Sommaire : Pyélonéphrite aiguë (infection d'un rein)

Infection au niveau d'un rein (pyélonéphrite aiguë) : symptômes et diagnostic

Une pyélonéphrite aiguë est suspectée devant la survenue brutale d'une fièvre et d'une douleur lombaire d'un seul côté. Le diagnostic d'infection rénale est confirmé par l’examen cytobactériologique des urines. Une prise de sang, une échographie rénale, un uroscanner sont utiles dans certains cas.

Les symptômes de la pyélonéphrite aiguë

L'infection rénale chez l'adulte jeune

Après un épisode fréquent mais souvent discret de cystite (brûlures urinaires, envie fréquente d'uriner...), les symptômes d'infection rénale apparaissent de façon brutale :

  • une fièvre supérieure à 38,5 °C, des frissons, un malaise général ;
  • des douleurs de la région lombaire (fosse lombaire) et/ou abdominale, en général d’un seul côté. Elles peuvent être spontanées, ou apparaître lors de la palpation par le médecin. Elles peuvent irradier sous les côtes ou descendre vers le pubis ;
  • des désordres digestifs avec nausées, vomissements, diarrhée, ballonnements.

En cas de symptômes laissant suspecter une pyélonéphrite aiguë, il faut consulter un médecin sans tarder dans la journée.

La pyélonéphrite de la personne âgée : des symptômes trompeurs

Les signes de pyélonéphrite aiguë sont souvent différents. L'état général de la personne s’altère brutalement. Elle devient confuse (ses fonctions mentales sont perturbées) et souffre de douleurs abdominales. La fièvre n’est pas toujours présente.

La pyélonéphrite aiguë peut parfois être grave. En présence des signes de gravité suivants : troubles de la conscience, faiblesse extrême, troubles respiratoires, pâleur, peau marbrée..., une hospitalisation en urgence est indispensable.

La pyélonéphrite aiguë du petit enfant

Chez le grand enfant, les symptômes sont identiques à ceux de l'adulte, mais chez le bébé ou l'enfant en bas âge, les symptômes sont trompeurs et peuvent être :

  • une fièvre inexpliquée ;
  • des pleurs en urinant ;
  • des urines de couleur ou d'odeur inhabituelle et la présence de sang dans les urines ;
  • une perte d'appétit, un refus du biberon, des vomissements, une diarrhée, des douleurs abdominales ;
  • un changement d'humeur et une fatigue, une irritabilité, des geignements ;
  • une perte de poids.

En cas de doute, parlez-en au plus vite à votre médecin.

La présence d'une infection urinaire est dépistée par le test à la bandelette. S'il est positif, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) est pratiqué en laboratoire. Il permet d'identifier la bactérie responsable de l'infection, puis de tester sa sensibilité aux antibiotiques par .

Diagnostic et bilan d'une pyélonéphrite

En cas de symptômes de pyélonéphrite aiguë, le médecin traitant examine son patient et confirme le diagnostic en demandant des examens biologiques et éventuellement d’imagerie médicale.

Bandelette urinaire et ECBU : deux examens indispensables au diagnostic de pyélonéphrite

Le médecin traitant pratique un test grâce à une bandelette urinaire.

Elle permet de détecter les leucocytes et la présence de produits par les bactéries dans les urines :

  • Si le test est négatif, le diagnostic de pyélonéphrite aiguë est improbable.
  • S'il est positif, un examen cytobactériologique des urines (ou ECBU) est réalisé systématiquement.

L'ECBU montre la présence de très nombreux leucocytes (globules blancs) et germes. Il permet :

  • d’identifier la bactérie en cause ;
  • de déterminer, par l', les antibiotiques auxquels elle est sensible.

Le prélèvement d'urine pour l’ECBU doit être fait avant la prise du traitement. Mais la prise des antibiotiques doit être commencée sans délai après le recueil des urines. Le résultat de l’antibiogramme permettra d'adapter le traitement antibiotique si besoin.

Bilan complémentaire en cas de pyélonéphrite sans risque de complications

Aucun examen biologique sanguin n'est nécessaire.

L’échographie des reins, des voies urinaires et de la vessie n'est pas systématique lors d'un premier épisode de pyélonéphrite aiguë non compliquée.

Elle est recommandée dans les meilleurs délais (24h) en cas de :

  • pyélonéphrite aiguë très douloureuse ;
  • persistance des symptômes après la prise d'antibiotiques pendant 3 jours ;
  • récidive de pyélonéphrite aiguë.

Cet examen permet de visualiser les reins et l’appareil urinaire. Il peut mettre en évidence une dilatation anormale des voies urinaires, la présence d’un calcul (ou lithiase), ou une complication comme un abcès rénal.

Bilan en cas de pyélonéphrite à risque de complications

Des examens sanguins sont prescrits dans les pyélonéphrites aiguës à risque de complications :

  • La numération formule sanguine (NFS) met en évidence une augmentation des globules blancs en rapport avec l’infection. Elle est associée à la recherche de marqueurs de l’inflammation (CRP, vitesse de sédimentation).
  • Le dosage de la étudie le fonctionnement des reins.
  • Les hémocultures (recherche d’un germe dans le sang) sont réalisées surtout en présence de signes de gravité ou en cas de doute diagnostic.

Un uroscanner est indiqué, le plus souvent en urgence, et au plus tard dans les 24 heures.

L'uroscanner est un scanner de la vessie et des reins avec injection d'iode. Cet examen détermine avec précision les atteintes au niveau du rein (abcès rénal...) et détecte de façon sensible les obstacles éventuels sur les conduits urinaires.

En cas de contre-indication à l'uroscanner, l’alternative est une échographie rénale.

  • Haute Autorité de santé. Pyélonéphrite aiguë de la femme. Fiche Mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2021 [consulté le 6 juillet 2022]
  • Haute Autorité de santé. Choix et durée de l'antibiothérapie : Pyélonéphrite aiguë de la femme. Recommandations de bonne pratique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2021 [consulté le 6 juillet 2022]
  • E Pilly. ECN 2020. Infections urinaires de l’adulte. Pyélonéphrite aiguë. Éditions Alinéa Plus. Paris
  • Doublet J-D. Pyélonéphrites non compliquées et compliquées de l'adulte : diagnostic et traitement. EMC - Urologie 2016;9(4):1-13 [Article 18-070-A-10]
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