Pollakiurie : consultation médicale et traitement

05 avril 2017
Quand vous consultez votre médecin pour une pollakiurie, il commence par vous interroger sur la fréquence de vos mictions et analyse vos urines grâce à une bandelette urinaire. Pour affiner son diagnostic, il demande si nécessaire des examens complémentaires (ex. : ECBU, échographie).

La consultation médicale en cas de pollakiurie

Avant de vous examiner, votre médecin traitant commence par vous interroger pour savoir :

  • combien d’heures s’écoulent entre deux mictions dans la journée ;
  • combien de fois vous vous levez la nuit pour uriner ;
  • si vous présentez d’autres symptômes (difficultés à émettre les urines, douleurs abdominales, besoins urgents, brûlures ou fuites urinaires) ;
  • si vous prenez ou avez pris des traitements médicamenteux.

Ensuite, le médecin analyse vos urines à l’aide d’une bandelette urinaire, pour y rechercher la présence de :

  • leucocytes (globules blancs), hématies (globules rouges) et , produits en cas d’infection urinaire;
  • protéines (signe d’une pathologie rénale) ;
  • sucre (symptôme d’un diabète).
L’analyse du calendrier mictionnel renseigne votre médecin sur vos troubles urinaires

Ce document permet par exemple de faire la différence entre deux pathologies nocturnes :

  • d’une part, une envie d’uriner trop fréquente dans la nuit avec émission d’urines de faible volume : c’est la pollakiurie nocturne ;
  • d’autre part, une envie d’uriner trop fréquente dans la nuit avec émission d'urines de volume important : c'est la polyurie nocturne. La polyurie nocturne correspond à une hausse du volume d'urine produit la nuit, par inversion du rythme habituel (normalement 2/3 des urines sont produites le jour et 1/3 la nuit). Cette affection survient notamment chez les personnes âgées.

Le calendrier sert aussi à évaluer la capacité vésicale. Si la première du matin est abondante, cela signifie que la vessie possède une capacité normale.

Les examens complémentaires en cas de pollakiurie

Selon les cas, votre médecin peut vous prescrire un ou plusieurs examens pour préciser le diagnostic.

Il sert à rechercher une éventuelle infection urinaire.

L'échographie pelvienne (concernant la partie inférieure du bassin), rénale et abdominale est réalisée en deux temps : tout d'abord après avoir demandé au patient de boire abondamment pour que la vessie soit pleine et ensuite après l'avoir invité à uriner complètement, pour mesurer le résidu éventuel d’urines dans la vessie.

Il s’agit d’une réalisée sous anesthésie locale. Pour l’effectuer, on utiliser un fibroscope (tube souple et fin équipé d’une mini–caméra) spécifique, appelé "cystoscope". Il est introduit dans l’urètre afin d’explorer l’intérieur de la vessie.

Cet examen consiste à uriner dans des toilettes spécifiques qui calculent le débit mictionnel, à savoir :

  • le volume des urines ;
  • la puissance du jet urinaire ;
  • la vitesse d’émission des urines.

Plus complet, il est prescrit si nécessaire après les premiers examens complémentaires. En plus d’une débimétrie, il comprend :

  • une cystomanométrie, qui enregistre la pression à l’intérieur de la vessie lorsqu’elle est vide, puis lors de son remplissage ;
  • une profilométrie urétrale, qui mesure les pressions dans l’urètre ;
  • éventuellement, une électromyographie, qui permet d’étudier l’activité du de l’urètre.

Les différents traitements possibles en cas de pollakiurie

Ils sont de plusieurs types.

Le traitement de la pollakiurie consiste avant tout à soigner sa cause :

Des mesures hygiéno–diététiques permettent aussi d’améliorer l’envie trop fréquente d’uriner (pollakiurie). Certaines d’entre elles peuvent en outre se révéler nécessaires :

  • rectifier ses comportements inadaptés et éviter les facteurs irritatifs : thé, café, alcool ;
  • modifier ses habitudes, son rythme de prise de boissons et la quantité absorbée quotidiennement.

La rééducation périnéo–sphinctérienne et le traitement comportemental

Ils servent à "réapprendre" le fonctionnement de la vessie, et à entraîner celle–ci pour réguler ou reprogrammer les mictions (ex. : retarder le besoin d’uriner). Cette démarche est très utile en cas de pollakiurie psychogène ou d’hyperactivité vésicale.

Les anticholinergiques

Les médicaments de cette famille (oxybutynine, chlorure de trospium, solifénacine, fésotérodine) sont utilisés surtout dans l’hyperactivité vésicale. Toutefois, ils peuvent engendrer des effets secondaires : constipation et sécheresse buccale essentiellement ; nausées; dyspepsie (gêne digestive après les repas) ; douleurs abdominales ; troubles oculaires (vision floue)...

Les injections de botulique (substance issue d’une bactérie)

Effectuées dans le muscle vésical, elles sont employées pour traiter l’hyperactivité de la vessie :

  • liée à une maladie neurologique (lésion de la moelle épinière, sclérose en plaques;
  • (d’origine inconnue) et n’ayant pas répondu aux autres traitements.

Ils sont indiqués en cas d’hyperactivité des muscles de la vessie invalidante, et ne répondant pas aux autres soins. Ils consistent à :

  • implanter un pace maker vésical (petit appareil envoyant des impulsions électriques pour réguler l’activité de la vessie) ;
  • agrandir la vessie, grâce à une technique nommée "entérocystoplastie d’agrandissement".
Sources
  • Collège Français des urologues. Troubles de la miction. Site internet : Université médicale virtuelle francophone (UMVF). Lille (France) ; 2014 [consulté le 23 septembre 2015]
  • Canadian Urological Association Journal – Journal de l’Association des urologues du Canada (CUAJ – JAUC). Anticholinergiques et hyperactivité vésicale. Site internet : US National Library of Medicine – National Institutes of Health. Bethesda (États–Unis) ; 2014 [consulté le 23 septembre 2015]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) – Amblard J, Jacquetin B. Syndromes urgences–pollakiurie, mictions impérieuses et instabilité vésicale. Site internet : CNGOF. Paris ; 2003 [consulté le 23 septembre 2015]
  • Rouprêt M, Audenet F. Pollakiurie. In : Encyclopédie médico–chirurgicale - AKOS (Traité de Médecine). Paris : Elsevier Masson ; 2012;7(4):1-3.
  • Association française d’urologie (AFU). Pollakiurie. Site internet : Association française d’urologie. Paris ; 2011 [consulté le 23 septembre 2015]
  • Caremel R, Grise P, Corcos J. Principes d'action et indications de la toxine botulique dans le traitement de l'hyperactivité vésicale chez l'adulte. In : Encyclopédie médico–chirurgicale. Urologie.Paris : Elsevier Masson ; 2013;6(3):1–11 [consulté le 23 septembre 2015]