Comprendre le prolapsus génital

24 avril 2017
Le prolapsus génital ou génito-urinaire correspond à ce que l’on appelle, en langage courant, une "descente d’organes". C'est une maladie de la femme favorisée par les accouchements nombreux et difficiles, la ménopause.... Au quotidien, le prolapsus génital peut se révéler gênant et inconfortable.

Qu’est-ce que prolapsus génital ?

Le prolapsus génital ou génito-urinaire se caractérise, chez la femme, par le glissement vers le bas, transitoire ou permanent, d’un ou plusieurs organes pelviens (situés dans le bassin). Ceux-ci appuient et déforment la paroi vaginale, jusqu’à s’extérioriser au-delà de la vulve.

Ces organes pelviens sont :

  • la vessie (on parle alors de cystocèle) ;
  • l’utérus (hystérocèle) ;
  • et plus rarement le rectum (rectocèle).

L'anatomie pelvienne féminine

Schéma : l'anatomie pelvienne féminine

Ces organes sont normalement soutenus par le ou "plancher pelvien" : un système de muscles et de ligaments entre le pubis (à l’avant du bassin) et le sacrum (à l’arrière). La solidité du est capitale pour assurer le maintien en bonne position des organes pelviens. Il peut arriver que ce plancher pelvien se relâche ou se distende. Chez la femme, il est, en effet, plus fragile à cause des orifices naturels qui le traversent et en particulier du vagin, dont les parois peuvent se distendre après un accouchement, par exemple.

Le

Schéma : périnée

Lorsque les organes ne sont plus soutenus, ils descendent alors peu à peu. Au début, ils appuient simplement sur la paroi vaginale, puis ils la déforment jusqu’à parfois sortir en dehors du vagin. Ce glissement vers le bas d’un organe ou d’une partie de celui-ci est appelé prolapsus.

Les prolapsus sont classés en 3 stades :

  • Stade I : prolapsus débutant, haut situé.
  • Stade II : prolapsus arrivant à l’orifice vulvaire mais ne le dépassant pas.
  • Stade III : prolapsus extériorisé, dépassant l’orifice vulvaire.

Le plancher pelvien

Schéma : plancher pelvien, périnée

Facteurs favorisant le prolapsus génito-urinaire

Le prolapsus génito-urinaire est essentiellement une pathologie de la femme. Les femmes peuvent être concernées à tout âge, mais la fréquence des prolapsus augmente avec l’âge jusqu’à 50 ans, puis reste stable. Une femme sur trois après 50 ans présente un prolapsus le plus souvent peu important et sans symptômes. En revanche, les prolapsus s’aggravent et deviennent symptomatiques, en particulier après 60 ans.

Chez l’homme, la survenue d’un prolapsus est possible après une chirurgie du rectum, mais elle reste exceptionnelle.

Dans la plupart des cas, les prolapsus génito-urinaires sont favorisés par :

  • les grossesses;
  • des traumatismes obstétricaux, notamment lors des accouchements (longs ou difficiles avec déchirure du , naissance d’un très gros bébé, etc.) La majorité des lésions secondaires à un accouchement par voie naturelle se réparent progressivement, mais un prolapsus peut parfois réapparaître des années plus tard ;
  • des altérations au niveau des muscles ou des tissus entre les organes, secondaires au vieillissement, à la carence en après la ménopause, à certaines carences nutritionnelles, ou à l’obésité;
  • des complications suite à des gestes chirurgicaux touchant les organes pelviens ;
  • une hyperpression intra-abdominale répétée. Elle peut être due à une pratique sportive intensive, à des ports de charges répétés mais aussi à une toux chronique ou à une constipation sévère et chronique.

Il peut également arriver que des femmes qui n’ont jamais eu d’enfant, présentent des prolapsus. Ceux-ci sont alors dus à :

  • des anomalies anatomiques de la colonne vertébrale et du bassin. Par exemple : un effacement de la lordose lombaire (la courbure normalement observée au niveau du bas du dos) ;
  • des anomalies des tissus se situant entre les organes, qui diminuent la résistance ou l’élasticité des muscles et des ligaments. C’est le cas, par exemple, dans certaines maladies héréditaires, du tissu conjonctif.

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Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Soutènement vésical par implant de renfort synthétique, par voie transvaginale et par voie transobturatrice. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (Paris);2012 [consulté le 7 juillet 2015]
  • Association française d’urologie (AFU). État des lieux de l’épidémiologie des prolapsus génitaux. Site internet : urofrance. Paris;2009 [consulté le 7 juillet 2015]