Symptômes et diagnostic du prolapsus génital

09 novembre 2017
Gêne dans le bas-ventre, troubles sexuels, troubles urinaires… peuvent révéler la présence d’un prolapsus génito-urinaire. Pour confirmer le diagnostic, une consultation médicale est indispensable. L'examen clinique est complété par un bilan gynécologique et urologique.

Reconnaitre les symptômes du prolapsus génito-urinaire

Le prolapsus génito-urinaire n'entraîne au début aucun inconfort puis les symptômes apparaissent  si le prolapsus s'aggrave.

Ils sont variables selon les organes et tissus concernés par le prolapsus, mais toujours majorés par l'effort physique. Ils ont un fort impact sur la qualité de vie. Il peut s'agir :

  • d'une gêne dans le bas-ventre, d'une pesanteur vaginale ;
  • de la sensation de présence d'une "boule"intravaginale ou qui s'extériorise au niveau de la vulve lors de la poussée adominale. Cette "boule" est plus facilement perceptible en position debout, à l’effort ou accroupie, nécessitant une réintégration manuelle avant de s'asseoir ou pour faciliter la ;
  • d'une douleur lorsque le prolapsus est extériorisé (douleur augmentée en position debout prolongée ou en fin de journée et diminuant en position couchée ou au repos) ;
  • des troubles urinaires dus à la compression ou à la plicature de l' par l'organe affaissé, à savoir une difficulté à uriner avec jet urinaire faible, des mictions difficiles, saccadées ou incomplètes. Il peut s'agir également d'une incontinence urinaire d’effort (besoins d'uriner très fréquents ou urgents, fuites urinaires...) ;
  • des troubles sexuels. Par exemple, une gêne lors des rapports sexuels, des saignements après l’acte sexuel, des écoulements vaginaux en cas d'infection vaginale (vaginite) ;
  • plus rarement et plus tardivement, des troubles digestifs tels que des troubles de la (constipation chronique ou difficultés à évacuer le contenu du rectum en raison de la compression) ou une incontinence anale (perte des matières fécales).

Examen et diagnostic du prolapsus génito-urinaire

Pour confirmer le diagnostic de prolapsus et mesurer son importance, le médecin procède à un examen gynécologique. Il met en place un , visualise le col utérin, fait un frottis cervical de dépistage.

L'examen gynécologique (avec un hémi qui repousse une paroi du vagin) permet d’identifier l’organe concerné par le glissement (vessie, utérus, rectum etc.), de qualifier ainsi le prolapsus (cystocèle, hystérocèle, rectocèle, etc.) et de juger de son importance.

Pendant cette consultation, le médecin pratique également un toucher vaginal et un toucher rectal, afin d’apprécier le tonus et la force de contraction des muscles périnéaux.

Une incontinence urinaire d'effort est également recherchée.

Examen gynécologique : position du dans le vagin

Schéma : examen gynécologique : position du spéculum dans le vagin

Des examens complémentaires sont ensuite prescrits si un traitement chirurgical est nécessaire :

  • un bilan urodynamique pour rechercher une incontinence urinaire associée. Il est toujours réalisé lorsqu'un traitement chirurgical est envisagé. Il peut en effet arriver qu’une incontinence soit masquée par la présence du prolapsus, dont la masse appuie parfois sur l’urètre. La détecter permet ainsi d’éviter les fuites urinaires qui pourraient apparaître après la correction du prolapsus ;
  • une échographie des organes génitaux ( et utérus) et urinaires.

Peuvent également s’y ajouter :

  • une IRM pelvienne dynamique : elle explore les organes du petit bassin (vessie, utérus, vagin, rectum) au repos et lors de mouvements de poussée sans évacuation du rectum puis avec évacuation. L'IRM dynamique remplace le plus souvent le colpocystogramme (radiographie des organes pelviens avec injection de produit de contraste) ;
  • une analyse d’urines (ECBU) en cas de suspicion d'infection urinaire...

© Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Soutènement vésical par implant de renfort synthétique, par voie transvaginale et par voie transobturatrice. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (Paris) ; 2012 [consulté le 7 novembre 2017]
  • Passweg D. Prolapsus génital, partie 1 : diagnostic et anatomie de l'appareil urogénital. Forum médical suisse. 2016;16(32):630-634
  • Poujade O, Davitian C, Ceccaldi P-F, Chatel P, Khater C, Pernin E, et al. Prolapsus des organes pelviens. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2016;11(1):1-7 [Article 3-1280]