L’entrée dans la vie sexuelle et la contraception à l'adolescence

Les premières relations sexuelles ont souvent lieu durant l’adolescence. Voici des informations pour mieux vivre sa sexualité, bien se protéger et choisir une contraception efficace.

Quel est l’âge des premières relations sexuelles ?

Lors de la puberté, le corps se transforme et manifeste de plus en plus son identité sexuelle. L'acte sexuel devient possible. Cette entrée dans la vie sexuelle peut être perçue comme excitante, mais elle peut également inquiéter. Le regard de l'autre séduit ou déstabilise.

La sexualité se met en place différemment selon chaque jeune. Il est impossible de donner un âge idéal pour avoir ses premières relations sexuelles. Le meilleur moment est celui où l’on a vraiment envie de franchir le cap avec un partenaire en qui on a confiance et avec lequel on se sent bien.

En France, l’âge moyen au premier rapport sexuel est (baromètre santé 2010) de :

  • 17,6 ans pour les filles ;
  • 17,2 ans pour les garçons.

Cependant, il s’agit d’une moyenne, qui recouvre des pratiques extrêmement variables.

Lieux d’écoute pour parler sexualité

Pendant l’adolescence, il est fréquent de se poser des questions sur sa sexualité, par exemple dans les situations suivantes :

Retrouvez les adresses des lieux d'écoute sur le site Onsexprime.

Quelle contraception choisir à l'adolescence ?

En France le moyen de contraception utilisé par les jeunes filles de 15-19 ans (baromètre Santé 2016) est :

  • une pilule dans presque 45 % des cas ;
  • une pilule et un préservatif dans 16 % des cas ;
  • un préservatif seul dans près de 30 % des cas.

La première consultation de contraception chez l'adolescente

La jeune fille est reçue en consultation par le médecin, seule et de façon confidentielle, même si ses parents l'accompagnent.

Profitez de l'examen de suivi 15-16 ans pour parler sexualité et contraception à votre médecin.

Lors de la première consultation, le médecin s'enquiert des habitudes de vie de l'adolescente, d'une éventuelle consommation de tabac et l'examine (prise de tension artérielle, recherche d'acné, stade de la puberté...). L'examen gynécologique peut être expliqué et programmé lors d'une consultation ultérieure. Il n'est pas indispensable et ne peut être fait qu'avec le consentement de l'intéressée.

Les jeunes filles mineures qui hésitent à parler de contraception à leurs parents peuvent se rendre dans le centre de planning familial le plus proche de chez elles. Des médecins sont à leur disposition pour les informer, leur parler de sexualité et, éventuellement, leur prescrire un moyen de contraception.

Le parcours de contraception chez l'adolescente

Pour faciliter l'accès à la contraception des jeunes filles mineures, la contraception de l'adolescente est gratuite et protégée par le secret.

Un parcours sans avance de frais (au tarif de l'Assurance Maladie, les dépassements d’honoraires n'étant pas pris en charge) a été mis en place. Ce parcours est protégé par le secret et comporte :

  • la première consultation de contraception ;
  • une consultation de suivi réalisée par un médecin ou une sage-femme lors de la première année d'accès à la contraception ;
  • une consultation annuelle réalisée, à partir de la deuxième année d'accès à la contraception, par un médecin ou une sage-femme, en vue d’une prescription de contraception ou d’examens biologiques en lien avec la contraception ;
  • les contraceptifs remboursables (pilule de 1ère ou 2ème génération, implant contraceptif hormonal, stérilet) ;
  • 4 marques de préservatifs masculins (« Eden », « Sortez couverts », « Be Loved » et « Terpan ») et une marque de préservatifs féminins (« Ormelle ») qui, en plus de leur rôle contraceptif préviennent les maladies sexuellement transmissibles. Ils sont pris en charge par l’Assurance Maladie à 100 % sans prescription médicale jusqu'à 26 ans ;
  • les actes donnant lieu à la pose, au changement ou au retrait d'un contraceptif ;
  • certains examens de biologie médicale liés à la contraception (glycémie à jeun, cholestérol total et triglycérides), une fois par an.

Quelle contraception à l'adolescence ?

L'âge en lui-même ne limite pas le choix de la méthode de contraception, en dehors de la stérilisation à visée contraceptive autorisée uniquement pour les personnes majeures.

Le médecin présente tous les modes de contraception, répond aux craintes de la jeune fille et explique :

Le médecin informe la jeune fille sur :

Prévention des IST et contraception : un problème à régler à deux !

Il est important que la jeune fille implique son partenaire sexuel dans la prévention des IST et la contraception car il est tout aussi concerné qu'elle.

Infographie sur la contraception gratuite pour les jeunes de moins de 26 ans (description complète ci-après)

La contraception pour les assurés mineures et les femmes de moins de 26 ans

La consultation pour choisir une contraception adaptée : chez un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme en libéral, en centre de santé ou dans un centre de santé sexuelle.

  • Une consultation par an et une consultation de suivi la première année d'accès à la contraception sont gratuites. Elles sont protégées par le secret pour les mineures. Attention : les dépassements d'honoraires ne sont pas pris en charge. Une fois par an les examens de biologie médicale prescrits en vue d'une contraception sont gratuites. Ils sont protégés par le secret pour les mineures.

Les examens de biologie médicale si cela est nécessaire. Dans un laboratoire de biologie médicale.

La délivrance de la contraception en pharmacie : les contraceptifs sont gratuits, s'ils sont remboursables par l'Assurance Maladie et leur délivrance est protégée par le secret pour les mineures.

La première consultation de santé sexuelle, de contraception et de prévention des maladies sexuellement transmissibles. Cette première consultation est ouverte aux assurés de moins de 26 ans : mineurs, hommes et femmes. Elle est gratuite. Elle est protégée par le secret pour les mineurs.

 

Comment se protéger des maladies et infections sexuellement transmissibles ?

Seul le préservatif (masculin ou féminin) préserve des infections sexuellement transmissibles (IST). Son utilisation est indispensable tant que l’on n’a pas établi de relation stable avec un partenaire unique et réalisé un test de dépistage pour le VIH.

Le préservatif sert aussi à éviter les grossesses. Cependant, ce mode de contraception est parfois inefficace, à cause d’une mauvaise utilisation (le préservatif peut notamment se rompre). C’est pourquoi il est recommandé :

  • d’employer une autre méthode de contraception, en même temps que le préservatif ;
  • en cas de rupture de celui-ci, s'il est utilisé seul, d’adopter le plus vite possible une contraception d’urgence.

Lire l'article Comment obtenir une contraception hormonale d'urgence ?

Par ailleurs, avant un premier rapport sexuel, il est préférable de s’entraîner à mettre un préservatif masculin (sachant qu’il en existe de plusieurs tailles).

Le préservatif masculin

Préservatif masculin : quelle prise en charge par l'Assurance Maladie pour les jeunes de moins de 26 ans ?

Les préservatifs de marque « Eden », « Sortez couverts ! », « Be Loved » et « Terpan » peuvent être pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie sans prescription médicale pour toute personne de moins de 26 ans, sans minimum d’âge.

Cette prise en charge qui a été mise en place pour prévenir les maladies sexuellement transmissibles concerne les femmes comme les hommes.

Pour bénéficier de cette mesure et obtenir la délivrance d'une boîte de préservatifs, il suffit de se rendre en pharmacie et de présenter sa carte Vitale ou une attestation de droits (téléchargeable sur le compte ameli) ou à défaut sa pièce d’identité.

Les titulaires de l’aide médicale d’État (AME) peuvent également en bénéficier, en présentant leur carte AME, de même que les ressortissants de l’Union européenne en présentant leur carte européenne d’assurance maladie.

Pour les personnes mineures, une simple déclaration sur l’honneur suffit à justifier son âge ou son statut d’assuré social (ou de bénéficiaire de l’AME). Toute personne mineure peut demander à garder le secret de la délivrance.

Comment mettre un préservatif masculin ?

Procédez selon les étapes suivantes pour mettre un préservatif masculin :

  1. Sortez le préservatif de son emballage et placez-le sur le haut du sexe (gland) en érection.
  2. Pincez entre le pouce et l’index le petit réservoir au sommet du préservatif. En même temps, déroulez celui-ci sur le sexe, de l’autre main, jusqu'à la base du pénis.
  3. Après l’éjaculation, retirez-vous de votre partenaire, en maintenant le préservatif à la base du pénis. Vous éviterez ainsi que le sperme ne se répande.

Le préservatif féminin

Les préservatifs féminin de la marque « Ormelle » et « Terpan » sont pris en charge à 100 % pour les moins de 26 ans.

Pour le préservatif féminin, il est également important de savoir comment faire pour le mettre en place :

  1. Pincez l'anneau du fond entre le pouce et l'index.
  2. Choisissez la position la plus confortable : couchée, accroupie, debout.
  3. Insérez l'anneau dans le vagin.
  4. Avec un doigt, poussez-le le plus loin possible. L'anneau extérieur doit être présent au niveau de la vulve.

Un vaccin contre le papillomavirus humain (HPV)

Il existe un vaccin contre le papillomavirus humain (HPV). L’infection sexuellement transmissible par le papillomavirus humain (HPV) est très fréquente et elle augmente, en particulier, le risque de cancer du col de l’utérus.

Le vaccin est recommandé pour toutes les jeunes filles et également tous les garçons (depuis le 1er janvier 2021) âgés de 11 à 14 ans révolus. Le vaccin est d'autant plus efficace que les jeunes filles et les jeunes garçons n'ont pas encore été exposés au risque d'infection par le HPV.

En rattrapage, le vaccin est recommandé pour les personnes des deux sexes de 15 à 19 ans révolus non encore vaccinées.

  • Institut national d’études démographiques. L’âge au premier rapport sexuel. Baromètre santé 2010. Site internet : Ined. Paris ; 2014 [consulté le 29 août 2023]
  • Better Health Channel. Puberty. Site internet : Better Health Channel. Melbourne (Australie) ; 2021 [consulté le 29 août 2023]
  • Haute Autorité de santé. Contraception chez la femme adulte et l’adolescente en âge de procréer (hors post-partum et post-IVG). Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 29 août 2023]
  • Société française d'endocrinologie. Puberté normale et pathologique. Site internet : SFE. Paris ; 2020 [consulté le 29 août 2023]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Puberté normale et pathologique. ECN 2016-2018. Éditions Elsevier Masson. Issy-les-Moulineaux (France)
  • Haute Autorité de santé. Contraception chez l'adolescent : fiche mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 29 août 2023]
  • Santé publique France. Baromètre santé 2016. Contraception. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) 2017
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