Prolapsus génital : des traitements existent

09 novembre 2017
Les prolapsus génito-urinaires peuvent être soignés de diverses manières : meilleure hygiène de vie, rééducation du périnée, intervention chirurgicale... Dans certains cas, les médecins choisissent de ne pas intervenir tout en maintenant une surveillance.

Le projet thérapeutique

Le projet thérapeutique est fonction du stade de prolapsus, de l’âge physiologique de la patiente et des plaintes qu’elle exprime. 

Des mesures conservatrices peuvent être suffisantes si les symptômes sont peu importants ou en cas de contre-indication chirurgicale.

La chirurgie est utile lorsque la gêne est importante. Elle permet de repositionner les organes pelviens afin de supprimer les symptômes et l'inconfort. Cependant, le traitement chirurgical n'est pas indiqué dans les cas suivants :

  • lorsque la patiente n’exprime pas de demande car elle ressent peu de symptômes ;
  • si elle a accouché récemment ;
  • si la patiente désire une nouvelle grossesse ;
  • si elle présente une contre-indication chirurgicale (en raison de son âge ou d’une autre cause déterminée par l’équipe médicale).

En cas d'abstention thérapeutique, la patiente est régulièrement revue en consultation pour surveillance.

Les traitements dits conservateurs du prolapsus génito-urinaire

Les traitements conservateurs visent à contrôler l’évolution du prolapsus génito-urinaire. Ils sont réservés aux cas modérés.

Ces mesures consistent à :

Un pessaire est un dispositif intra-vaginal le plus souvent en silicone (mais aussi en caoutchouc ou en latex).

Il existe différentes tailles et formes de pessaires (pessaires en forme de cubes ou plus généralement en forme d’anneau).

Le pessaire est inséré au fond du vagin. Une fois placé dans le vagin, il permet de maintenir les organes et de limiter ainsi la gêne fonctionnelle du prolapsus. La patiente apprend à le mettre en place et à le retirer selon les conseils de son médecin.

Le pessaire est généralement réservé à des femmes dont l’état de santé contre-indique la chirurgie ou à celles qui la refusent. Il peut aussi être une alternative temporaire, en attendant la chirurgie.

Pratiqué par un(e) kinésithérapeute ou une sage-femme, ce traitement vise à renforcer la musculature périnéale et à ralentir l’évolution du prolapsus.

Il consiste en l’apprentissage d’exercices de contraction périnéale et peut être associé à des impulsions électriques par voie vaginale ou rectale.

Il améliore le confort, surtout urinaire, et diminue les sensations de pesanteur.

Les traitements chirurgicaux du prolapsus génito-urinaire

Lorsque la patiente est gênée par ses symptômes, la chirurgie est proposée en l'absence de contre-indications.

L'intervention chirurgicale est réalisée par un urologue ou un chirurgien obstétricien.

Le but est de repositionner correctement la vessie, le vagin, l'utérus et le rectum dans le petit bassin et de compenser les défaillances du plancher pelvien ( ) par soutènement ou suspension des organes.

Plusieurs techniques existent, la plus adaptée étant choisie en fonction de l’état de santé de la patiente et de son âge.

  • La chirurgie par voie abdominale :  le chirurgien suspend l’organe qui a glissé au ligament qui se trouve en avant de la colonne vertébrale. Il utilise, pour cela, une bandelette faisant office de bretelle : c’est ce que l’on appelle la promontofixation. L’opération est réalisée par coeliochirurgie.
    C’est la technique la plus souvent utilisée chez la femme jeune.
  • La chirurgie par voie vaginale : le chirurgien incise le vagin et réalise une technique adaptée au type de prolapsus (suspension du fond du vagin ou du col utérin, soutien de la vessie...) En cas de récidive du prolapsus, il peut être amené à insèrer par voie vaginale une prothèse synthétique de renfort pour soutenir l’organe.
    C'est la technique indiquée chez les femmes âgées ou en cas de contre-indication à la chirurgie par voie abdominale.

En cas d’incontinence urinaire associée, une bandelette supplémentaire peut être insérée sous l’urètre (le conduit de sortie de la vessie).

Le chirurgien peut également proposer à la patiente de retirer son utérus et/ou ses s'il existe une pathologie associée ( fibrome utérin ...)

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Soutènement vésical par implant de renfort synthétique, par voie transvaginale et par voie transobturatrice. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (Paris) ; 2012 [consulté le 8 novembre 2017]
  • Passweg D. Prolapsus génital, partie 1 : diagnostic et anatomie de l'appareil urogénital. Forum médical suisse. 2016;16(32):630-634
  • Poujade O, Davitian C, Ceccaldi P-F, Chatel P, Khater C, Pernin E, et al. Prolapsus des organes pelviens. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2016;11(1):1-7 [Article 3-1280]
  • Association française d’urologie (AFU). Conséquences sexuelles de la chirurgie du prolapsus. Site internet : urofrance. Paris ; 2009 [consulté le 8 novembre 2017]
  • Recommandations pour la pratique clinique : Synthèse des recommandations pour le traitement chirurgical du prolapsus génital non récidivé de la femme par l'AFU, le CNGOF, la SIFUD-PP, la SNFCP et la SCGP. Prog Urol. 2016;26(07):1-7,suppl.2.