Le traitement du psoriasis

27 juillet 2018
Le traitement du psoriasis est symptomatique et poursuivi sur une longue durée. Il est, le plus souvent, local par application sur la peau de pommades, crèmes ou lotions à base de dermocorticoïdes ou à base d’analogues de la vitamine D3 notamment. Un traitement complémentaire par voie générale est nécessaire dans les formes les plus graves.

Le choix du traitement du psoriasis

Le psoriasis est une maladie chronique pour laquelle il existe des traitements efficaces des poussées, pouvant aboutir à des rémissions ou à une phase d'amélioration. Toutefois, il n'existe pas de traitement permettant de guérir définitivement la maladie.

Le traitement alterne des traitements d'attaque des poussées aiguës de psoriasis et des traitements d'entretien. Il dépend du type de psoriasis, de sa localisation, de son étendue (quelle est la surface du corps atteinte ?), de l’âge et de l’état de santé général du patient.

Il repose le plus souvent sur l'utilisation de traitements locaux dans les formes habituelles. Beaucoup plus rarement, dans les formes sévères, un traitement général (par voie orale ou par injections) peut être prescrit.

Pour trouver le traitement adapté à chaque cas de psoriasis, le médecin demande, lors de la consultation médicale, à son patient d'évoquer la façon dont il vit sa maladie au quotidien et la gêne qu'elle occasionne, tant au niveau personnel que professionnel.

Le traitement local des formes habituelles du psoriasis

Dans tous les cas, le traitement du psoriasis est long. Il est donc nécessaire d'établir, dans la durée, une relation de confiance entre patient et médecin.

Ces produits luttent contre l'inflammation du psoriasis et sont en général utilisés en une application quotidienne. Leur durée d'utilisation est limitée dans le temps.

On utilise des pommades et des crèmes à base de corticoïdes dits forts sur les zones épaisses de la peau (par exemple : les coudes, les genoux...) et des corticoïdes d'indice plus faible sur le visage.

Une lotion ou un shampoing contenant un dermocorticoïde sont utilisés pour traiter le cuir chevelu atteint de psoriasis.

Ces produits existent en crèmes, pommades et lotions. Ils luttent contre la multiplication des cellules de la peau. Il ne faut pas dépasser la dose prescrite pour éviter les risques d'hypercalcémie due à la vitamine D absorbée par l’organisme.

L'association de et d'analogues de la vitamine D est très efficace dans le traitement intensif d'une poussée aiguë du psoriasis (une application quotidienne). Elle peut être utilisée à moindre dose en traitement d'entretien (une application par semaine).

Ce sont :

  • les bains à base d'amidon, de blé ou d'huile, ou les produits hydratants pour nettoyer les lésions, calmer l'inflammation et stopper les démangeaisons du psoriasis ;
  • l'acide salicylique, souvent associé à la vaseline, pour nettoyer les lésions très squameuses du psoriasis ;
  • le tazarotène en cas de psoriasis très localisé. Ce à usage local est contre-indiqué pendant la grossesse.

La photothérapie : puvathérapie et photothérapie par UVB

La photothérapie peut être utilisée pour le corps entier dans les formes de psoriasis étendu, mais aussi localement quand l'atteinte est restreinte à une zone du corps. Le traitement est effectué sur une période d'environ 2 mois.

Deux types de photothérapie sont utilisables pour traiter le psoriasis :

  • la puvathérapie qui utilise les UVA. L'exposition aux UVA, en cabine, a lieu après la prise d’un médicament photosensibilisant (de la famille des psoralènes).
  • la photothérapie par UVB (sans prise médicamenteuse préalable).

    L'utilisation de la photothérapie est limitée dans le temps en raison de l'augmentation du risque de cancer de la peau (mélanome...). En général, elle n'est pas utilisée chez l'enfant de moins de 12 ans.

Contraintes de la puvathérapie

Pendant toute la cure de puvathérapie, il est impératif de :

  • respecter un délai de deux heures entre la prise du médicament photosensibilisant prescrit et la séance ;
  • porter des lunettes-coques opaques (pour protéger les yeux du risque de cataracte) et protéger la région génitale par un vêtement approprié (slip) lors de chaque séance ;
  • porter des lunettes de soleil (filtrant les UVB et les UVA), ne pas s’exposer au soleil naturel ni aux rayons artificiels (lampes de bronzage à visée esthétique) pendant les 12 heures suivant la prise du médicament ;
  • signaler au médecin la prise de tout nouveau médicament, la survenue de toute manifestation cutanée ou générale.

Le traitement par voie générale des formes graves de psoriasis

Ce traitement ne concerne que les formes sévères de psoriasis. Il est mis en route et surveillé en milieu spécialisé.

Le empêche la multiplication des cellules et il peut être utilisé en cas de psoriasis sévère. Il est également utilisé dans le traitement de certains cancers et de certains rhumatismes chroniques.

Le est pris une seule fois par semaine soit sous forme de comprimés, soit sous forme d'injections intramusculaires ou sous cutanées. Il nécessite une surveillance régulière du bilan hépatique et des globules blancs sanguins.

Une contraception chez la femme et chez l'homme doit être mise en place pendant la durée du traitement et les 3 mois qui suivent son arrêt.

Un surdosage peut se traduire par un ou plusieurs des symptômes suivants : ecchymoses (bleus) ou saignements inexpliqués, fatigue inhabituelle, fièvre, plaies ou inflammation de la bouche, nausées ou vomissements, diarrhées sévères, selles foncées ou sang rouge dans les selles (rectorragie).

En cas d'erreur dans la prise du traitement par

Si vous avez pris plus de comprimés que vous n’auriez dû, contactez immédiatement votre médecin ou un service médical d’urgences (15 ou 112).

Pour toute question ou pour plus d’informations, consultez la notice présente dans la boîte ou contactez votre médecin ou votre pharmacien.

Ce médicament est utilisé dans les formes graves du psoriasis. Le Soriatane® est un traitement à base d’acitrétine (dérivé de la vitamine A) administré en prise quotidienne par voie orale.

Le risque tératogène (risque de malformation du fœtus au cours de la grossesse) lors de la prise de ce médicament de la famille des rétinoïdes est important et implique chez toute femme en période d'activité génitale la réalisation d'un test de grossesse avant traitement, et l'utilisation d'une contraception fiable débutée avant le traitement, poursuivie pendant le traitement et pendant 3 ans après son arrêt.

Les règles de prescription de Soriatane® aux femmes en âge de procréer

Les règles sont les suivantes :

  • prescription initiale réservée aux dermatologues mais elle peut être renouvelée par tout médecin dans l’année qui suit la prescription du dermatologue ;
  • réalisation d’un test plasmatique de grossesse dans les 3 jours qui précèdent chaque prescription mensuelle, puis dans les 2 mois après l’arrêt du traitement et régulièrement au cours des 3 ans qui suivent cet arrêt ;
  • délivrance de soriatane dans la semaine qui suit la prescription ;
  • présentation impérative du carnet-patiente au médecin à chaque consultation et au pharmacien lors de la délivrance du médicament ;
  • absence de toute délivrance par le pharmacien si le résultat négatif du test de grossesse plasmatique n’est pas mentionné dans le carnet-patiente ;
  • interdiction de consommer de l’alcool pendant le traitement et les 2 mois suivant son arrêt.

La ciclosporine est un médicament qui est pris quotidiennement par voie orale (durant un ou deux ans maximum) et utilisé dans les formes graves de psoriasis.

Il nécessite une surveillance régulière de la fonction rénale et de la tension artérielle.

Les anti-TNF α sont des anticorps monoclonaux (étanercept, infliximab, adalimumab). Ils ciblent spécifiquement un médiateur de l’inflammation (TNF-alpha). Ils sont prescrits dans les psoriasis en seconde intention en l’absence de réponse aux autres traitements ou en cas de contre-indication aux thérapeutiques habituelles.

Ce traitement est administré sous forme injectable, en perfusion (infliximab) ou par voie sous-cutanée (étanercept, adalimumab). Avec ces traitements, plus de deux tiers des patients obtiennent la rémission de plus de 75% de leurs symptômes.

De nouvelles biothérapies, visant à inhiber d'autres molécules impliquées dans l'inflammation, exitent : les anti-IL12/IL23 (ustékinumab administré par voie sous-cutanée), les inhibiteurs de la PDE-4 (aprémilast administré par voie orale).

Une surveillance médicale est nécessaire lorsque ces traitements sont donnés en raison des effets secondaires dont ils peuvent être responsables (infection, risque de troubles psychiques pour l'aprémilast).

Sources
  • Société française de dermatologie. Le psoriasis. Site internet : dermato-info. Paris ; 2017 [consulté le 11 janvier 2018]
  • Collège national des enseignants de dermatologie. Le psoriasis. Site internet : Campus de dermatologie de l'université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 11 janvier 2018]
  • Dadban A. Psoriasis chez l'enfant. EMC - Pédiatrie - Maladies infectieuses 2016;11(4):1-8 [Article 4-113-D-40]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Psoriasis. Site internet : Inserm. Paris ; 2014 [consulté le 11 janvier 2018]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Méthotrexate par voie orale. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 11 janvier 2018]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Soriatane (acitrétine) : Informations importantes sur son bon usage et sa sécurité d'emploi. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 11 janvier 2018]
  • Groupe de recherche sur le psoriasis de la Société française de dermatologie. Psoriasis. Lettre d’information sur la PUVAthérapie. Annales de dermatologie et de vénéréologie (2011) 138, 859-860
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Lettre aux professionnels de santé - novembre 2016. Otezla® (aprémilast) : nouvelles recommandations importantes concernant les idées et comportements suicidaires. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 11 janvier 2018]
  • Conrad C, Gilliet M. Psoriasis: Quoi de neuf ? Que nous réserve l’avenir ? Forum médical Suisse 2016;16(21):462–468