Les symptômes, le diagnostic et l'évolution

19 février 2019
Pendant les poussées de la polyarthrite rhumatoïde, les articulations sont gonflées, rouges et douloureuses. L’examen clinique, un bilan sanguin et radiologique confirment le diagnostic. Un traitement précoce permet de ralentir l'évolution de la maladie.

Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde

Voici les premiers signes qui permettent d'évoquer la maladie :

  • la personne est réveillée en fin de nuit par des douleurs articulaires et ressent, le matin, un engourdissement et une raideur de ces articulations pendant au moins 30 minutes ;
  • ces symptômes durent au moins depuis six semaines ;
  • les articulations douloureuses sont au moins au nombre de trois au niveau des poignets, des mains ou des doigts ;
  • les articulations douloureuses sont symétriques (les douleurs sont ressenties dans les mêmes articulations droite et gauche) ;
  • la pression des articulations des avant-pieds est douloureuse.

Si l'ensemble de ces symptômes est présent, une rhumatoïde peut être suspectée. Il est alors nécessaire de consulter son médecin traitant pour que le diagnostic soit posé le plus tôt possible.

Le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde

La consultation médicale

Le diagnostic de la rhumatoïde doit être aussi précoce que possible, car c'est au début de la maladie, avant l'apparition des atteintes articulaires importantes, que les traitements sont les plus efficaces.

Le médecin traitant ou le rhumatologue pratique un examen clinique complet et constate que les articulations douloureuses sont gonflées, chaudes, parfois rouges, enraidies. Il peut s'agir des articulations des doigts (l'inflammation articulaire empêchant la personne d'enlever ses bagues), des poignets, des genoux...

Le médecin prescrit un bilan sanguin et radiologique. C'est un ensemble de critères cliniques, biologiques et radiologiques qui permettra de poser le diagnostic.

Le bilan sanguin en cas de suspicion de rhumatoïde

Il recherche :

  • un syndrome inflammatoire avec une éventuelle anémie inflammatoire ;
  • des anomalies du bilan rénal, hépatique...;
  • le caractère auto-immun de la maladie avec présence ou non :
    • du (immunoglobuline ayant une activité d'anticorps). Au début de la rhumatoïde, la recherche du est positive dans 50 à 60 % des cas. Son absence ne permet pas d'éliminer le diagnostic. Mais sa présence est loin d'être synonyme de rhumatoïde.
    • des anticorps anti-peptides citrullés appelés anticorps anti CCP,
    • ou d'autres anticorps (anticorps nucléaires...).

Le bilan radiologique en cas de rhumatoïde

Il consiste à réaliser des radiographies, selon les cas, des mains, des poignets, des pieds, du thorax et de toute articulation douloureuse. Au tout début de la rhumatoïde, les radiographies sont normales. Puis, quand des anomalies osseuses et articulaires surviennent, ces examens radiologiques ont un double intérêt :

  • ils permettent de confirmer le diagnostic ;
  • ils servent de référence pour les examens radiologiques ultérieurs, afin de suivre l'évolution de la maladie.

D'autres examens sont parfois utiles :

  • IRM pour rechercher une atteinte de la membrabne synoviale des articulations douloureuses ;
  • échographie de certaines articulations mettant en évidence des lésions du cartilage ;
  • analyse du liquide articulaire après , montrant la présence d'un liquide très inflammatoire.

Le diagnostic repose sur un ensemble d'éléments anormaux de ces bilans.

Reconnaissance de la rhumatoïde en affection de longue durée

La rhumatoïde peut être reconnue au titre d'une affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette maladie sont alors pris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie.

L'évolution de la polyarthrite rhumatoïde

La rhumatoïde évolue par poussées. Chaque poussée, souvent accompagnée d'une fatigue importante, finit par s'atténuer, pour laisser place à une période d'accalmie au cours de laquelle les symptômes sont moins intenses et peuvent même disparaître.

Progressivement, si la maladie n'est pas traitée, elle tend à toucher d'autres articulations après celles des mains, des doigts, des poignets et de l'avant pied : coude, épaule, hanche, genou, colonne vertébrale au niveau du cou...

Les articulations finissent par se déformer : 

  • Les doigts dévient sur le côté (doigts en coup de vent) et se replient sur eux-mêmes (par exemple, le pouce se déforme en « Z »).
  • Dans 90 % des cas, les pieds sont touchés (avant-pied plat puis arrondi, apparition sur les zones de frottement de cors et de durillons...) et la marche est gênée.
  • Les coudes restent fléchis...

Les gestes de la vie quotidienne sont souvent plus difficiles à réaliser.

Un traitement commencé le plus tôt possible, et bien suivi, permet de ralentir et de contrôler l'évolution.

Cependant, la gravité de la rhumatoïde est variable d'une personne à l'autre. Il existe des formes mineures qui n'entraînent ni handicap, ni déformation.

Certaines formes de rhumatoïde sont sévères. Les articulations touchées sont endommagées et d'autres manifestations non articulaires peuvent apparaître :

Dans la plupart des cas, les formes sont intermédiaires.

L'évolution est imprévisible au début de la maladie. Des bilans radiologiques répétés permettent de la préciser.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur la polyarthrite rhumatoïde évolutive grave. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 19 février 2019]
  • Collège français des enseignants en rhumatologie. Polyarthrite rhumatoïde. Site internet : Cofer. Paris ; 2017 [consulté le 19 février 2019]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La polyarthrite rhumatoïde. Site internet : Inserm. Paris ; 2017 [consulté le 19 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Polyarthrite rhumatoïde évolutive grave. Guide - Affection de longue durée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 19 février 2019]