Le traitement du prolapsus génital

Les prolapsus génito-urinaires peuvent être soignés de diverses manières : meilleure hygiène de vie, rééducation du périnée, port d'un pessaire, intervention chirurgicale... Un surveillance de l'évolution du prolapsus est nécessaire.

Prolapsus génito-urinaire : quel traitement choisir ?

Le médecin explique à sa patiente les différents traitements, leurs avantages et les risques de complications. Le choix du traitement est fait en concertation avec elle. Il s'agit d'une décision médicale partagée.

Le projet thérapeutique dépend de l'importance du prolapsus génital, de l’âge de la patiente, des attentes et des plaintes qu’elle exprime. 

Des mesures conservatrices sont suffisantes si les symptômes sont peu importants ou en cas de contre-indication chirurgicale. La patiente est régulièrement revue en consultation pour surveillance. L'évolution du prolapsus est lente dans le temps.

La chirurgie est utile lorsque la gêne occasionnée par le prolapsus génito-urinaire est importante ou si les traitements conservateurs (mesures hygiéno-diététiques, rééducation et pessaire) ne sont pas suffisants. Elle permet de repositionner les organes pelviens afin de supprimer les symptômes et l'inconfort. Le traitement chirurgical n'est pas indiqué dans les cas suivants :

  • lorsque la patiente ne ressent que peu de symptômes, bien corrigés par les mesures conservatrices ;
  • lorsque la patiente ne le souhaite pas ;
  • si elle a accouché récemment ;
  • si elle désire une nouvelle grossesse ;
  • si elle présente une contre-indication chirurgicale (en raison de son âge ou d’une autre cause déterminée par l’équipe médicale).

Lire la fiche de la Haute Autorité de santé « Prolapsus génital de la femme - Des solutions pour le traiter »

Les traitements dits conservateurs du prolapsus génito-urinaire

Les traitements conservateurs visent à contrôler l’évolution du prolapsus génito-urinaire. Ils sont réservés aux cas modérés.

Les mesures hygiéno-diététiques

Ces mesures consistent à :

  • perdre du poids si nécessaire et adopter une alimentation équilibrée. Ces mesures sont indispensables même si un traitement chirurgical est décidé ;
  • adapter ses activités physiques à son état de santé et remplacer des activités sportives brutales telles que le tennis ou le jogging par des activités comme la natation ou la gymnastique douce. Dans tous les cas, éviter d'être sédentaire ;
  • éviter le port de lourdes charges ;
  • apprendre à contrôler sa toux ;
  • traiter ou prévenir une constipation chronique et mieux gérer les efforts de poussée aux toilettes.

La rééducation périnéale en cas de prolapsus génital

Pratiqué par un(e) kinésithérapeute ou une sage-femme, la rééducation vise à renforcer la musculature périnéale et à ralentir l’évolution du prolapsus génital. Elle peut être associée au port d'un pessaire.

Elle consiste en l'entrainement des muscles du plancher pelvien et peut être associée à des impulsions électriques par voie vaginale ou rectale.

Elle vise aussi à corriger les anomalies des comportements concernant la miction (en cas de troubles urinaires) et la défécation (en cas de constipation).

Elle apprend à la personne à gérer ses activités quotidiennes et également des techniques d'autorééducation.

Ainsi, elle améliore le confort et diminue les sensations de pesanteur.

La rééducation est régulièrement réévaluée afin de savoir les bénéfices qu'elle apporte.

L'utilisation d'un pessaire

Un pessaire est un dispositif intravaginal le plus souvent en silicone (les pessaires au silicone sont préférés aux pessaires en latex).

Il existe différentes tailles et formes de pessaires (pessaires en forme de cubes ou plus généralement en forme d’anneau).

Le pessaire est inséré au fond du vagin. Une fois placé dans le vagin, il permet de maintenir les organes et de limiter ainsi la gêne fonctionnelle du prolapsus. La patiente apprend à le mettre en place et à le retirer selon les conseils de son médecin.

Le pessaire peut être utilisé à tout âge, par toutes les femmes quelle que soit l'importance du prolapsus.

Si vous devez porter un pessaire, votre médecin, sage-femme ou kinésithérapeute vous aidera à déterminer le bon modèle pour vous. Vous pourrez en tester plusieurs avant de trouver celui qui vous convient le mieux.

Consulter la fiche de la Haute Autorité de santé « Le pessaire gynécologique : à quoi ça sert ? Comment l'utiliser ? »

Les traitements chirurgicaux du prolapsus génito-urinaire

Quand faut-il opérer un prolapsus génital ?

Lorsque la patiente est gênée par ses symptômes très handicapants ou après échec de la rééducation et du port d'un pessaire, la chirurgie est proposée pour traiter le prolapsus génito-urinaire, en l'absence de contre-indications à l'anesthésie et à la chirurgie. La chirurgie nécessite que les facteurs de risque soient corrigés (surpoids par exemple). La décision d'opérer est prise en concertation avec la patiente.

L'intervention chirurgicale est réalisée par un urologue ou un chirurgien obstétricien.

Le but est de repositionner correctement la vessie, le vagin, l'utérus et le rectum dans le petit bassin et de compenser les défaillances du plancher pelvien () par soutènement ou suspension des organes.

Bilan pré-opératoire d'un prolapsus génital associé à des symptômes urinaires ou ano-rectaux

Si le prolapsus génital est le seul problème, aucun examen complémentaire n'est utile.

Des examens complémentaires sont prescrits uniquement si le prolapsus génital est associé à des problèmes d'autres organes pelviens (vessie, rectum) se traduisant par des fuites urinaires, des problèmes de fonctionnement anorectal :

  • un bilan urodynamique pour rechercher une incontinence urinaire associée. Il est toujours réalisé lorsqu'un traitement chirurgical est envisagé. Il peut en effet arriver qu’une incontinence soit masquée par la présence du prolapsus, dont la masse appuie parfois sur l’. La détecter permet ainsi d’éviter les fuites urinaires qui pourraient apparaître après la correction du prolapsus ;
  • un avis spécialisé de gastro-entérologue en cas de rectocèle ;
  • une échographie abdominopelvienne pour visualiser les organes génitaux ( et utérus) et urinaires.

Peuvent également s’y ajouter :

  • une IRM pelvienne dynamique : elle explore les organes du petit bassin (vessie, utérus, vagin, rectum) au repos et lors de mouvements de poussée sans évacuation du rectum puis avec évacuation. L'IRM dynamique remplace le plus souvent le colpocystogramme (radiographie des organes pelviens avec injection de produit de contraste) ;
  • une analyse d’urines (ECBU) en cas de suspicion d'infection urinaire...

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales

Si vous êtes fumeuse, arrêtez la consommation de tabac 6 à 8 semaines avant d'être opérée afin de diminuer votre risque de complications post-opératoires.

Les techniques opératoires en cas de prolapsus génital ou génito-urinaire

Plusieurs techniques existent, la plus adaptée étant choisie en fonction de l’état de santé de la patiente et de son âge.

La chirurgie par voie abdominale

Le chirurgien suspend l’organe qui a glissé au ligament qui se trouve en avant de la colonne vertébrale. Il utilise, pour cela, une bandelette faisant office de bretelle : c’est ce que l’on appelle la promontofixation. L’opération est réalisée par coeliochirurgie. Après l’intervention, un document est remis à la patiente, document dans lequel figurent les caractéristiques (type, numéro de lot...) de cette prothèse et des modalités d’implantation opératoire (lieu, date, nom du chirurgien...)

C’est la technique la plus souvent utilisée chez la femme jeune.

La chirurgie par voie vaginale

Le chirurgien incise le vagin et pratique des sutures des ligaments et des muscles du bassin, sans utiliser de prothèse. Les prothèses synthétiques de renfort ne sont plus autorisées, compte tenu du risque de complications (défauts de cicatrisation, douleurs postopératoires, érosion des tissus avoisinants, et infection).

Pour les personnes âgées et fragiles, une autre technique est réalisée par voie vaginale : il s’agit de fermer le vagin de façon définitive. Dans ce cas, la pénétration vaginale n’est plus possible. Cette technique est donc exclue pour les femmes plus jeunes ayant des relations sexuelles.

En cas d'incontinence urinaire associée ou survenant après la cure de prolapsus génital, une autre intervention chirurgicale est proposée à distance.

Le chirurgien peut également proposer à la patiente de retirer son utérus et/ou ses s'il existe une pathologie associée (fibrome utérin, kyste ovarien ...)

Prado, le service de retour à domicile

En cas d’hospitalisation pour chirurgie, l'Assurance Maladie peut vous accompagner pour préparer au mieux votre retour à domicile. Avec Prado, un conseiller de l’Assurance Maladie vous rend visite pendant votre hospitalisation pour planifier les premiers rendez-vous, dont vous aurez besoin après votre sortie, auprès des professionnels de santé de ville.

Ce conseiller peut également faciliter vos démarches administratives

Les complications de la chirurgie

Les complications de la chirurgie sont rares. Il peut s'agir de :

  • plaie de la vessie, de l', du vagin en cours d'intervention ;
  • dans les jours suivants, phlébite avec risque d'embolie pulmonaire, hématome au niveau de la cicatrice, infection urinaire, difficultés à uriner, douleurs post-opératoires ;
  • plus tardivement : douleurs au niveau du ou de la racine de la cuisse, difficultés à uriner normalement, douleurs lors des rapports sexuels, érosion par la bandelette de la paroi de la vessie, de l' ou du rectum.

La surveillance après l'intervention chirurgicale

Une consultation post-opératoire est systématique dans le mois suivant l'intervention puis dans un délai d'un an.

En dehors de ces consultations programmées, soyez attentive à votre santé et consultez rapidement si vous avez des symptômes qui vous inquiètent, même s'ils surviennent à distance de l'intervention :

  • des douleurs et un gonflement du mollet (phlébite avec risque d'embolie pulmonaire) ;
  • une hémorragie au niveau des sutures et un hématome au niveau de la cicatrice ;
  • de la fièvre, une cicatrice rouge et chaude (infection post-opératoire) ;
  • des brûlures urinaires ou des difficultés à uriner ;
  • des douleurs persistantes au niveau de la cicatrice, de l', du bas du dos, etc. ;
  • un écoulement vaginal anormal ou des douleurs lors des rapports sexuels ;
  • une constipation inhabituelle ou au contraire, une incontinence anale ou un saignement par l'anus, etc.
  • Passweg D. Prolapsus génital, partie 1 : diagnostic et anatomie de l'appareil urogénital. Forum médical suisse. 2016;16(32):630-634
  • Poujade O, Davitian C, Ceccaldi P-F, Chatel P, Khater C, Pernin E, et al. Prolapsus des organes pelviens. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2016;11(1):1-7 [Article 3-1280]
  • Association française d’urologie (AFU). Conséquences sexuelles de la chirurgie du prolapsus. Site internet : urofrance. Paris ; 2009 [consulté le 27 mars 2023]
  • Recommandations pour la pratique clinique : Synthèse des recommandations pour le traitement chirurgical du prolapsus génital non récidivé de la femme par l'AFU, le CNGOF, la SIFUD-PP, la SNFCP et la SCGP. Prog Urol. 2016;26(07):1-7,suppl.2.
  • Haute Autorité de santé (HAS). Prolapsus génital de la femme - Prise en charge thérapeutique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (Paris) ; 2021 [consulté le 27 mars 2023]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Prolapsus génital de la femme - Des solutions pour le traiter. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (Paris) ; 2022 [consulté le 27 mars 2023]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Complications de la chirurgie avec prothèse de l’incontinence urinaire d’effort et du prolapsus génital de la femme Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2023 [consulté le 10 mai 2023]
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