Le diagnostic et l’évolution de la pré-éclampsie

28 janvier 2020
Dès que la pré-éclampsie est diagnostiquée (HTA et présence de protéines dans les urines), la femme enceinte est hospitalisée. Sa prise en charge permet d’éviter les complications, tant pour la mère que pour l’enfant.

Le diagnostic de la pré-éclampsie

Le plus souvent, la pré-éclampsie est diagnostiquée lors de la surveillance d’une femme enceinte présentant une hypertension artérielle (HTA). La présence de protéines dans les urines permet de poser le diagnostic de pré-éclampsie

L’apparition de manifestations cliniques est possible, mais ces symptômes ne sont pas constants :

  • maux de tête (céphalées) ;
  • troubles visuels : sensibilité anormale à la lumière, tâches ou zones de brillance devant les yeux, vision trouble, diplopie (vision double), etc. ;
  • acouphènes ;
  • douleurs abdominales et nausées, vomissements ;
  • diminution de la quantité des urines ;
  • œdèmes et prise de poids rapide, en quelques jours.

Le diagnostic de pré-éclampsie est posé en présence :

  • d'une élévation de la pression artérielle, supérieure à 140 mmHg et/ou 90 mmHg survenant après la 20ème semaine d’aménorrhée (milieu du second trimestre). Ceci correspond à une hypertension artérielle (HTA) gravidique ou gestationnelle ;
  • d'une concentration des protéines supérieure à 0,3 g/24 h dans les urines, alors que celles-ci n’en contiennent normalement pas. C’est la protéinurie.

En présence d'une pré-éclampsie, l'hospitalisation de la future maman est nécessaire en urgence pour établir un bilan fœtomaternel.

La patiente, dont la grossesse est considérée « à risque », est orientée vers une maternité dont l’équipement permet sa prise en charge et celle du futur enfant.

La recherche de protéinurie, un examen régulier durant la grossesse

À chaque consultation mensuelle de suivi de grossesse, la présence de protéines dans les urines est recherchée à l’aide d’une bandelette urinaire. Un résultat positif nécessite une confirmation en laboratoire médical.

L’évolution de la pré-éclampsie

Une prise en charge rapide d'une femme enceinte présentant une pré-éclampsie permet la naissance d’un enfant en bonne santé et le rétablissement rapide de la maman.

Cependant, si la pré-éclampsie n’est pas traitée, des complications peuvent survenir chez la mère (pendant et après la grossesse) et chez l’enfant.

Pré-éclampsie : quelles complications craindre pour la future mère ?

Éclampsie

Une pré-éclampsie non traitée peut entrainer une éclampsie, qui se manifeste par la survenue de crises convulsives touchant le cerveau de la mère. Celles-ci apparaissent en fin de grossesse, mais aussi après l’accouchement. Elles sont désormais rares grâce à la prise en charge de la pré-éclampsie. 

Hématome rétroplacentaire

L’hématome rétroplacentaire se forme au niveau de la zone de fixation du , sur la paroi interne de l’utérus. Il provoque, en cours de grossesse, un décollement plus ou moins important du . Ce qui supprime, de façon plus ou moins grave, les échanges entre la mère et le fœtus. Il se manifeste par :

  • des douleurs brutales du ventre ;
  • des pertes sanguines noirâtres ;
  • des anomalies des contractions utérines et du rythme cardiaque du fœtus détectées lors l’enregistrement du monitoring.

Il nécessite en général une césarienne en urgence quel que soit le terme de la grossesse, car il met en jeu la vie de l’enfant et de la mère.

Lorsqu’il est petit, l’hématome rétroplacentaire n’est découvert qu’à l’accouchement, après la délivrance, à la surface du .

Syndrome HELLP

Une pré-éclampsie peut se compliquer avec l’apparition d’un syndrome HELLP (hémolyse, cytolyse hépatique, thrombopénie, de l’anglais Hemolysis, Elevated Liver , Low Platelet count).

Ce syndrome associe :

  • une destruction des globules rouges dans le foie ;
  • une élévation des hépatiques ;
  • une chute du nombre des plaquettes sanguines (cellules participant à la coagulation du sang), qui entraîne un risque accru d’hémorragie.

Il peut être responsable d’un hématome autour du foie ; la femme ressent alors des douleurs de l’abdomen, sous les côtes droites.

Cette complication rare et gravissime de la pré-éclampsie survient à la fin du 3ème trimestre de la grossesse, ou 24 h après l’accouchement.

Autres complications plus rares

Une hémorragie cérébrale maternelle ou une peuvent être observées.

Dans les cas très sévères, la seule façon de sauver la mère est d’extraire le fœtus et son , que le fœtus soit déjà viable ou non (c'est alors une interruption médicale de grossesse).

Pré-éclampsie : quelles complications possibles pour l'enfant ?

Retard de croissance intra-utérin du bébé

Le retard de croissance intra-utérin est présent dans 7 à 20 % des grossesses avec HTA. Ce retard de croissance concerne en général le périmètre de l’abdomen du fœtus. Il apparaît en fin de 2ème trimestre ou au cours du 3ème. Il est mis en évidence par des mesures lors d’échographies répétées tous les 15 jours. En cas de retard de croissance intra-utérin très sévère, un accouchement avant le terme prévu peut être décidé.

Prématurité

 Le plus souvent, la prématurité est la conséquence d'un accouchement provoqué très tôt, en raison d’une complication de la pré-éclampsie (syndrome HELLP, éclampsie, etc.)

La pré-éclampsie est responsable d'un tiers des grands prématurés (enfants nés entre la 28 ème et la 32 ème semaine de grossesse).

Décès du bébé in utero

C'est la complication à éviter à tout prix. La mort fœtale in utero peut être la conséquence d’un hématome rétroplacentaire important survenant brutalement, ou en cas de crise d’éclampsie. Ces cas sont devenus rares.

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