La surveillance après ablation de polypes du côlon ou du rectum

20 juin 2018
La surveillance après ablation de polypes colorectaux ayant un risque de dégénérer en cancer, est indispensable. La fréquence des coloscopies dépend du type de polypes retirés lors de la phase de traitement.

Pourquoi la surveillance est-elle indispensable après ablation de certains polypes du côlon ou du rectum ?

Après le traitement de polypes colorectaux ayant un risque de dégénérer (polypes adénomateux), il est indispensable d’effectuer une surveillance.

En effet, dans les années suivant l’ablation endoscopique d’adénomes coliques ou polypes adénomateux, le patient est considéré « à risque » de récidive. La réapparition des polypes adénomateux survient dans 1/3 des cas. L’objectif de la surveillance coloscopique est donc de prévenir la survenue ou le développement du cancer colorectal, en enlevant « à temps » de nouveaux adénomes.

Ce risque de récidive des polypes colorectaux adénomateux et de survenue d’un cancer colorectal justifie donc la mise en place d’une surveillance par coloscopies de contrôle. Le rythme de la surveillance tient compte :

  • des caractéristiques du du côlon ou du rectum initialement retiré ;
  • de la qualité de la coloscopie ;
  • du patient, compte tenu de ses antécédents familiaux de cancer colorectal, ses antécédents personnels de polypes ou la survenue d’un nouveau saignement.

La fréquence des contrôles coloscopiques après ablation complète des polypes adénomateux du colon et du rectum

La fréquence des contrôles par coloscopie après ablation de polypes adénomateux est déterminée selon :

  • le nombre de polypes adénomateux enlevés ;
  • leur taille ;
  • la présence d’une dysplasie et de sa gravité.

Ces critères permettent de définir les polypes à « haut risque » qui nécessitent une surveillance rapprochée de ceux à « bas risque » qui permettent une surveillance plus espacée dans le temps.

Les polypes du côlon ou du rectum sont dits à haut risque dans l’un des cas suivants :

  • le nombre de polypes adénomateux est supérieur ou égal à 3 ;
  • ou leur taille est supérieure ou égale à 10 mm ;
  • ou la dysplasie est :
    • présente et de haut grade (dysplasie importante) pour les adénomes (ou polypes adénomateux) ;
    • présente et quel que soit son grade si les adénomes (ou adénomateux) sont festonnés.

Les polypes du colon et du rectum sont dits à bas risque lorsque les 3 critères suivants sont regroupés :

  • le nombre de polypes adénomateux enlevés est inférieur à 3 ;
  • et leur taille est inférieure à 10 mm ;
  • et la dysplasie est  :
    • présente, mais de bas grade (dysplasie peu importante) pour les adénomes (ou polypes adénomateux) ;
    • totalement absente si les adénomes (ou polypes adénomateux) sont festonnés.
Qu’appelle-t-on dysplasie ?

La dysplasie est un dérèglement acquis de la multiplication et la maturation des cellules d’un tissu. Les lésions de dysplasie sont des lésions précancéreuses car les cellules dysplasiques peuvent, dans un délai très variable, se transformer en cellules cancéreuses.

Lors de l’analyse des cellules au microscope, l’anatomopathologiste reconnait la dysplasie et indique son grade, c’est-à-dire son intensité. Plus la dysplasie est marquée (de grade élevé), plus le risque de transformation en cancer est élevé.

Exemples de rythme de surveillance des polypes adénomateux du côlon et du rectum

La surveillance par coloscopie est plus ou moins rapprochée selon les caractéristiques des polypes adénomateux.

Il n’existe pas de limites d’âge strictes pour arrêter les dépistages. La décision est prise en concertation avec le médecin.

Le premier contrôle coloscopique est programmé à 5 ans après ablation de polypes adénomateux ou de polypes festonnés évalués à bas risque.

La surveillance par coloscopie est ensuite prévue tous les :

  • 10 ans s’il n’y a plus de ;
  • 5 ans s’il n’y a plus de polypes mais si le patient a des antécédents familiaux de cancer colorectal avant 60 ans ou d’adénomes colorectaux ;
  • 5 ans si la coloscopie de contrôle montre l’apparition d’un du côlon ou du rectum de bas risque, enlevé lors de la coloscopie ;
  • 3 ans si la coloscopie de contrôle montre l’apparition d’un du côlon ou du rectum de haut risque, enlevé lors de la coloscopie.

Le premier contrôle coloscopique est programmé à 3 ans après ablation de polypes adénomateux ou de polypes festonnés évalués à haut risque.

La surveillance coloscopique est ensuite prévue tous les :

  • 5 ans s’il n’y a plus de polypes du colon ou du rectum ;
  • 5 ans si la coloscopie de contrôle montre l’apparition d’un de bas risque, enlevé lors de la coloscopie ;
  • 3 ans si la coloscopie de contrôle montre l’apparition d’un de haut risque, enlevé lors de la coloscopie.

Les polypes hyperplasiques de petite taille (< 10 mm), présents sur le rectum ou le côlon sigmoïde, n’ont pas de risque de dégénérer en cancer colorectal. La surveillance coloscopique n’est alors nécessaire que s’il existe des antécédents personnels ou familiaux de cancer colorectal.

En revanche, si les polypes hyperplasiques sont plus volumineux (>10 mm) ou situés sur le côlon gauche (ou descendant) et surtout droit (ou ascendant), ils doivent faire l’objet d’une surveillance comme les polypes adénomateux à bas ou haut risque, selon leurs caractéristiques anatomopathologiques (présence ou non de dysplasie).

Sources
  • Abou Ali E, Chaussade S, Prat F. Diagnostic et traitement des polypes colorectaux. EMC - Gastro-entérologie 2017:1-2
  • Haute Autorité de santé. Protocole de surveillance post-polypectomie. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 30 avril 2018]
  • Koessler T, Bichard P, Lepilliez V, Puppa G et al. Épidémiologie, prise en charge et suivi des polypes colorectaux Rev Med Suisse 2016;12:982-988
  • Collège français de pathologistes. Tumeurs du côlon et du rectum. Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2013 [consulté le 30 avril 2018]
  • Institut national contre le cancer (INCa). Diagnostic et traitement d’un polype. Site internet : INCa ; Boulogne- Billancourt (France) [consulté le 30 avril 2018]