Pollakiurie ou envie fréquente d'uriner : définition, symptômes et causes

19 mars 2018
La pollakiurie correspond au fait d’aller aux toilettes plus de 7 fois par journée et/ou plus d'une fois par nuit pour uriner en petite quantité. Ce phénomène s’accompagne parfois de fuites ou brûlures urinaires.

Comment savoir si l’envie d’uriner est trop fréquente ?

Qu'est-ce qu'une pollakiurie ?

La pollakiurie correspond à une envie fréquente d’uriner. Chaque est peu abondante (souvent moins de 100 ml, soit l’équivalent d’un petit verre d’eau). En revanche, le volume total des urines émises en 24 heures reste normal.

Ces symptômes peuvent se manifester le jour et/ou la nuit :

  • une personne présente une pollakiurie diurne lorsque ses mictions sont rapprochées, avec moins de 2 heures entre 2 passages aux toilettes au cours de la journée (plus de 7 mictions par journée) ;
  • en cas de pollakiurie nocturne, ou nycturie, le patient se relève plus d'une une fois par nuit pour aller uriner.

Dans les cas les plus sévères, la personne va uriner toutes les 15 à 20 minutes, et très peu à chaque fois.

L'envie fréquente d'uriner (pollakiurie) peut être associée à d’autres symptômes :

Qu’est-ce qu’une normale ?

En dehors de toute pathologie, le besoin d’uriner apparaît quand la pression dans la vessie augmente, parce que celle–ci se remplit d’urine. La est alors volontaire et indolore. Elle dure moins d’une minute, permet d’éliminer environ 350 ml d’urine (correspondant au contenu d’un bol de taille moyenne), et elle est complète (la vessie se vide entièrement). Enfin, elle se déroule le jour exclusivement, toutes les 3-4 heures. Toutefois, à partir de 60 ans, le fait de se lever une fois par nuit pour aller aux toilettes est considéré comme normal.

Il ne faut pas confondre "pollakiurie" et "polyurie"

La polyurie est un autre trouble urinaire occasionnant des symptômes différents :

  • le volume d’urine émis lors de chaque est normal (300–350 ml) ;
  • en revanche, la quantité émise par 24 heures est trop importante (> 3 litres).

Ce phénomène peut survenir par exemple :

  • en cas de diabète de type 1 (non équilibré par un traitement) ;
  • dans certaines maladies rénales chroniques ;
  • suite à la prise de médicaments diurétiques ;
  • lorsque la consommation de boissons est très importante, par exemple en cas de potomanie (besoin irrésistible de boire sans cesse) ;
  • chez les grands consommateurs de thé, de café et d'alcool (effet diurétique). En plus de leur effet diurétique, le thé, le café et l'alcool ont une action irritante au niveau vésical. Ainsi, ces boissons sont responsables d’une pollakiurie qui cesse lorsqu’on en consomme moins.

Les causes de la pollakiurie

L'envie d'uriner fréquemment en petites quantités (pollakiurie) a diverses causes.

Une maladie de l’un des organes de l’appareil urinaire peut être à l’origine de la pollakiurie.

Par exemple :

  • une cystite aiguë (cause fréquente de pollakiurie) ;
  • une pyélonéphrite ;
  • la présence d’un corps étranger (ex. : un calcul – agrégat de consistance pierreuse, formé de composants de l’urine comme le calcium – dans la vessie, ou dans un uretère – canal reliant le rein à la vessie), parfois à l’origine d’une colique néphrétique ;
  • une petite vessie constitutionnelle (la personne présente une vessie de petite taille) ;
  • un cancer de la vessie, ou une réduction de la capacité de celle–ci suite au traitement d’un cancer par ablation partielle, chimiothérapie endovésicale (à l’intérieur de la vessie) ou radiothérapie pelvienne (de la partie inférieure du bassin) ;
  • un dysfonctionnement lié à une atteinte du système nerveux ou "vessie neurologique", dû par exemple à une sclérose en plaques, une maladie de Parkinson ou un accident vasculaire cérébral.

Une envie d’uriner trop fréquente est parfois le signe d’une hyperactivité de la vessie

L’hyperactivité vésicale résulte d’une contraction anormale du muscle de la vessie, dont la cause n’est pas identifiée. Fréquente après 40 ans, surtout chez la femme, elle provoque d’importantes répercussions psychologiques et sur les activités quotidiennes.

Outre la pollakiurie, cette pathologie engendre d’autres symptômes tels que des mictions impérieuses, ou parfois une incontinence urinaire.

Chez l’homme, la pollakiurie peut être due à différents troubles de la prostate :

L'envie fréquente d'uriner est parfois liée à une pathologie touchant cette partie de l’appareil urinaire :

  • un rétrécissement de l’urètre : dû à une infection, une tumeur bénigne ou maligne… ;
  • un calcul enclavé dans l’urètre (bloqué).

La pollakiurie peut être liée à une maladie touchant un organe voisin de la vessie :

  • un prolapsus génital ;
  • une sigmoïdite (inflammation de la dernière partie du colon) ;
  • une péritonite (infection du ) ;
  • une salpingite ;
  • une tumeur pelvienne ;
  • une vaginite.

Les pollakiuries dites "psychogènes" surviennent dans certaines circonstances :

  • émotion provoquant un besoin d’uriner (en journée seulement) ;
  • fait d’aller aux toilettes par précaution ou "pollakiurie réflexe", par peur des fuites chez les personnes souffrant d’incontinence urinaire, ou lorsque les WC vont être moins faciles d’accès (avant une réunion, de partir de chez soi, etc.) ;
  • troubles anxieux.
Grossesse : une envie d'uriner fréquemment qui disparaît après l'accouchement

La pollakiurie est très fréquente chez la femme enceinte et peut survenir dès le début de la grossesse. Elle est due aux changements hormonaux et à la pression de l’utérus sur la vessie et elle cesse après l'accouchement.

Durant la grossesse :

  • une envie d’uriner trop fréquente dans la journée touche 59 % des futures mamans au cours du 1er trimestre, 61 % pendant le 2e et 81 % en fin de grossesse ;
  • une envie d’uriner trop fréquente dans la nuit concerne 66 % des futures mamans au cours du 3e trimestre.
Sources
  • Collège français des urologues. Troubles de la miction de l'adulte et du sujet âgé. Site internet : UroFrance (Paris) ; 2014 [consulté le 9 mars 2018]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) – Amblard J, Jacquetin B. Syndromes urgences–pollakiurie, mictions impérieuses et instabilité vésicale. Site internet : CNGOF. Paris ; 2003 [consulté le 13 mars 2018]
  • Rouprêt M, Audenet F. Pollakiurie. In : Encyclopédie médico–chirurgicale – AKOS (Traité de Médecine). Paris : Elsevier Masson ; 2012;7(4):1-3.
  • Felber M, Rouprêt M. Pollakiurie. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2017:1-2 [Article 1-0900]