Symptômes, diagnostic et évolution de la rectocolite hémorragique

17 juillet 2018
La rectocolite hémorragique se manifeste par des rectorragies, des douleurs abdominales, une diarrhée... Pour confirmer le diagnostic, l’équipe médicale réalise une iléocoloscopie.

Les symptômes de la rectocolite hémorragique

La rectocolite hémorragique (RCH) peut se révéler par des symptômes divers selon l'étendue des lésions digestives au moment de la poussée :

  • des rectorragies (saignement par l'anus) ;
  • des écoulements de glaires sanglantes par l’anus ;
  • une diarrhée accompagnée de glaires et de sang (4 à 20 selles par jour selon l'étendue des lésions rectocoliques) ;
  • des épreintes (fausses envies pressantes et impérieuses d’aller à la selle) ;
  • des douleurs rectales et anales avec contracture du appelée ténesme ;
  • des douleurs abdominales (spasmes) ;
  • des nausées et vomissements.

Des symptômes plus généraux tels que fatigue, amaigrissement, cassure de la courbe de poids et de taille chez l'enfant, perte d’appétit fièvre, pâleur et essoufflement (parfois liés à une anémie).

Certains symptômes associés à la RCH peuvent être présents :

  • douleurs articulaires d’évolution chronique avec des poussées touchant les articulations des membres (chevilles, genoux, poignets...) ou le rachis (spondylarthrite ankylosante) ;
  • ictère (jaunisse) en cas d'atteinte des voies biliaires ;
  • aphtes buccaux ;
  • psoriasis ;
  • érythème noueux (boursoufflures de la taille d’une noix, dures, rouges et douloureuses, sur les jambes et les avant-bras) ;
  • problèmes oculaires comme une uvéite (inflammation de certaines structures de l'œil : , ).

Le diagnostic de la rectocolite hémorragique

Le médecin traitant interroge son patient sur ses symptômes et l'examine. Pour confirmer le diagnostic de RCH, il s’entoure d’une (gastroentérologue, radiologue et si besoin rhumatologue, ophtalmologue, pédiatre, etc.)

Plusieurs examens complémentaires sont alors réalisés.

L'iléocoloscopie permet le diagnostic de rectocolite hémorragique

Réalisée sous anesthésie générale ou sédation, l'iléocoloscopie consiste à introduire dans l’intestin, par l’anus, un tube souple muni d’une petite caméra, pour examiner le rectum, le côlon et la partie terminale de l’intestin grêle.

L’équipe médicale peut ainsi évaluer l’étendue des lésions intestinales de la rectocolite hémorragique. La RCH est caractérisée par une atteinte continue de la commençant au niveau du rectum et pouvant remonter, sans interruption, plus ou moins loin dans le colon. La est inflammatoire, saigne au contact de l'endoscope. Des ulcérations sur la sont visibles. 

Des biopsies sont effectuées. L' des prélèvements aide au diagnostic.

À terme, la coloscopie est aussi utile pour suivre l'évolution de la maladie.

Le bilan biologique

Des analyses sanguines recherchent une anémie par carence en fer (en raison des saignements répétés), un syndrome inflammatoire et évaluent les effets de la maladie sur les reins, le foie, l’équilibre nutritionnel, etc.

Une analyse bactériologique et parasitologique des selles permet d'éliminer une infection pouvant expliquer les symptômes.

D'autres examens selon les cas de RCH

Il peut être nécessaire de réaliser des examens ophtalmologiques et/ou radiologiques : échographie abdominale, scanner abdominal...

Reconnaissance de la rectocolite hémorragique en affection de longue durée

La rectocolite hémorragique peut être reconnue comme affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette maladie seront alors pris en charge à 100 %, dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie. Pour en savoir plus, parlez-en à votre médecin traitant.

L'évolution de la rectocolite hémorragique

Une bonne prise en charge de la rectocolite hémorragique permet de mener une vie proche de la normale. Cependant, l’évolution de la maladie est variable d’un patient à l’autre. Ainsi, chez certaines personnes, les poussées de RCH peuvent occasionner des difficultés au quotidien.

Des complications restent possibles. Il s'agit de la colite aiguë (inflammation aiguë du côlon), caractérisée par plus de six selles sanglantes par jour, une fièvre et un amaigrissement rapide. Cette aggravation nécessite un traitement urgent en milieu hospitalier pour éviter :

  • une dilatation aiguë et une perforation du côlon ;
  • une hémorragie abondante.

Enfin, sur le long terme, le risque de cancer du côlon augmente chez les patients atteints de RCH (surtout en cas de lésions intestinales étendues). Un suivi régulier par coloscopie est réalisé, pour détecter précocement des lésions suspectes.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Rectocolite hémorragique évolutive. Guide-Affection longue durée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 2 février 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Rectocolite hémorragique évolutive. Actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 2 février 2018]
  • Orphanet. La rectocolite hémorragique. Site internet : Orpha.net. Paris ; 2010 [consulté le 2 février 2018]
  • Meyer A, Treton X. Rectocolite hémorragique. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2017;12(4):1-8 [Article 4-0510]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Site internet : INSERM. Paris ; 2016 [consulté le 2 février 2018]