Les symptômes, le diagnostic et l'évolution

22 mars 2017
Pendant les poussées, les articulations sont gonflées, rouges et douloureuses. L’examen clinique, un bilan sanguin et radiologique confirment le diagnostic. Un traitement précoce permet de ralentir l'évolution de la maladie.

Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde

Voici les premiers signes qui permettent d'évoquer la maladie :

  • la personne est réveillée en fin de nuit par des douleurs articulaires et ressent, le matin, un engourdissement et une raideur de ces articulations pendant au moins 30 minutes ;
  • ces symptômes durent au moins depuis six semaines ;
  • les articulations douloureuses sont au moins au nombre de trois au niveau des poignets, des mains ou des doigts ;
  • les articulations douloureuses sont symétriques (les douleurs sont ressenties dans les mêmes articulations droite et gauche) ;
  • la pression des articulations des avant-pieds est douloureuse.

Si l'ensemble de ces symptômes est présent, une rhumatoïde peut être suspectée. Il est alors nécessaire de consulter son médecin traitant pour que le diagnostic soit posé le plus tôt possible.

Le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde

Le diagnostic de la rhumatoïde doit être aussi précoce que possible, car c'est au début de la maladie, avant l'apparition des atteintes articulaires importantes, que les traitements sont les plus efficaces.

Le médecin traitant ou le rhumatologue pratique un examen clinique complet et prescrit un bilan sanguin et radiologique. C'est un ensemble de critères cliniques, biologiques et radiologiques qui permettra de poser le diagnostic.

Le bilan sanguin en cas de suspicion de rhumatoïde

Il permet de détecter :

  • une inflammation avec une éventuelle anémie inflammatoire ;
  • le caractère auto-immun de la maladie : présence ou non du , des anticorps anti-peptides citrullés appelés anticorps anti CCP ou d'autres anticorps. Toutefois, la découverte du ne confirme pas à lui seul la présence d'une rhumatoïde.

Le bilan radiologique en cas de rhumatoïde

Il consiste à réaliser des radiographies, selon les cas, des mains, des poignets, des pieds, du thorax et de toute articulation douloureuse. Au tout début de la rhumatoïde, les radiographies sont normales. Puis, quand des anomalies osseuses et articulaires surviennent, ces examens radiologiques ont un double intérêt :

  • ils permettent de confirmer le diagnostic ;
  • ils servent de référence pour les examens radiologiques ultérieurs, afin de suivre l'évolution de la maladie.

D'autres examens sont parfois utiles :

  • IRM ;
  • échographie de certaines articulations mettant en évidence des lésions du cartilage ;
  • analyse du liquide articulaire après .

Le diagnostic repose sur un ensemble d'éléments anormaux de ces bilans.

Reconnaissance en affection de longue durée

La rhumatoïde peut être reconnue au titre d'une affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont alors pris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie.

L'évolution de la polyarthrite rhumatoïde

La rhumatoïde évolue par poussées. Chaque poussée finit par s'atténuer, pour laisser place à une période d'accalmie au cours de laquelle les symptômes sont moins intenses et peuvent même disparaître.

Progressivement, si la maladie n'est pas traitée, elle tend à toucher d'autres articulations après celles des mains, des doigts, des poignets et de l'avant pied : coude, épaule, hanche, genou...

Les articulations finissent par se déformer. Les doigts dévient sur le côté et se replient sur eux-mêmes (par exemple, le pouce se déforme en « Z »). Dans 90 % des cas, les pieds sont touchés (avant-pied plat puis arrondi, apparition de cors et de durillons...) et gênent la marche.

Les gestes de la vie quotidienne sont souvent plus difficiles à réaliser.

Un traitement commencé le plus tôt possible, et bien suivi, permet de ralentir et de contrôler l'évolution.

Cependant, la gravité de la rhumatoïde est variable d'une personne à l'autre.

Il existe des formes mineures qui n'entraînent ni handicap, ni déformation.

Certaines formes de rhumatoïde sont sévères :

  • les articulations touchées sont endommagées ;
  • des nodules rhumatoïdes (sortes de boules situées au niveau du coude ou à côté des articulations des doigts) apparaissent ;
  • un syndrome "sec" dit syndrome de Gougerot-Sjögren avec sécheresse de la bouche et sécheresse des yeux, est possible ;
  • et d'autres organes peuvent être touchés (cœur, poumons, yeux...)

Dans la plupart des cas, les formes sont intermédiaires. L'évolution est imprévisible au début de la maladie. Des bilans radiologiques répétés permettent de la préciser.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations sur la polyarthrite rhumatoïde évolutive grave. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 9 mai 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Polyarthrite rhumatoïde évolutive grave. Guide médecin. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 9 mai 2016]
  • Collège français des enseignants en rhumatologie. Polyarthrite rhumatoïde. Site internet : Campus de rhumatologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 9 mai 2016]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La polyarthrite rhumatoïde. Site internet : Inserm. Paris ; 2011 [consulté le 9 mai 2016]