La prévention commune à toutes les maladies transmises par les moustiques

20 juin 2017
Pour se protéger des virus et parasites inoculés par les moustiques, des mesures collectives sont indispensables : protection des points d’eau stagnante pouvant abriter des larves, démoustication par insecticide. Par ailleurs, une surveillance sanitaire de ces infections est mise en place.

La lutte contre les moustiques au niveau collectif

Afin d’éviter la transmission des virus ou parasites (dengue, chikungunya, paludisme etc.) par les moustiques, il est essentiel d’agir contre les insectes potentiellement vecteurs de maladies (et leurs larves). On parle de "lutte anti-vectorielle".

Aucune mesure isolée n’est efficace à 100 % : c’est la somme d’actions individuelles et collectives qui réduit la circulation des moustiques infectés et le nombre d’infections.

Dans les départements où le moustique Tigre est présent, un arrêté préfectoral définit chaque année les actions à mener dans les zones concernées :

  • une structure de veille sanitaire recueille les signalements des cas (suspects ou confirmés) de dengue et de chikungunya, effectués sans délai par les médecins et les responsables de laboratoires de biologie médicale ;
  • une enquête entomologique (concernant les insectes) est réalisée autour de chaque cas humain recensé ;
  • des opérations de démoustication (traitements insecticides) peuvent être réalisées autour des habitations des malades et des établissements de santé.

Au quotidien, pour diminuer le nombre de moustiques, la méthode la plus efficace consiste à supprimer les accumulations d’eau stagnante pouvant abriter des larves (gîtes larvaires) :

  • dans les jardins, supprimez ou videz régulièrement les petits récipients (vases, soucoupes des pots de fleurs) ou remplissez-les de sable humide. Retournez aussi les arrosoirs ;
  • rangez à l’abri des averses tous les objets pouvant contenir de l’eau (pneus, bâches plastique, jeux d'enfants) ;
  • veillez à la bonne évacuation de la pluie (par exemple, en prévoyant une pente suffisante pour qu’elle ne stagne pas dans les gouttières). Couvrez également les bidons de récupération d’eau d’une moustiquaire ou d’un tissu fin, pour les rendre inaccessibles.
Restez vigilant !

Vous pensez avoir vu un moustique tigre (rayures noires et blanches présentes sur le corps et sur les pattes) dans votre commune jusque-là épargnée ? Vous pouvez le signaler sur le portail de signalement du moustique tigre et contribuer ainsi à la surveillance de l’implantation de cet insecte.

Dans les zones endémiques (où les maladies dues aux moustiques sont présentes en permanence), la lutte contre les insectes vecteurs est constante. Elle mobilise les communautés locales et se concentre sur plusieurs points :

  • éviter que les moustiques n’aient accès aux gîtes larvaires grâce à plusieurs mesures :
    • réduction du nombre des réservoirs d’eau naturels et artificiels,
    • couverture, nettoyage hebdomadaire voire épandage d’insecticides adaptés sur les conteneurs extérieurs servant à conserver l’eau domestique,
    • élimination correcte des déchets solides ;
  • protéger les foyers des habitants par l’usage d’insecticides à effet durable (l’épandage et la pulvérisation de produits étant aussi prévus en cas d’urgence épidémique) ;
  • inciter les personnes à se protéger individuellement ;
  • contrôler et surveiller les insectes pour déterminer l’efficacité des interventions menées ;
  • pour le virus du Nil occidental, réduire le risque de transmission animal-homme par le port de vêtements de protection (ex. : gants) :
    • lorsqu’on s’occupe d’animaux malades,
    • quand on manipule leurs tissus,
    • pendant les opérations d’abattage ;
  • lors des épidémies urbaines de fièvre jaune, pulvériser des insecticides pour tuer les moustiques adultes et vacciner les populations en urgence.

Les moyens individuels pour éviter d’être piqué

Ils s’adressent :

  • aux personnes se rendant en zone endémique (ou qui en reviennent et présentent des symptômes de maladies transmises par les moustiques) ;
  • aux personnes résidant dans ces régions.

Si vous êtes concerné :

  • Privilégiez le port de vêtements amples et couvrants (manches et pantalons longs, chaussures fermées).
  • Limitez, si possible, les activités d’extérieur aux moments où les moustiques sont les plus actifs.
  • Utilisez des répulsifs cutanés sur les parties du corps dénudées pour vous protéger dans la journée ou en soirée. Leur durée de protection varie selon leur concentration en substances actives. Les applications doivent être renouvelées plus souvent en cas de transpiration, de bain ou de douche. Évitez tout contact du produit avec les yeux ou la bouche (risque de toxicité), et dans tous les cas, lisez attentivement la notice. Par ailleurs, pour vous protéger à la fois du soleil et des moustiques, appliquez d’abord une crème solaire. Puis laissez-la pénétrer, de préférence durant 20 minutes, avant d’appliquer le répulsif cutané.
  • Imprégnez d’insecticide (perméthrine ou association deltaméthrine+transtétraméthrine) les toiles de tentes, les tissus et vêtements par application au moyen d’un spray ou par trempage.
  • Équipez lits et berceaux de moustiquaires imprégnées d’insecticide, en pensant à vérifier leur état au préalable (ni trou, ni déchirure). Vous en trouverez dans les pharmacies ou les magasins spécialisés, où l’on vend des kits d’insecticide à base de perméthrine. Ces produits servent à imbiber soi-même les moustiquaires, par trempage. Leur durée d’action est de 1 à 3 mois (en général, l’insecticide ne résiste pas à plus de 3 lavages). Vous pouvez aussi vous procurer des moustiquaires déjà imprégnées d’un insecticide efficace plus longtemps, y compris après plusieurs lavages successifs.
  • Évitez de sortir la nuit sans protection anti-moustiques (même un court instant), et a fortiori de dormir à la belle étoile sans moustiquaire recouverte d’insecticide. Ce conseil vaut particulièrement pour les zones où sévissent des moustiques qui piquent la nuit.
  • Utilisez éventuellement, en complément, des insecticides en bombes, des insecticides en diffuseur électrique ou des raquettes électriques, à l’intérieur des habitations. L’usage de la climatisation réduit également les risques de piqûres. Employez éventuellement des spirales anti-moustiques ou "serpentins fumigènes" à l’extérieur ou dans les vérandas. Ces usages ne sont que de mesures d'appoint ne dispensant de la protection par insecticides sur les vêtements et moustiquaires ainsi que de la protection par répulsifs cutanés.

À l’inverse, il est fortement déconseillé d’utiliser certains objets ou produits, insuffisamment efficaces :

  • appareils à ;
  • rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide ;
  • bracelets contre les moustiques et les tiques ;
  • huiles essentielles (efficacité généralement inférieure à 20 minutes) ;
  • vitamine B1 ;
  • homéopathie.
Sources
  • Recommandations sanitaires pour les voyageurs,  BEH Hors-série, 6 juin 2017. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2017 [consulté le 19 juin 2017]
  • Ministère des Solidarités et de la Santé. Moustiques vecteurs de maladie. Site internet : Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. Paris ; 2017 [consulté le 19 juin 2017]
  • Santé publique France. Maladies transmises par les moustiques. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2015 [consulté le 20 juin 2017]