La pyélonéphrite aiguë : symptômes et diagnostic

16 mai 2017
Une pyélonéphrite aiguë est suspectée devant la survenue brutale de symptômes infectieux associés à des signes de cystite aiguë. Le diagnostic est confirmé par l’examen cytobactériologique des urines. Une échographie rénale et des voies urinaires est utile pour rechercher un obstacle sur les voies urinaires.

Les symptômes de la pyélonéphrite aiguë

Les symptômes, parfois précédés d'un épisode de cystite aiguë, apparaissent de façon brutale :

  • une fièvre supérieure à 38,5 °C, des frissons, un malaise général ;
  • des douleurs de la région lombaire (fosse lombaire), en général d’un seul côté. Elles peuvent être spontanées, ou apparaître lors de la palpation par le médecin. Elles peuvent irradier sous les côtes ou descendre vers le pubis ;
  • des signes de cystite associés : envie fréquente d’uriner, y compris la nuit. La s’accompagne de brûlures ;
  • des désordres digestifs (nausées, vomissements, diarrhée, ballonnements).

Chez les personnes âgées, les signes de pyélonéphrite aiguë sont souvent différents : l'état général de la personne s’altère brutalement. Elle devient confuse (ses fonctions mentales sont perturbées) et souffre de douleurs abdominales. La fièvre n’est pas toujours présente.

En cas de symptômes laissant suspecter une pyélonéphrite aiguë, il faut consulter un médecin sans tarder dans la journée.

Une pyélonéphrite aiguë peut parfois être grave. En présence des signes de gravité suivants : troubles de la conscience, faiblesse extrême, troubles respiratoires, pâleur, peau marbrée..., une hospitalisation en urgence est indispensable.

La pyélonéphrite aiguë du petit enfant

Chez le grand enfant, les symptômes sont identiques à ceux de l'adulte, mais chez le bébé ou l'enfant en bas âge, les symptômes sont trompeurs et peuvent être :

  • une fièvre inexpliquée ;
  • des urines de couleur ou d'odeur inhabituelle ;
  • des pleurs en urinant ;
  • la présence de sang dans les urines ;
  • une perte d'appétit, un refus du biberon ;
  • des vomissements;
  • une diarrhée ;
  • un changement d'humeur et une fatigue, une irritabilité, des geignements ;
  • une perte de poids ;
  • des douleurs abdominales.

En cas de doute, parlez-en au plus vite à votre médecin. La présence d'une infection urinaire est dépistée par le test à la bandelette. S'il est positif, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) est pratiqué en laboratoire. Il permet d'identifier la bactérie responsable de l'infection, puis de tester sa sensibilité aux antibiotiques par .

Les examens pour établir le diagnostic

En cas de symptômes de pyélonéphrite aiguë, le médecin traitant examine son patient et confirme le diagnostic en demandant des examens biologiques et éventuellement d’imagerie médicale.

Le médecin traitant pratique un test grâce à une bandelette urinaire : elle permet de détecter les leucocytes et la présence de produits par les bactéries dans les urines. Si le test est négatif, le diagnostic de pyélonéphrite aiguë est improbable.
S'il est positif, un examen cytobactériologique des urines (ou ECBU) est réalisé systématiquement. Il montre la présence de très nombreux leucocytes (globules blancs) et germes. Il permet :

  • d’identifier la bactérie en cause ;
  • de déterminer les antibiotiques auxquels elle est sensible.

Le prélèvement d'urine pour l’ECBU doit être fait avant la prise du traitement. Mais la prise des antibiotiques doit être commencée sans délai après le recueil des urines. Le résultat de l’analyse permettra de changer de médicament si nécessaire.

Des examens sanguins peuvent être prescrits dans les pyélonéphrites aiguës à risque de complications :

  • la numération formule sanguine (NFS) : elle met en évidence une augmentation des globules blancs en rapport avec l’infection ;
  • le dosage de la  : elle permet d'étudier le fonctionnement des reins ;
  • la recherche de marqueurs de l’inflammation : vitesse de sédimentation... ;
  • les hémocultures (recherche d’un germe dans le sang) : elles sont réalisées surtout en présence de signes de gravité ou en cas de doute diagnostic.

L’échographie des reins, des voies urinaires et de la vessie est recommandée dans les meilleurs délais (24h) en cas de pyélonéphrite aiguë très douloureuse, en cas de persistance des symptômes après la prise d'antibiotiques pendant 3 jours ou en cas de récidive de pyélonéphrite aiguë. Elle n'est pas systématique lors d'un premier épisode de pyélonéphrite aiguë non compliquée.

Cet examen permet de visualiser les reins et l’appareil urinaire. Il peut mettre en évidence une dilatation anormale des voies urinaires, la présence d’un calcul (ou lithiase), ou une complication comme un abcès rénal.

S'il y a un doute sur la présence d’un obstacle en cas d’absence d’amélioration sous traitement ou s'il y a un risque de complication, un scanner de la vessie et des reins avec injection d'iode appelé uroscanner, peut être nécessaire. Cet examen détermine avec précision les atteintes au niveau du rein (abcès rénal...) et détecte de façon plus sensible les obstacles éventuels.

Sources
  • Haute Autorité de santé. Pyélonéphrite aiguë de la femme. Fiche Mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 11 janvier 2017]
  • Société de pathologie infectieuse de langue française. Diagnostic et antibiothérapie des infections urinaires bactériennes communautaires de l'adulte. Site internet : infectiologie.com. Paris ; 2015 [consulté le 11 janvier 2017]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Infections urinaires de l'enfant et de l'adulte - Leucocyturie. Site internet : Campus de gynécologie et d'obstétrique de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 11 janvier 2017]
  • Doublet J-D. Pyélonéphrites non compliquées et compliquées de l'adulte : diagnostic et traitement. EMC - Urologie 2016;9(4):1-13 [Article 18-070-A-10].