L’entrée dans la vie sexuelle et la contraception à l'adolescence

03 janvier 2021
Les premières relations sexuelles ont souvent lieu durant l’adolescence. Voici des informations pour mieux vivre sa sexualité, bien se protéger et choisir une contraception efficace.

Quel est l’âge des premières relations sexuelles ?

Il est impossible de donner un âge idéal pour avoir ses premières relations sexuelles. Le meilleur moment est celui où l’on a vraiment envie de franchir le cap avec un partenaire en qui on a confiance et avec lequel on se sent bien.

En France, l’âge moyen au premier rapport sexuel est de :

  • 17,6 ans pour les filles ;
  • 17,2 ans pour les garçons.

Cependant, il s’agit d’une moyenne, qui recouvre des pratiques extrêmement variables.

Lieux d’écoute pour parler sexualité

Pendant l’adolescence, il est fréquent de se poser des questions sur sa sexualité, par exemple dans les situations suivantes :

  • on se sent "pas comme les autres" ;
  • on a l’impression de ne pas éprouver de désir sexuel ;
  • on est toujours vierge ;
  • on est attiré par des personnes du même sexe (la peur de révéler son homosexualité peut alors être une source de grande souffrance).

Retrouvez les adresses des lieux d'écoute sur le site Onsexprime.

Comment se protéger des maladies et infections sexuellement transmissibles ?

Seul le préservatif (masculin ou féminin) préserve des infections sexuellement transmissibles (IST). Son utilisation est indispensable tant que l’on n’a pas établi de relation stable avec un partenaire unique et réalisé un test de dépistage pour le VIH.

Le préservatif sert aussi à éviter les grossesses. Cependant, ce mode de contraception est parfois inefficace, à cause d’une mauvaise utilisation (le préservatif peut notamment se rompre). C’est pourquoi il est recommandé :

  • d’employer une autre méthode de contraception, en même temps que le préservatif ;
  • en cas de rupture de celui-ci, s'il est utilisé seul, d’adopter le plus vite possible une contraception d’urgence. Celle-ci s’obtient sans ordonnance, de manière anonyme et gratuitement :
    • dans une pharmacie. N’hésitez pas à poser vos questions à votre pharmacien, qui est là pour vous conseiller ;
    • auprès de l’infirmière scolaire de votre établissement, si vous êtes collégienne ou lycéenne ;
    • dans un centre de planification ou d’éducation familiale (CPEF) ;
    • dans un CeGIDD (Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic des virus de l’immunodéficience humaine (VIH), des hépatites et des infections sexuellement transmissibles).

Par ailleurs, avant un premier rapport sexuel, il est préférable de s’entraîner à mettre un préservatif masculin (sachant qu’il en existe de plusieurs tailles).

Comment mettre un préservatif masculin ?

Procédez selon les étapes suivantes pour mettre un préservatif masculin :

  1. Sortez le préservatif de son emballage et placez-le sur le haut du sexe (gland) en érection ;
  2. Pincez entre le pouce et l’index le petit réservoir au sommet du préservatif. En même temps, déroulez celui-ci sur le sexe, de l’autre main, jusqu'à la base du pénis ;
  3. Après l’éjaculation, retirez-vous de votre partenaire, en maintenant le préservatif à la base du pénis. Vous éviterez ainsi que le sperme ne se répande.

Comment mettre un préservatif féminin ?

Pour le préservatif féminin, il est également important de savoir comment faire :

  1. Pincez l'anneau du fond entre le pouce et l'index ;
  2. Choisissez la position la plus confortable : couchée, accroupie, debout ;
  3. Insérez l'anneau dans le vagin ;
  4. Avec un doigt, poussez-le le plus loin possible. L'anneau extérieur doit être présent au niveau de la vulve.

Un vaccin contre le papillomavirus humain (HPV)

Il existe un vaccin contre le papillomavirus humain (HPV). L’infection sexuellemnt transmissible par le papillomavirus humain (HPV) est très fréquente et elle augmente le risque de cancer du col de l’utérus.

Le vaccin est recommandé pour toutes les jeunes filles et également tous les garçons (à compter du 1er janvier 2021) âgés de 11 à 14 ans révolus. Le vaccin est d'autant plus efficace que les jeunes filles et les jeunes garçons n'ont pas encore été exposés au risque d'infection par le HPV.

En rattrapage, le vaccin est recommandé pour les personnes des deux sexes de 15 à 19 ans révolus non encore vaccinées.

Quelle contraception choisir à l'adolescence ?

En France en 2016, le moyen de contraception utilisé par les jeunes filles de 15-19 ans interrogées pour le Baromêtre Santé était :

  • une pilule dans presque 45 % des cas,
  • une pilule et un préservatif dans 16 % des cas,
  • un préservatif dans près de 30 % des cas.

La première consultation de contraception chez l'adolescente

La jeune fille est reçue en consultation par le médecin, seule et de façon confidentielle, même si ses parents l'accompagnent.

Lors de la première consultation, le médecin s'enquiert des habitudes de vie de l'adolescente, d'une éventuelle consommation de tabac et l'examine (prise de tension artérielle, recherche d'acné, stade de la puberté...). L'examen gynécologique peut être expliqué et programmé lors d'une consultation ultérieure.

Les jeunes filles mineures qui hésitent à parler de contraception à leurs parents peuvent se rendre dans le centre de planning familial le plus proche de chez elles. Des médecins sont à leur disposition pour les informer, leur parler de sexualité et, éventuellement, leur prescrire un moyen de contraception.

Le parcours de contraception chez l'adolescente

Pour faciliter l'accès à la contraception des jeunes filles mineures, la contraception de l'adolescente est désormais gratuite et protégée par le secret.

Un parcours sans avance de frais (au tarif de l'Assurance Maladie, les dépassements d’honoraires n'étant pas pris en charge) a été mis en place. Ce parcours est protégé par le secret et comporte :

  • la première consultation de contraception ;
  • une consultation de suivi réalisée par un médecin ou une sage-femme lors de la première année d'accès à la contraception ;
  • une consultation annuelle réalisée, à partir de la deuxième année d'accès à la contraception, par un médecin ou une sage-femme, en vue d’une prescription de contraception ou d’examens biologiques en lien avec la contraception ;
  • les contraceptifs remboursables (pilule de 1ère ou 2ème génération, implant contraceptif hormonal, stérilet) ;
  • les actes donnant lieu à la pose, au changement ou au retrait d'un contraceptif ;
  • certains examens de biologie médicale liés à la contraception (glycémie à jeun, cholestérol total et triglycérides), une fois par an.

Quelle contraception à l'adolescence ?

L'âge en lui-même ne limite pas le choix de la méthode de contraception, en dehors de la stérilisation à visée contraceptive autorisée uniquement pour les personnes majeures.

Le médecin présente tous les modes de contraception, répond aux craintes de la jeune fille et explique :

  • qu'il n'y a pas de preuve de prise de poids sous pilule estroprogestative,
  • quels sont les effets de la contraception hormonale sur l'acné,
  • qu'il n'y a pas de diminution de la fertilité due à la contraception,
  • quels sont les effets de la contraception hormonale sur les règles : règles moins douloureuses sous pilule estroprogestative, disparition des règles ou petits saignements (spotting) sous pilule progestative.

Le médecin informe la jeune fille sur :

Prévention des IST et contraception : un problème à régler à deux !

Il est important que la jeune fille implique son partenaire sexuel dans la prévention des IST et la contraception car il est tout aussi concerné qu'elle.

  • Institut national d’études démographiques. L’âge au premier rapport sexuel. Site internet : Ined. Paris ; 2014 [consulté le 25 novembre 2020]
  • Better Health Channel. Puberty. Site internet : Better Health Channel. Melbourne (Australie) ; 2018 [consulté le 25 novembre 2020]
  • Haute Autorité de santé. Contraception chez la femme adulte et l’adolescente en âge de procréer (hors post-partum et post-IVG). Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 25 novembre 2020]
  • Société française d'endocrinologie. Puberté normale et pathologique. Site internet : SFE. Paris ; 2020 [consulté le 25 novembre 2020]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Puberté normale et pathologique. ECN 2016-2018. Éditions Elsevier Masson. Issy-les-Moulineaux (France)