue au confort du patient. L’équipe médicale prescrit notamment des médicaments à action anti-inflammatoire. Un traitement chirurgical est parfois indiqué.

Les objectifs du traitement

Même s’il n’existe pas encore de traitement pour guérir la rectocolite hémorragique (RCH), les soins actuels permettent le plus souvent d’éliminer les symptômes sur de longues périodes.

Comme le diagnostic, la prise en charge est coordonnée par le médecin traitant et un gastroentérologue. Elle est assurée par une , dont la composition varie selon chaque cas (radiologue, ophtalmologiste, rhumatologue, diététicien, infirmier, médecin du travail ou scolaire, assistante sociale, psychiatre ou psychologue, etc.)

Le gastroentérologue définit un traitement adapté à chaque situation, avec plusieurs objectifs :

  • soigner les poussées de RCH et obtenir la cicatrisation de la intestinale ;
  • prévenir les rechutes ;
  • éviter la chirurgie ;
  • maintenir un bon état nutritionnel (notamment si c’est un enfant qui est atteint, pour permettre une croissance satisfaisante) ;
  • assurer un soutien psychologique et améliorer la qualité de vie ;
  • mieux informer le patient et ses proches.

Les médicaments utilisés dans la rectocolite hémorragique

Les médicaments sont utilisés pour le traitement des poussées de la rectocolite hémorragique et également en traitement d'entretien continu ou prolongé pour prévenir les rechutes.

Différents types de médicaments peuvent être prescrits selon l’évolution de la maladie.

Les dérivés de l’acide aminosalicylique ou aminosalicylés

Les aminosalicylés de type 5-ASA ou 5-aminosalicylate (mésalazine, sulfasalazine, olsalazine) permettent de traiter les poussées et de prévenir les rechutes de RCH. Ils sont donnés par voie rectale sous forme de suppositoires en cas de rectite (atteinte du rectum) et par voie orale dans les formes plus étendues (avec atteinte du colon).

Ces médicaments ont un effet anti-inflammatoire sur les muqueuses intestinales.

Les corticoïdes

On les utilise en cas d’échec ou d’intolérance au traitement par 5-ASA.

Les corticoïdes ont une action anti-inflammatoire puissante et sont utilisés lors des poussées de rectocolite hémorragique en cures courtes (au maximum 3 mois en incluant la phase de décroissance des doses). Ils peuvent être administrés par voie orale, rectale voire injectable. Il est important de suivre rigoureusement la prescription et les conseils du médecin (recommandations diététiques, supplémentation en vitamine D et en calcium, décroissance progressive des doses de corticoïdes avant l'arrêt).

L'azathioprine

Ce médicament immunosuppresseur est donné aux patients dont la rectocolite hémorragique répond insuffisamment aux corticoïdes ou qui rechutent malgré un traitement par 5-ASA pris régulièrement.

Les anti-TNF alpha

Ces médicaments influent sur le déroulement des réactions immunitaires de l’organisme et réduisent l’inflammation à long terme.
Les anti-TNF peuvent être prescrits en deuxième intention chez les personnes pour lesquelles le traitement standard n'est pas efficace.
Peuvent être utilisés :
                               - l'infliximab en traitement intraveineux aux semaines 0, 2 ,6 puis toutes les 8 semaines,
                               - l'adalimumab en injection sous-cutanée toutes les 2 semaines,
                               - le golimumab en injections sous-cutanées toutes les 4 semaines.
Les anti-TNF alpha sont prescrits seuls ou en association à l'azathioprine.

Avant la mise en route du traitement, un bilan est effectué afin de s'assurer que la personne ne présente pas de foyer infectieux (tuberculose, abcès, infection virale...)

Le traitement par anti-TNF nécessite un suivi par le médecin traitant et le gastroentérologue (prises de sang et examen clinique).

Le vedolizumab

Chez les personnes pour lesquelles les traitements précédents ne sont pas efficaces, un de nouvelle génération et spécifique de l’intestin, le vedolizumab, peut être utilisé en milieu hospitalier.

Les autres médicaments en cas de la rectocolite hémorragique

Les antibiotiques sont indispensables pour traiter des complications infectieuses et doivent être pris en respectant strictement les conseils du médecin.

En cas d'anémie par carence en fer, un traitement par fer est nécessaire. Il est pris par voie orale ou en perfusion.

Les vaccinations lorsqu'on a une rectocolite hémorragique

Avant la mise en route d'un traitement ou , les vaccinations sont mises à jour, dans le respect des éventuelles contre-indications.

La vaccination antipneumococcique est effectuée. Chaque anné, la vaccination antigrippale est nécessaire.

Atténuer les effets indésirables des médicaments de la rectocolite hémorragique

Vous constatez des effets indésirables secondaires à votre traitement ? Il est possible de les atténuer. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Le traitement chirurgical de la rectocolite hémorragique

Une intervention chirurgicale peut être nécessaire en urgence en cas d'hémorragie digestive, de perforation du colon... Certains actes sont effectués par cœlioscopie.

Une intervention chirurgicale est également nécessaire lorsque les médicaments se révèlent insuffisants pour contrôler les symptômes de la rectocolite hémorragique, ou lorsqu’un cancer du côlon est détecté.

L’opération habituelle consiste à enlever :

  • totalement le côlon (colectomie) : dans ce cas, la partie terminale de l’intestin grêle est suturée au rectum ;
  • le côlon et le rectum (coloprotectomie) : dans ce cas, la partie terminale de l’intestin grêle est suturée au canal anal avec création d'un réservoir qui remplace le rectum.

Si le chirurgien ne peut pas suturer bout à bout les parties saines de l’intestin, celui-ci est alors fixé à une ouverture réalisée sur la paroi de l’abdomen. Par cette ouverture, le contenu de l’intestin est évacué dans une poche qu’il faut changer régulièrement. Cet abouchement à la peau, appelé stomie (ou anus artificiel), est temporaire et reste en place jusqu’à ce que la continuité du tube digestif puisse être rétablie.

Après la chirurgie, certaines complications peuvent apparaître :

  • infection post-opératoire,
  • besoin fréquent d'aller aux toilettes avec difficultés à obtenir une anale,
  • persistance d'une rectite (inflammation au niveau du rectum) si le rectum a été laissé en place,
  • inflammation du réservoir iléal réalisé entre l'intestin grêle et l'anus (pochite) par le chirurgien lors de la suture,
  • occlusion de l'intestin grêle...

  • Haute Autorité de santé (HAS). Rectocolite hémorragique évolutive. Guide-Affection longue durée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 31 août 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Rectocolite hémorragique évolutive. Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 31 août 2020]
  • Orphanet. La rectocolite hémorragique. Site internet : Orpha.net. Paris ; 2010 [consulté le 31 août 2020]
  • Meyer A, Treton X. Rectocolite hémorragique. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2017;12(4):1-8 [Article 4-0510]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Site internet : INSERM. Paris ; 2016 [consulté le 31 août 2020]