Prolapsus génital : des traitements existent

22 mars 2017
Les prolapsus génitaux peuvent être soignés de diverses manières : meilleure hygiène de vie, rééducation du périnée, intervention chirurgicale... Dans certains cas, il arrive cependant que les médecins choisissent de ne pas intervenir tout en maintenant une surveillance.

L'abstention thérapeutique

Le projet thérapeutique est fonction du stade de prolapsus, de l’âge physiologique de la patiente et des plaintes qu’elle exprime. Le médecin peut envisager avec sa patiente de ne pas intervenir dans un premier temps. C'est souvent le cas :

  • lorsque la patiente n’exprime pas de demande car elle ressent peu de symptômes ;
  • si elle a accouché récemment ;
  • ou si elle présente une contre-indication chirurgicale (en raison de son âge ou d’une autre cause déterminée par l’équipe médicale).

En cas d'abstention thérapeutique, la patiente est régulièrement revue en consultation pour surveillance.

Les traitements dits conservateurs du prolapsus génito-urinaire

Les traitements conservateurs visent à contrôler l’évolution du prolapsus. Ils sont réservés aux cas modérés, de stade I ou II.

Ces mesures consistent à :

Un pessaire est un dispositif souple intra-vaginal généralement en forme d’anneau, que l’on insère au fond du vagin, autour du col de l’utérus. L’objectif : empêcher le glissement des parois vaginales et limiter ainsi la gêne fonctionnelle du prolapsus.

Le pessaire est généralement réservé à des femmes très âgées dont l’état de santé contre-indique la chirurgie ou à celles qui la refusent. Il peut aussi être une alternative temporaire, en attendant la chirurgie.

Pratiqué par un(e) kinésithérapeute ou une sage-femme, ce traitement vise à renforcer la musculature périnéale et à ralentir l’évolution du prolapsus. Il consiste en l’apprentissage d’exercices de contraction périnéale et peut être associé à des impulsions électriques par voie vaginale ou rectale. Il améliore le confort, surtout urinaire, et diminue les sensations de pesanteur.

Les traitements chirurgicaux du prolapsus génito-urinaire

Lorsque la patiente est gênée par ses symptômes, la chirurgie est proposée. Plusieurs techniques existent, la plus adaptée étant choisie en fonction de l’état de santé de la patiente, de son âge, et de son désir éventuel de grossesse ultérieure.

Les interventions chirurgicales sont réalisées par un urologue ou un chirurgien obstétricien. Elles sont effectuées par voie haute (abdominale), basse (vaginale) ou mixte.

Le but est de repositionner correctement la vessie, le vagin, l'utérus et le rectum dans le petit bassin et de compenser les défaillances du plancher pelvien ( ) par soutènement ou suspension des organes.

Lors d’une opération par voie haute, le chirurgien suspend l’organe qui a glissé au ligament qui se trouve en avant de la colonne vertébrale. Il utilise, pour cela, une bandelette faisant office de bretelle : c’est ce que l’on appelle la promonto-fixation. L’opération est réalisée par coeliochirurgie ou par incision classique abdominale. C’est la technique la plus souvent utilisée chez la femme jeune.

Lors d’une opération par voie basse ou naturelle, le chirurgien insère dans la paroi vaginale, un petit filet de renfort pour soutenir l’organe.

En cas d’incontinence urinaire associée, une bandelette supplémentaire peut être insérée sous l’urètre (le conduit de sortie de la vessie).

Le chirurgien peut également proposer à la patiente de retirer, en partie ou en totalité, son utérus et/ou ses . Cela dépend de plusieurs critères :

  • l’importance du prolapsus utérin ;
  • s’il existe, en plus, un fibrome utérin.
Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Soutènement vésical par implant de renfort synthétique, par voie transvaginale et par voie transobturatrice. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (Paris);2012 [consulté le 7 juillet 2015]
  • G. Bader, M. Koskas. Prolapsus des organes pelviens. Du symptôme à la prise en charge thérapeutique. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2008:1-8 [Article 3-1280]
  • Association française d’urologie (AFU). Conséquences sexuelles de la chirurgie du prolapsus. Site internet : urofrance. Paris;2009 [consulté le 7 juillet 2015]