La prévention spécifique

20 juin 2017
Outre les mesures pour éviter les piqûres, la prévention du paludisme passe par la prise de médicaments avant, pendant et après le séjour. La filariose lymphatique fait aussi l’objet d’un traitement préventif. La vaccination contre la fièvre jaune et l’encéphalite japonaise est aussi recommandée.

La chimioprophylaxie pour prévenir le paludisme

Vous allez séjourner dans une région où le paludisme est présent en permanence (zone endémique) ? Votre médecin traitant vous propose un traitement médicamenteux préventif (chimioprophylaxie). Vous devez le prendre obligatoirement en association avec des mesures pour vous protéger des piqûres.

Le choix d’un produit préventif tient compte :

  • des zones de séjour selon les résistances aux médicaments (ou antipaludiques) ;
  • des zones géographiques de faible à forte transmission ;
  • des conditions, de la durée et de la période de séjour ;
  • de l’âge, du poids et de l’état de santé du voyageur ;
  • d’une possible interaction avec d’autres médicaments ;
  • d’une précédente intolérance à un antipaludique ;
  • d’une grossesse (en cours ou envisagée) ;
  • des possibilités d’observance du traitement, en fonction des modalités de prise ;
  • des capacités financières du voyageur.

Les médicaments assurant la prévention :

  • chloroquine : la prise est à débuter le jour de l’arrivée dans la zone à risque, et à continuer 4 semaines après avoir quitté la zone d’endémie ;
  • association chloroquine et proguanil : la prise est à débuter le jour de l’arrivée dans la zone à risque, et à poursuivre 4 semaines après avoir quitté la zone d’endémie ;
  • association atovaquone et proguanil : la prise est à débuter la veille ou le jour du départ dans la zone à risque, et à poursuivre 1 semaine après avoir quitté la zone d’endémie ;
  • méfloquine : la prise est à débuter au moins 10 jours avant l’arrivée dans la zone à risque pour apprécier la tolérance du médicament, et à continuer 3 semaines après avoir quitté la zone d’endémie ;
  • doxycycline : la prise est à débuter le jour de l’arrivée dans la zone à risque, et à poursuivre 4 semaines après avoir quitté la zone d’endémie.
Prendre un traitement antipaludique préventif

Pour suivre un traitement antipaludique préventif :

  • ne décidez pas seul des substances à prendre, mais adressez-vous à votre médecin traitant ;
  • n’achetez pas les antipaludiques à l’étranger en raison du grand nombre de contrefaçons ;
  • respectez la posologie et la durée du traitement, même si vous n’êtes pas malade en rentrant de voyage. En effet, selon la molécule prescrite, le parasite peut encore se manifester 1 à 4 semaines après votre retour ;
  • si les médicaments présentent des effets secondaires gênants, n’interrompez pas les prises de vous-même. Consultez un médecin, qui vous proposera éventuellement un autre produit.

Filariose lymphatique : une prévention à grande échelle

Dans les zones où des cas de filariose lymphatique sont recensés, un traitement de chimioprévention est prescrit à toute la population. Associant deux anti-parasitaires, il se prend une fois par an, en dose unique. En supprimant les microfilaires, il réduit la transmission de la maladie aux moustiques et sa propagation.

Se faire vacciner contre la fièvre jaune et l’encéphalite japonaise

Ce sont les 2 seules maladies virales transmises par les moustiques pour lesquelles il existe des vaccins, assurant une en cas de contamination.

La fièvre jaune est une infection due à un virus transmis par des moustiques. Elle entraîne une fièvre et peut se compliquer d'hémorragies. Le virus en cause est présent dans les régions tropicales d'Afrique et d'Amérique du Sud.
On ne sait pas soigner cette maladie qui guérit dans la majorité des cas. Mais elle est responsable de décès dans 7 à 8 % des cas.

La vaccination est la mesure préventive la plus efficace contre cette maladie.

Obligatoire pour les résidents de Guyane française, elle est également indispensable pour tout séjour en zone endémique (régions intertropicales d’Afrique et d’Amérique du Sud), même en l’absence d’obligation administrative. L’injection doit être réalisée au moins 10 jours avant le départ.

Le vaccin utilisé, dit "amaril", est disponible seulement dans les centres de vaccination antiamarile. Produit à partir du virus vivant atténué, le vaccin stimule le . Ainsi, l'organisme pourra se défendre en cas d’infection par le virus actif. Toutefois, l’emploi de ce produit est contre–indiqué :

  • avant l’âge de 9 mois (sauf en cas d’épidémie, une injection pouvant alors être réalisée entre 6 et 9 mois) ;
  • chez la femme enceinte (sauf si le risque d’infection est très élevé) ;
  • pendant les 6 premiers mois d’allaitement (sinon, celui–ci doit être interrompu pendant 2 semaines après la vaccination) ;
  • chez les personnes immunodéprimées (sauf cas particuliers).

La vaccination protège à vie. En cas de voyage en zone endémique, un rappel peut cependant être nécessaire :

  • pour les enfants vaccinés avant l'âge de 2 ans,
  • pour les femmes primo-vaccinées pendant la grossesse,
  • pour certaines personnes vaccinées en phase d' ,
  • pour les personnes vaccinées depuis plus de 10 ans et voyageant dans un pays où sévit une épidémie.

Le don de sang doit être suspendu pendant 4 semaines après la vaccination.

Lorsque la vaccination ne peut pas être réalisée, les voyages en zone endémique sont formellement déconseillés.

Consultez la liste des centres de vaccination antiamarile sur le site du ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes

Il est recommandé de la pratiquer avec le vaccin Ixiaro®, contenant un virus inactivé (sans pouvoir infectieux, mais capable de stimuler les défenses immunitaires). Ce vaccin est aussi disponible dans les centres de vaccination antiamarile uniquement.

La vaccination est conseillée pour les voyageurs âgés de plus de 2 mois, qui vont dans une zone à risque (Australie, Asie, Océanie...) dans les circonstances suivantes :

  • un séjour (même court) impliquant de nombreuses activités d’extérieur dans une région endémique, en particulier rurale ;
  • une expatriation dans un pays situé dans la zone de circulation du virus ;
  • toute autre situation jugée à risque par le médecin vaccinateur.

Pour les enfants de plus de 3 ans, adolescents et adultes, deux injections sont réalisées à 28 jours d’intervalle et un rappel est effectué 12 à 24 mois après la deuxième injection.

Un schéma vaccinal identique mais avec des doses moindres de vaccin est préconisé pour les enfants âgés de 2 mois à 3 ans, mais le rappel n’est recommandé  que s'il y a réexposition potentielle au virus ou risque continu permanent d'infection.

Le schéma vaccinal complet doit être obligatoirement fait avec le même vaccin.

Sources
  • Recommandations sanitaires pour les voyageurs,  BEH Hors-série, 6 juin 2017. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2017 [consulté le 19 juin 2017]
  • Ministère des Solidarités et de la Santé. Moustiques vecteurs de maladie. Site internet : Ministère des Solidarités et de la Santé. Paris ; 2017 [consulté le 16 Juin 2017]