Le diagnostic des polypes du côlon et du rectum

20 juin 2018
Les symptômes (sang dans les selles, douleurs abdominales, etc.) sont peu fréquents en cas de polypes du côlon et du rectum. Le diagnostic est posé grâce à une rectocoloscopie, souvent réalisée dans le cadre du dépistage du cancer colorectal ou d’une surveillance.

Circonstances de découverte des polypes du côlon et du rectum

Souvent, les polypes colorectaux ne sont responsables d’aucun symptôme et sont diagnostiqués lors d’une coloscopie. Celle-ci peut être réalisée :

  • suite à un test montrant la présence de sang dans les selles lors du dépistage du cancer colorectal proposé aux personnes âgées de 50 à 74 ans ;
  • dans le cadre de la surveillance d’une maladie connue telle que la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique, la maladie cœliaque, etc. ;
  • afin d’effectuer une détection individuelle spécifique en cas de risque élevé de cancer colorectal (antécédents familiaux ou personnels de colorectal ou de cancer colorectal) ;
  • lors d’une surveillance d’une polypose familiale.

Parfois, des symptômes digestifs peuvent être des signes d’appel, tels que :

Diagnostic de polype du côlon ou du rectum : la coloscopie (ou rectocoloscopie)

La rectocoloscopie (appelée en général coloscopie) est un examen qui permet d'observer l'intérieur du rectum et du côlon au moyen d'un endoscope (examen endoscopique), d'effectuer des prélèvements des lésions suspectes et de procéder à l'ablation des polypes.

La préparation du colon avant coloscopie

Pour un diagnostic fiable de du côlon ou du rectum, le patient doit suivre un régime particulier les jours précédents l’examen. Ce régime est accompagné d’une préparation, le tout constituant la « préparation colique ».

La préparation colique doit être bien faite car elle conditionne :

  • les performances diagnostiques de la coloscopie ;
  • le taux de détection de polypes du côlon et du rectum ;
  • le caractère complet ou non de l’examen.

La préparation colique comprend :

  • un régime pauvre en résidus à prendre la veille de l'examen. En pratique, le régime sans résidus est souvent prescrit pendant les 3 jours qui précèdent la coloscopie ;
  • la prise en plusieurs fois d’un produit de préparation permettant de procéder à un lavage intestinal.

Afin d’obtenir la meilleure qualité de préparation colique, une explication claire et adaptée est fournie au patient. Celui-ci doit avoir parfaitement compris les enjeux de cette préparation.

Si la qualité de la préparation est insuffisante, il est recommandé de refaire la rectocoloscopie dans les jours suivants.

Le déroulement de la coloscopie

La coloscopie est effectuée, par un gastro-entérologue, à l’aide d’un endoscope () sous brève anesthésie générale, en hospitalisation de jour. Elle consiste à introduire dans le rectum puis le côlon un tube souple muni d’une caméra vidéo afin de visualiser les parois internes du gros intestin et du rectum.

Afin que le médecin puisse observer l’intégralité de la du côlon et du rectum, l’endoscopie doit être :

  • complète. Le médecin doit pouvoir faire progresser l’endoscope jusqu’au côlon droit et ainsi voir l’orifice de l’appendice au niveau du cæcum ;
  • minutieuse.

Si des polypes du côlon et du rectum sont détectés, ils sont tous retirés (polypectomie endoscopique) et sont analysés. Un examen dit « anatomopathologique » de ces prélèvements permet de préciser le type de polypes.

Les autres moyens de diagnostiquer les polypes du côlon et du rectum

La coloscopie virtuelle par scanner et la vidéocapsule colique sont des examens alternatifs.

Ces examens sont prescrits si la coloscopie :

  • est incomplète ;
  • n’est pas possible ;
  • est contre-indiquée ;
  • est refusée par le patient.

L’objectif de ces 2 examens est strictement diagnostique ; contrairement à la coloscopie, ils ne permettent pas de retirer le ou les polypes, et donc de les traiter.

Si des polypes sont détectés, le patient doit subir une coloscopie pour les retirer : on parle de polypectomie endoscopique. Si ce type d’intervention ne peut être réalisé pour des raisons médicales, les polypes du côlon ou du rectum sont surveillés par coloscopie virtuelle.

La coloscopie virtuelle exige une préparation soigneuse du côlon, identique à celle faite avant une coloscopie. Ce préalable permet d'éliminer la présence de résidus de selles qui pourraient être confondus avec des polypes.

La coloscopie virtuelle nécessite une distension du côlon ; de l'air ou du est insufflé par une sonde rectale au début de l'examen. Puis l’examen se déroule comme un scanner.

La vidéocapsule colique permet une exploration complète du côlon. Après une préparation soigneuse du côlon semblable à celle de la coloscopie, la personne avale une capsule de la taille d’un comprimé, renfermant une petite caméra à usage unique. La capsule recueille et transmet des images par ondes radio. Une ceinture contenant les capteurs est appliquée sur l’abdomen et reliée à l’enregistreur, de la taille d’un disque dur, porté en bandoulière. Le boitier et la ceinture sont récupérés après une durée de 8 heures. Les données enregistrées sont analysées.

Cet examen est pratiqué sans anesthésie, en hospitalisation de jour.

La capsule est éliminée avec les selles après 24 à 48h.

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