Définition et origine de la prééclampsie

12 septembre 2017
La prééclampsie est une pathologie de la grossesse qui associe une hypertension artérielle et la présence de protéines dans les urines. Elle résulte d’un dysfonctionnement du placenta. De nombreux facteurs de risque sont en cause.

Qu’est-ce que la prééclampsie ?

La prééclampsie est une maladie de la grossesse qui associe :

  • une élévation de la pression artérielle, supérieure à 140 mmhg/90 mmhg survenant après la 20ème semaine d’aménorrhée (milieu du second trimestre). Ceci correspond à une hypertension artérielle (HTA) gravidique ou gestationnelle ;
  • une concentration des protéines supérieure à 0,3 g/24 h dans les urines, alors que celles-ci n’en contiennent normalement pas. C’est la protéinurie.

Même en l’absence de protéinurie, la prééclampsie est avérée si l’HTA est associée à au moins l’une des anomalies suivantes :

  • une baisse des plaquettes sanguines. Ce sont les cellules qui participent à la coagulation ;
  • une augmentation sanguine des hépatiques fabriquées par le foie. Cette présence anormale est liée à une inflammation ;
  • l’apparition d’une insuffisance rénale ;
  • la survenue d’un œdème pulmonaire, c’est-à-dire une accumulation de liquide dans le tissu des poumons ;
  • l’apparition de troubles visuels ou cérébraux.

À noter : lorsque la protéinurie est associée à une HTA antérieure à la grossesse ou constatée avant la 20ème semaine d’aménorrhée, la prééclampsie est dite « surajoutée ».

Dans la plupart des cas de prééclampsie, les patientes accouchent d'un bébé en bonne santé et se rétablissent rapidement. Cependant, si ce syndrome n’est pas traité, il entraîne de nombreuses complications : retard de croissance intra-utérin, naissance prématurée voire décès de la mère et/ou de l’enfant.

La prééclampsie, un syndrome qui apparaît surtout durant la 1ère grossesse

En France, 5 % des grossesses s’accompagnent de prééclampsie.

Ce syndrome survient dans 70 à 75 % des cas au cours de la première grossesse. Il peut cependant apparaître au cours d’une grossesse ultérieure. Il semble qu’une adaptation de la mère aux antigènes du père réduise le risque au cours d’une prochaine grossesse avec le même partenaire.

Pourquoi une prééclampsie survient-elle ?

La prééclampsie résulte d’un dysfonctionnement du . Cet organe assure les échanges entre le fœtus et la mère, ainsi que la régulation hormonale de la grossesse. Dans le cas de la prééclampsie, le fonctionne normalement pendant les premières semaines. Puis son développement devient anormal après la 20ème semaine d’aménorrhée. Ce défaut de placentation est lié à une mauvaise vascularisation (ensemble des vaisseaux sanguins permettant l’irrigation) du . Or la 2ème partie de la grossesse est la période pendant laquelle la croissance du futur bébé nécessite un flux sanguin considérable.

Le manque d’efficacité du conduit à :

  • une perturbation de la croissance de l’enfant ;
  • une libération de nombreux débris placentaires et de cellules fœtales dans le sang maternel.

Plusieurs réactions en découlent chez la mère :

  • une production de molécules inflammatoires ;
  • une coagulation anormale de son sang ;
  • une HTA.

Les facteurs de risque de prééclampsie

Plusieurs types de facteurs sont en cause dans la survenue d’une prééclampsie. 

Le terrain génétique semble fortement contribuer à la survenue d’une prééclampsie. D’où la recherche d’antécédents familiaux ayant concerné la mère, la grand-mère ou la sœur de la femme enceinte. 

Les femmes enceintes les plus à risque sont celles qui ont :

  • une 1ère grossesse ;
  • une grossesse multiple (gémellaire, par exemple) ;
  • un changement de partenaire sexuel entre la grossesse en cours et la précédente (hypothèse ) ;
  • une procréation médicalement assistée avec don de sperme (donneur inconnu) ;
  • une exposition brève au sperme de son partenaire, liée notamment au port prolongé d’un préservatif avant la conception.

Ils sont de plusieurs ordres :

  • un âge maternel < à 18 ans ou > à 40 ans ;
  • une obésité avec un indice de masse corporel (IMC) > à 30 ;
  • un antécédent personnel de prééclampsie ;
  • la présence d’une HTA chronique, d’une maladie rénale chronique, d’un diabète, d’une pathologie cardiovasculaire, d’une (par exemple, la sclérose en plaques) ;
  • un syndrome des ovaires polykystiques ;
  • la présence de maladies responsables de la formation de caillots dans le sang (thromboses artérielles et/ou veineuses). Par exemple, le syndrome des anti-phospholipides, caractérisée aussi par des fausses couches répétées.
Sources
  • Société Française d’Hypertension Artérielle (SFHTA). HTA et grossesse - Consensus d’experts de la Société Française d’Hypertension Artérielle avec le partenariat du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français. Site internet : SFHTA. Paris ; 2015 [consulté le 21 juillet 2017]
  • Sananes N, Gaudineau A, Akladios C.Y, Lecointre L, Langer B. Hypertension artérielle et grossesse. EMC-Obstétrique 2015 ;11(1) :1-14 [Article 5-036-A-10]
  • Jaafar J, Pechère-Bertschi A, Ditisheim A. Hypertensions gravidiques : considérations pratiques. Rev Med Suisse 2014;10:1645-9
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Pré-éclampsie. Site internet : Inserm. Paris ; 2013 [consulté le 21 juillet 2017]