Sommaire : Polyarthrite rhumatoïde

Les symptômes, le diagnostic et l'évolution de la polyarthrite rhumatoïde

Pendant les poussées de la polyarthrite rhumatoïde, les articulations sont gonflées, rouges et douloureuses. L’examen clinique, un bilan sanguin et radiologique confirment le diagnostic. Un traitement précoce permet de ralentir l'évolution de la maladie.

Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde

Voici les premiers signes qui permettent d'évoquer la maladie :

  • la personne est réveillée en fin de nuit par des douleurs articulaires et ressent, le matin, un engourdissement et une raideur de ces articulations pendant au moins 30 minutes ;
  • ces symptômes durent au moins depuis six semaines ;
  • les articulations douloureuses sont au moins au nombre de trois au niveau des poignets, des mains ou des doigts ;
  • les articulations douloureuses sont symétriques (les douleurs sont ressenties dans les mêmes articulations droite et gauche) ;
  • la pression des articulations des avant-pieds est douloureuse.

D'autres atteintes articulaires sont possibles d'emblée : articulations des genoux, des chevilles et beaucoup plus rarement des hanches et épaules.

Si l'ensemble de ces symptômes est présent, une rhumatoïde peut être suspectée. Il est alors nécessaire de consulter son médecin traitant pour que le diagnostic soit posé le plus tôt possible.

Le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde

La consultation médicale

Le diagnostic de la rhumatoïde doit être aussi précoce que possible, car c'est au début de la maladie, avant l'apparition des atteintes articulaires importantes, que les traitements sont les plus efficaces.

Le médecin traitant ou le rhumatologue pratique un examen clinique complet et constate que les articulations douloureuses sont gonflées, chaudes, parfois rouges, enraidies.

Il peut s'agir des articulations des doigts (l'inflammation articulaire empêchant la personne d'enlever ses bagues), des poignets, de l'avant-pied, des genoux...

Il fait le point sur le nombre des articulations douloureuses.

Le médecin prescrit un bilan sanguin et radiologique. C'est un ensemble de critères cliniques, biologiques et radiologiques qui permettra de poser le diagnostic.

Le bilan sanguin en cas de suspicion de polyarthrite rhumatoïde

Le bilan sanguin analyse le fonctionnement hépatique, rénal et recherche des anomalies en faveur d'une polyarthrite rhumatoïde.

Un syndrome inflammatoire

L'analyse de la C Réactive Protéine (CRP), de la vitesse de sédimentation, de la numération formule sanguine recherche un syndrome inflammatoire avec une éventuelle anémie inflammatoire.

La présence d'auto-anticorps en faveur d'une polyarthrite rhumatoïde

Le  (immunoglobuline ayant une activité d'anticorps) est recherché. Au début de la polyarthrite rhumatoïde, la recherche du facteur rhumatoïde n'est positive que dans 50 à 60 % des cas. Son absence ne permet pas d'éliminer le diagnostic. Mais sa présence est loin d'être synonyme de polyarthrite rhumatoïde.

Les anticorps anti-peptides citrullés appelés anticorps anti-CCP sont présents dès le début de la maladie dans 70 % des cas. Ils sont beaucoup plus spécifiques de la maladie que le facteur rhumatoïde (lorsqu’ils sont positifs, le risque d’avoir une PR est élevé).

D'autres anticorps (anticorps nucléaires...) peuvent être présents.

Le bilan radiologique en cas de polyarthrite rhumatoïde

Il consiste à réaliser des radiographies, selon les cas, des mains, des poignets, des pieds, du thorax et de toute articulation douloureuse. Au tout début de la polyarthrite rhumatoïde, les radiographies sont normales. Puis, quand des anomalies osseuses et articulaires surviennent, ces examens radiologiques ont un double intérêt :

  • ils permettent de confirmer le diagnostic ;
  • ils servent de référence pour les examens radiologiques ultérieurs, afin de suivre l'évolution de la maladie.

D'autres examens parfois utiles dans la polyarthrite rhumatoïde

Dans certaines situations, d'autres examens sont utiles :

  • une IRM pour rechercher une atteinte de la membrane synoviale des articulations douloureuses ;
  • une échographie de certaines articulations mettant en évidence des lésions du cartilage ;
  • une analyse du liquide articulaire après , montrant la présence d'un liquide très inflammatoire.

Le diagnostic repose sur un ensemble d'éléments anormaux de ces bilans.

Reconnaissance de la polyarthrite rhumatoïde en affection de longue durée

La rhumatoïde peut être reconnue au titre d'une affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette maladie sont alors pris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie.

L'évolution de la polyarthrite rhumatoïde

Les poussées et les accalmies de la polyarthrite rhumatoïde

La rhumatoïde évolue par poussées plus ou moins rapprochées. Chaque poussée, souvent accompagnée d'une fatigue importante, finit par s'atténuer, pour laisser place à une période d'accalmie au cours de laquelle les symptômes sont moins intenses et peuvent même disparaître.

Progressivement, si la maladie n'est pas traitée, elle tend à toucher d'autres articulations après celles des mains, des doigts, des poignets et de l'avant pied : coude, épaule, hanche, genou, colonne vertébrale au niveau du cou...

Les articulations finissent par se déformer : 

  • Les doigts dévient sur le côté (doigts en coup de vent) et se replient sur eux-mêmes (par exemple, le pouce se déforme en « Z »).
  • L'atteinte du poignet peut se traduire par un syndrome du canal carpien.
  • Dans 90 % des cas, les pieds sont touchés (avant-pied plat puis arrondi, apparition sur les zones de frottement de cors et de durillons...) et la marche est gênée.
  • Les coudes restent fléchis.
  • Les épaules sont douloureuses et perdent leur mobilité.
  • Le rachis cervical peut être atteint dans sa partie haute.

Les gestes de la vie quotidienne sont souvent plus difficiles à réaliser.

La gravité de la polyarthrite rhumatoïde est variable d'une personne à l'autre. Il existe des formes mineures qui n'entraînent ni handicap, ni déformation. Dans la plupart des cas, les formes sont intermédiaires. Un traitement commencé le plus tôt possible, et bien suivi, permet de ralentir et de contrôler l'évolution.

Les manifestations non articulaires de la polyarthrite rhumatoïde

Certaines formes de polyarthrite rhumatoïde sont sévères. Les articulations touchées sont endommagées et d'autres manifestations non articulaires peuvent apparaître.

Des nodules rhumatoïdes sur la peau

Il s'agit de nodosités ou sortes de boules fermes et indolores situées au niveau du coude ou à côté des articulations des doigts.

Des atteintes d'autres organes dans la polyatrhrite rhumatoïde

Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde débuté précocément vise à limiter les manifestations extra-articulaires qui touchent :

D'autres manifestations auto-immunes

D'autres anomalies auto-immunes sont parfois observées :

  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur la rhumatoïde évolutive grave. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 10 décembre 2021]
  • Collège français des enseignants en rhumatologie. Polyarthrite rhumatoïde. ECN 2018. 5ème édition Elsevier Masson
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La polyarthrite rhumatoïde. Site internet : Inserm. Paris ; 2017 [consulté le 9 décembre 2021]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Polyarthrite rhumatoïde évolutive grave. Guide - Affection de longue durée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 9 décembre 2021]
  • National Library of Medicine. Rheumatoid arthritis. Site internet : MedlinePlus. Bethesda (États-Unis d'Amérique) ; 2020 [consulté le 9 décembre 2021]
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