Comprendre le prolapsus génital

14 novembre 2019
Le prolapsus génital ou génito-urinaire correspond à ce que l’on appelle, en langage courant, une "descente d’organes". C'est une maladie de la femme favorisée par les accouchements nombreux et difficiles, la ménopause.... Au quotidien, le prolapsus génital peut se révéler gênant et inconfortable.

Qu’est-ce que prolapsus génital ou "descente d'organes" ?

Le prolapsus génital ou génito-urinaire appelé couramment "descente d'organes" se caractérise, chez la femme, par le glissement vers le bas, transitoire ou permanent, d’un ou plusieurs organes pelviens (situés dans le bassin). Ceux-ci appuient et déforment la paroi vaginale, jusqu’à s’extérioriser au-delà de la vulve.

Les organes pelviens concernés par le prolapsus sont :

  • la vessie (on parle alors de cystocèle) ;
  • l’utérus (hystérocèle) ;
  • et plus rarement le rectum (rectocèle).

L'anatomie pelvienne féminine

Schéma représentant l’anatomie pelvienne féminine composée de la vessie, de l’urètre et du rectum (cf. description détaillée ci-après)

La région pelvienne de la femme est composée de deux organes.

La vessie est une poche située proche de la paroi de l’abdomen, sous les muscles abdominaux. Elle est reliée à l’extérieur par un court canal, appelé l’urètre. Les deux sphincters de l’urètre sont placés à sa sortie. En forme d’anneau, ils permettent de contrôler la sortie de l’urine.

Le rectum est la partie finale du gros intestin, canal étroit descendant du ventre. Il est situé proche du dos, au niveau des fesses. Le rectum est séparé de la vessie par l’utérus. Le rectum est plus large que le reste du gros intestin. Les deux sphincters de l’anus sont placés à sa sortie. En forme d’anneau, ils permettent de contrôler la sortie des matières fécales.

Les organes pelviens sont normalement fixés grâce à un double système :

  • un système de soutien formé par le ou "plancher pelvien" constitué d'un ensemble de muscles tendus entre le pubis (à l’avant du bassin) et le sacrum (à l’arrière). Chez la femme, le est fragile à cause des orifices naturels qui le traversent et en particulier l'orifice du vagin ;
  • un système de suspension constitué de ligaments, véritable système d'ancrage de ces organes sur les os du pelvis.

La solidité du et l'intégrité des ligaments sont capitales pour assurer le maintien en bonne position des organes pelviens.

Le

Schéma illustrant la position du périnée, sous la vessie (cf. description détaillée ci-après)

Chez la femme, le périnée est une région en forme de hamac, traversée au milieu par l’urètre, canal d’évacuation de l’urine entre la vessie et l’orifice urinaire. Le périnée constitue la paroi inférieure du petit bassin. Il est situé sous la vessie, de part et d’autre de celle-ci.

Schéma représentant la contraction d’un périnée, sous la vessie (cf. description détaillée ci-après)

Lorsque le périnée se contracte, les deux côtés du hamac se soulèvent et s’épaississent. Le périnée prend ainsi plus d’espace sous la vessie et autour de l’urètre.

 

Comment survient le prolapsus génital ou uro-génital ?

Lorsque le plancher pelvien ou les ligaments se relâchent ou se distendent, les organes pelviens descendent alors peu à peu. Au début, ils appuient simplement sur la paroi vaginale, puis ils la déforment jusqu’à parfois sortir en dehors du vagin. Ce glissement vers le bas d’un organe ou d’une partie de celui-ci est appelé prolapsus génital ou génito-urinaire selon les organes concernés.

Le prolapsus est plus ou moins important. Il peut :

  • être débutant et haut situé ;
  • arriver jusqu à l’orifice vulvaire sans le dépasser ;
  • s'extérioriser en dépassant l’orifice vulvaire.

Facteurs favorisant le prolapsus génito-urinaire

Le prolapsus génito-urinaire est essentiellement une maladie de la femme. Les femmes peuvent être concernées à tout âge, mais la fréquence des prolapsus augmente avec l’âge.

Le risque qu'une femme soit opérée d'un prolapsus ou "descente d'organes" au cours de sa vie est de 11 à 19 %.

Chez l’homme, la survenue d’un prolapsus est possible après une chirurgie du rectum, mais elle reste exceptionnelle.

Dans la plupart des cas, les prolapsus génito-urinaires sont favorisés par :

  • les grossesses et surtout lorsqu'elles sont répétées (multiparité) ;
  • la répétition des accouchements par voie naturelle et les traumatismes obstétricaux lors des accouchements : accouchement long ou difficile avec déchirure du , utilisation de forceps, poids élevé du nouveau-né, etc. La majorité des lésions secondaires à un accouchement par voie vaginale se réparent progressivement, mais un prolapsus peut parfois réapparaître des années plus tard ;
  • un relâchement musculaire et ligamentaire, secondaire au vieillissement, à la carence en après la ménopause, à certaines carences nutritionnelles, ou à l’obésité;
  • des complications suite à des gestes chirurgicaux touchant les organes pelviens (par exemple pour fibrome utérin) ;
  • une hyperpression intra-abdominale répétée. Elle peut être due à une pratique sportive intensive, au surpoids, au port répété de lourdes charges mais aussi à une toux chronique ou à une constipation sévère et chronique.

D'autres facteurs non obstéricaux peuvent intervenir plus rarement :

  • des anomalies anatomiques de la colonne vertébrale et du bassin ;
  • des anomalies du tissu conjonctif ou du tissu musculaire qui diminuent la résistance ou l’élasticité des muscles et des ligaments. C’est le cas, par exemple, dans certaines maladies héréditaires.

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