Symptômes et diagnostic du prolapsus génital

11 mai 2020
Gêne dans le bas-ventre, troubles sexuels, troubles urinaires… peuvent révéler la présence d’un prolapsus génito-urinaire ou "descente d'organes". Pour confirmer le diagnostic, une consultation médicale est indispensable. L'examen clinique est complété par un bilan gynécologique et urologique.

Reconnaitre les symptômes du prolapsus génito-urinaire

Le prolapsus génito-urinaire n'entraîne au début aucun inconfort puis les symptômes apparaissent  si le prolapsus s'aggrave.

Ils sont variables selon les organes et tissus concernés par la descente, mais toujours majorés par l'effort physique. Ils ont un fort impact sur la qualité de vie.

Il peut s'agir :

  • d'une gêne dans le bas-ventre, d'une pesanteur vaginale ;
  • de la sensation de présence d'une "boule" :
    • soit intravaginale (dans le vagin),
    • soit extériorisée et présente au niveau de la vulve lors de la poussée adominale.
      Cette "boule" est plus facilement perceptible en position debout, à l’effort ou accroupie, nécessitant une réintégration manuelle avant de s'asseoir ou pour faciliter la ;
  • d'une douleur lorsque le prolapsus est extériorisé. La douleur augmente en position debout prolongée ou en fin de journée et diminue en position couchée ou au repos ;
  • des troubles urinaires dus à la compression ou à la plicature de l' par l'organe affaissé, à savoir :
    • une difficulté à uriner avec jet urinaire faible,
    • des mictions difficiles, saccadées ou incomplètes,
    • d'une incontinence urinaire d’effort (besoins d'uriner très fréquents ou urgents, fuites urinaires...) ;
  • des troubles sexuels. Par exemple, une gêne lors des rapports sexuels, des saignements après l’acte sexuel, des écoulements vaginaux en cas d'infection vaginale (vaginite) ;
  • plus rarement et plus tardivement, des troubles digestifs tels que :
    • des troubles de la (constipation chronique ou difficultés à évacuer le contenu du rectum en raison de la compression),
    • une incontinence anale (perte des matières fécales).

Diagnostic du prolapsus génito-urinaire

Prolapsus génito-urinaire : l'examen gynécologique fait le diagnostic

Pour confirmer le diagnostic de prolapsus et mesurer son importance, le médecin procède à un examen gynécologique. Il met en place un , visualise le col utérin, fait un frottis cervical de dépistage.

L'examen gynécologique (à l'aide d' un hémi- qui repousse une paroi du vagin) permet :

  • d’identifier l’organe concerné par le glissement (vessie, utérus, rectum etc.) et de qualifier ainsi le prolapsus (cystocèle, hystérocèle, rectocèle, etc.),
  • de juger de son importance.

Pendant cette consultation, le médecin pratique également un toucher vaginal et un toucher rectal, afin d’apprécier le tonus et la force de contraction des muscles périnéaux.

Une incontinence urinaire d'effort est également recherchée.

Examen gynécologique : position du dans le vagin

Schéma représentant la bonne position d’un spéculum dans un vagin (cf. description détaillée ci-après)

Le spéculum est un outil médical permettant d’écarter les parois d’une cavité naturelle. Il ressemble à une grosse pince, avec de longues pales servant à pénétrer dans la cavité, et une crosse permettant d’écarter les deux pales. La crosse reste à l’extérieur.

Dans le cas d’un examen gynécologique, les deux pales doivent être insérer parallèlement dans le vagin. Les deux pales doivent longer les parois du vagin. Le spéculum ne doit pas être inséré plus profondément que le col de l’utérus.

Bilan d'un prolapsus génital ou génito-urinaire

Des examens complémentaires sont ensuite prescrits si un traitement chirurgical du prolapsus génito-urinaire est nécessaire :

  • un bilan urodynamique pour rechercher une incontinence urinaire associée. Il est toujours réalisé lorsqu'un traitement chirurgical est envisagé. Il peut en effet arriver qu’une incontinence soit masquée par la présence du prolapsus, dont la masse appuie parfois sur l’urètre. La détecter permet ainsi d’éviter les fuites urinaires qui pourraient apparaître après la correction du prolapsus ;
  • une échographie abdominopelvienne pour visualiser les organes génitaux ( et utérus) et urinaires.

Peuvent également s’y ajouter :

  • une IRM pelvienne dynamique : elle explore les organes du petit bassin (vessie, utérus, vagin, rectum) au repos et lors de mouvements de poussée sans évacuation du rectum puis avec évacuation. L'IRM dynamique remplace le plus souvent le colpocystogramme (radiographie des organes pelviens avec injection de produit de contraste) ;
  • une analyse d’urines (ECBU) en cas de suspicion d'infection urinaire...

Vidéo : Symptômes et bilan d'un prolapsus de vessie (cystocèle)

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