Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde

28 janvier 2020
Si aujourd’hui on ne guérit pas d’une polyarthrite rhumatoïde, les traitements existants soignent les poussées et les complications, et préviennent leur apparition. Ils reposent sur des médicaments luttant contre les douleurs et l'inflammation, associés à un traitement de fond et d’autres soins.

L'objectif du traitement

L'objectif du traitement est de contrôler la rhumatoïde de façon à supprimer ou réduire les poussées, à contrôler les destructions articulaires et permettre à la personne de conserver une qualité de vie optimale. Un traitement commencé le plus tôt possible et bien suivi permet de ralentir et de contrôler l'évolution de la maladie.

Le traitement est pris en charge par le médecin traitant qui fait également appel à une équipe de professionnels de santé : rhumatologue, médecin de médecine physique et de réadaptation, masseur kinésithérapeute, pédicure-podologue, chirurgien orthopédique, ergothérapeute...

D'importants progrès ont été réalisés dans le traitement de la rhumatoïde.

Le traitement englobe les médicaments, parfois la chirurgie, et des aides et techniques diverses.

Il est adapté à chaque personne selon l'importance de la maladie, l'efficacité des médicaments et la manière dont ils sont tolérés.

Reconnaissance de la rhumatoïde en affection de longue durée

La rhumatoïde peut être reconnue au titre d'une affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette maladie sont alors pris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie.

Le traitement médicamenteux de la polyarthrite rhumatoïde

Le traitement médicamenteux est adapté à chaque cas. Les médicaments de la rhumatoïde peuvent entraîner des effets indésirables et nécessitent un suivi particulier.

Un traitement pour lutter contre les douleurs de la rhumatoïde

Ce traitement peut comporter :

  • des antalgiques pour calmer la douleur ;
  • des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), qui traitent la douleur et la raideur matinale. Ils peuvent être prescrits en association avec le lorsque celui-ci ne soulage pas suffisamment les symptômes. En raison de leurs effets indésirables (toxicité digestive, rénale et cardiovasculaire), la prescription des AINS est limitée ;
  • les corticoïdes, si nécessaire, en association avec un . Ils réduisent l'inflammation et ils sont efficaces à faibles doses. Ils sont prescrits sous surveillance du régime alimentaire, de la pression artérielle, de la minéralisation osseuse (en raison du risque d'ostéoporose).

rhumatoïde : importance du

Ce traitement est adapté en fonction des personnes. Il s'agit :

  • d'un médicament dit de "synthèse" : le par exemple, utilisé fréquemment en première intention (en comprimés une fois par semaine) ;
  • d'un des médicaments de la : le plus souvent anticorps monoclonal anti TNF inhibant le facteur TNF-alpha, un des principaux vecteurs de l'inflammation. Ces médicaments permettent de stopper ou de modérer l'évolution de la maladie. Ils sont prescrits initialement à l'hôpital, puis par un médecin spécialisé en rhumatologie et administrés par injections sous-cutanées ;
  • d'un inhibiteur enzymatique des Janus kinases (diminuant l'inflammation chronique) : le tofacitinib pris par voie orale en association avec le en cas de rhumatoïde active, modérée à sévère chez les patients adultes ayant présenté une réponse inadéquate ou une intolérance à un ou plusieurs traitements de fond antirhumatismaux.
    En cas d’intolérance au ou lorsque le traitement avec le est inadapté, le tofacitinib peut être administré seul.

En cas de traitement par tofacitinib

La dose de 5 mg deux fois par jour est à respecter en raison d'une suspicion d'augmentation du risque d'embolie pulmonaire lorsque le médicament est pris à dose élevée.
Consultez immédiatement un médecin si vous présentez :

  • un essoufflement soudain ou difficulté à respirer,
  • une douleur à la poitrine ou au dos,
  • une toux avec des crachats sanglants,
  • une transpiration excessive ou une peau moite ou bleuâtre.

Certaines règles doivent être appliquées avant la mise en route d'un , car celui-ci est et contre-indiqué en cas de grossesse :

  • prescription d'une contraception efficace chez une femme en âge de procréer ;
  • mise à jour des vaccinations ;
  • recherche de foyers infectieux ; en particulier, la recherche d'une tuberculose latente ;
  • bilan biologique sanguin : numération formule sanguine, bilan inflammatoire, bilan hépatique, bilan rénal.

Consulter le site de la Société Française de Rhumatologie pour en savoir plus sur les traitements de fond de la rhumatoïde

Des traitements locaux pour calmer l’inflammation articulaire

Des infiltrations articulaires de corticoïdes et des synoviorthèses (destruction ou abrasion de la membrane synoviale par injection d'un produit) sont parfois nécessaires pour certaines articulations pour calmer la douleur et l'inflammation.

Vidéo : Le de la rhumatoïde

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Le traitement chirurgical de la polyarthrite rhumatoïde

La décision d’une intervention sur une articulation est prise par l’équipe médicale pluridisciplinaire, en accord avec le patient.

Des interventions chirurgicales sont parfois nécessaires au cours de l’évolution de la rhumatoïde :

  • une synovectomie (ablation partielle ou totale de la membrane synoviale) par arthroscopie pour prévenir la destruction articulaire lorsque le traitement médical est insuffisant ;
  • une pose d'une prothèse de hanche, de genou lorsque l'articulation est détruite ;
  • une arthrodèse arthroscopique ou chirurgicale (fixation de l'articulation) lorsqu'une arthroplastie est difficilement réalisable (poignet, cheville, arrière-pied).

La rééducation et les autres aides en cas de polyarthrite rhumatoïde

Des aides sont mises en place par l', selon les besoins de chaque personne.

Elles peuvent comporter :

  • des séances de kinésithérapie, des programmes d'activité physique et, selon les cas, de ;
  • une prise en charge en ergothérapie.
    Elle vise à :
    • apprendre les méthodes de protection des articulations pour prévenir les déformations (adaptation du geste, des ustensiles),
    • aménager le domicile et l'environnement (accessibilité de la cuisine et des sanitaires, moyens de déplacement au domicile et au niveau du poste de travail) ;
  • l'utilisation d'un appareillage (attelles pour prévenir les déformations et soulager les douleurs, chaussures orthopédiques, canne, etc.) dans certains cas ;
  • si besoin, une aide psychologique.

  • Société française de rhumatologie (SFR). La polyarthrite rhumatoïde. Site internet : SFR. Paris ; 2016 [consulté le 19 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur la polyarthrite rhumatoïde évolutive grave. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 19 février 2019]
  • Collège français des enseignants en rhumatologie. Polyarthrite rhumatoïde. Site internet : Cofer. Paris ; 2017 [consulté le 19 février 2019]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La polyarthrite rhumatoïde. Site internet : Inserm. Paris ; 2017 [consulté le 19 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Polyarthrite rhumatoïde évolutive grave. Guide - Affection de longue durée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 19 février 2019]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Xeljanz (tofacitinib) : l’ANSM demande aux professionnels de santé et aux patients de bien respecter la dose autorisée dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde - Point d'Information du 20 mars 2019. Site internet : Ansm. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 21 mars 2019]