Le traitement de la pré-éclampsie

14 novembre 2019
Le traitement de la pré-éclampsie nécessite une hospitalisation de la femme enceinte pour traitement de l'hypertension artérielle gravidique. Une surveillance est mise en place.

Pré-éclampsie au cours de la grossesse : une hospitalisation indispensable

Dès que la pré-éclampsie est diagnostiquée, la future maman est hospitalisée. Un suivi plus poussé que celui d’une grossesse sans complications est mis en place.

Celui-ci permet :

  • d’évaluer la gravité de la pré-éclampsie pour la mère. Cette évaluation passe par un examen clinique, la mesure de tension artérielle, un bilan rénal et neurologique, etc. ;
  • de mesurer le retentissement sur le fœtus. Il s’agit d’effectuer un enregistrement du rythme cardiaque fœtal par monitoring, de mesurer la hauteur utérine, de faire une échographie avec doppler et d’évaluer la taille et le poids de l’enfant ;
  • de décider des mesures à mettre en œuvre. Ces décisions portent sur le traitement médical, la nécessité de déclencher le travail d’accouchement ou encore de procéder à une césarienne.

L’objectif de cette prise en charge est de prolonger la grossesse le plus longtemps possible. L’enfant peut ainsi se développer in utero sans que cela nuise à sa santé, ni à celle de sa mère.

Selon les résultats du suivi médical, l’accouchement peut être déclenché à un terme variable de la grossesse, en fonction des critères de gravité et de la viabilité de l’enfant.

En cas de pré-éclampsie grave survenant avant la 24ème semaine d’aménorrhée, une interruption médicale de grossesse (IMG) peut être proposée.

Pré-éclampsie : quels médicaments ?

En plus du traitement visant à contrôler au mieux l’hypertension artérielle gravidique, il peut être nécessaire, dans certains cas, d’ajouter :

  • un traitement par corticoïdes injectables. Celui-ci permet d’accélérer la maturation du fœtus en cas de pré-éclampsie avant la 34ème semaine d’aménorrhée ;
  • un traitement de sulfate de magnésium par voie intraveineuse. Il est envisagé en cas de symptômes faisant craindre la survenue d’une éclampsie, ou si un accouchement doit être déclenché précocement avant la 33ème semaine d’aménorrhée.

Chez les patientes ayant un antécédent de pré-éclampsie, un traitement par aspirine à faible dose peut être prescrit. Il doit être commencé avant la 20ème semaine d’aménorrhée et se poursuivre jusqu’à la 35ème semaine d’aménorrhée.

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