Définition et facteurs de risque des polypes du côlon et du rectum

17 décembre 2018
Le polype colorectal est une tumeur bénigne, de taille variable, se développant sur la muqueuse du côlon ou du rectum. Il importe de les retirer pour prévenir l’apparition d’un cancer colorectal.

Qu’est-ce qu’un polype colorectal ?

Un colorectal désigne toute lésion en relief de la du côlon ou du rectum. Il est facilement visible lors d’un examen, à l’intérieur du tube digestif.

Sa taille est variable et il en existe de différentes formes :

  • le sessile qui ressemble à une saillie arrondie (tel un verre de montre), posée sur la paroi interne du côlon ou du rectum ;
  • le pédiculé ayant la forme d’un champignon, avec un pied et une tête ;
  • le plan qui est légèrement en relief sur la paroi intérieure du côlon ou du rectum ;
  • le déprimé ou ulcéré qui forme un creux dans la paroi.

Anatomie du gros intestin

Schéma représentant le gros intestin composé du côlon ascendant, du côlon transverse, du côlon descendant, du côlon sigmoïde et du rectum

© L’Assurance Maladie 2018

Les différents types de polypes du côlon et du rectum

Il existe de nombreux types de polypes du côlon et du rectum classés selon les cellules de la du colon à partir desquelles ils se développent. Certains d’entre eux peuvent se transformer en cancer ; le traitement qui a pour objectif de retirer les polypes, prévient l’apparition d’un cancer colorectal.

Les polypes à fort risque de cancer sont :

  • les polypes adénomateux. Ils sont caractérisés par une prolifération des cellules des glandes situées dans la du côlon et du rectum et peuvent avoir des formes différentes ( sessile, pédiculé, plan...). Ils sont les plus fréquents : 2/3 des polypes sont des adénomes.
    Ils sont classés selon leur degré de dysplasie, anomalies des cellules annonciatrices d’une transformation cancéreuse. S'ils évoluent, 3 adénomes sur 1000 deviennent des cancers colorectaux. Après ablation, ils ont tendance à récidiver. Une surveillance est indispensable.
  • les polypes festonnés ou dentelés : ce sont des polypes adénomateux appelés ainsi en raison de leur aspect festonné observé lors de l' au microscope. Ces polypes sont tenus pour responsables d’une part importante des cancers du colon d’intervalle (survenant entre deux coloscopies de contrôle) d’où la nécessité d’une surveillance rapprochée.

D’autres polypes du côlon et du rectum n’évoluent que rarement vers un cancer colorectal :

  • Les polypes hyperplasiques (caractérisés par une augmentation de volume et des modifications des glandes situées dans la du colon). Certains d’entre eux cependant, en raison de leur taille ou de leur localisation impliquent une surveillance par coloscopie après leur ablation ;
  • Les polypes hamartomateux, qui sont très peu fréquents (ils sont caractérisés par une croissance excessive de cellules normalement présentes mais désorganisant le structure de la ).
Les pseudopolypes inflammatoires des MICI.

Ils sont la conséquence de processus inflammatoires répétés et de cicatrisation de la du côlon ou du rectum. Ils sont habituellement observés au cours des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI), telles que la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn. Un risque de cancer colorectal existe dans ces maladies, après plusieurs années d’évolution, justifiant une surveillance par coloscocopie.

Les facteurs de risque de polypes du côlon et du rectum

Le plus souvent, les polypes sont retrouvés de manière isolée (85 % des cas) dans le côlon ou le rectum. Dans ce cas, une personne a plus de risque que la population générale de développer des polypes en fonction de :

  • son âge. Le risque d’avoir des polypes augmente en vieillissant ;
  • ses antécédents familiaux. C’est le cas si l’un de ses parents, frère ou sœur a eu des polypes ou un cancer colorectal ;
  • ses antécédents personnels. Une personne qui a déjà eu des polypes ou un cancer du côlon ou du rectum, est à risque de récidive d’où l’importance de la surveillance après un 1er diagnostic.

Plus rarement, les polypes font partie de formes familiales de polypose, telles que :

  • La polypose adénomateuse familiale. Cette maladie est héréditaire, autosomique dominante, c’est-à-dire qu’une personne malade a un risque de 50 % de transmettre la maladie à chacun de ses enfants. Dans sa forme classique, une centaine de polypes de type précancéreux, voire davantage, se développent au niveau du gros intestin et dans le rectum pendant l’enfance ou l’adolescence. Les polypes sont présents chez 50 % des patients à l’âge de 15 ans, et 95 % à l’âge de 35 ans. Chez la quasi-totalité des personnes non traitées, les polypes évoluent en cancer colorectal autour de la quarantaine.
  • Les polyposes hamartomateuses. C’est le cas par exemple de la polypose juvénile qui se caractérise par la présence de très nombreux polypes hamartomateux du côlon et du rectum.
Les polyposes familiales sont des maladies rares

La polypose adénomateuse familiale (responsable de 1 % des cancers colorectaux) et la polypose hamartomateuse (comme la polypose juvénile qui affecte 1/100 000 naissances en Europe et aux États-Unis) sont des maladies rares.

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  • Abou Ali E, Chaussade S, Prat F. Diagnostic et traitement des polypes colorectaux. EMC - Gastro-entérologie 2017:1-2
  • Koessler T, Bichard P, Lepilliez V, Puppa G et al. Épidémiologie, prise en charge et suivi des polypes colorectaux Rev Med Suisse 2016;12:982-988
  • Collège français de pathologistes. Tumeurs du côlon et du rectum. Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2013 [consulté le 30 avril 2018]
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  • Institut national contre le cancer (INCa). Polypose adénomateuse familiale. Site internet : INCa ; Boulogne- Billancourt (France) [consulté le 30 avril 2018]
  • Saurin JC. Polyposes en dehors de la polypose adénomateuse familiale. Acta Endoscopia. 2008;38:387