La prévention spécifique des maladies transmises par les moustiques

22 novembre 2019
Outre les mesures pour éviter les piqûres, la prévention du paludisme passe par la prise de médicaments avant, pendant et après le séjour. La vaccination contre la fièvre jaune et l’encéphalite japonaise est recommandée. La filariose lymphatique fait l’objet d’un traitement préventif étendu à la population.

La chimioprophylaxie pour prévenir le paludisme

Le choix du ou des médicaments à utiliser pour prévenir le paludisme

Vous allez séjourner dans une région où le paludisme est présent en permanence (zone endémique) ? Votre médecin traitant vous propose un traitement médicamenteux préventif (chimioprophylaxie). Vous devez le prendre obligatoirement en association avec des mesures pour vous protéger des piqûres.

Le choix d’un produit préventif tient compte :

  • des zones de séjour selon les résistances aux médicaments (ou antipaludiques) ;
  • des zones géographiques de faible à forte transmission ;
  • des conditions, de la durée et de la période de séjour ;
  • de l’âge, du poids et de l’état de santé du voyageur ;
  • d’une possible interaction avec d’autres médicaments ;
  • d’une précédente intolérance à un antipaludique ;
  • d’une grossesse (en cours ou envisagée) ;
  • des possibilités d’observance du traitement, en fonction des modalités de prise ;
  • des capacités financières du voyageur.

Les médicaments assurant la prévention du paludisme

Ce sont :

  • la chloroquine : la prise est à débuter le jour de l’arrivée dans la zone à risque, et à continuer 4 semaines après avoir quitté la zone d’endémie ;
  • l'association chloroquine et proguanil : la prise est à débuter le jour de l’arrivée dans la zone à risque, et à poursuivre 4 semaines après avoir quitté la zone d’endémie ;
  • l'association atovaquone et proguanil : la prise est à débuter la veille ou le jour du départ dans la zone à risque, et à poursuivre 1 semaine après avoir quitté la zone d’endémie ;
  • la méfloquine : la prise est à débuter au moins 10 jours avant l’arrivée dans la zone à risque pour apprécier la tolérance du médicament, et à continuer 3 semaines après avoir quitté la zone d’endémie ;
  • la doxycycline : la prise est à débuter le jour de l’arrivée dans la zone à risque, et à poursuivre 4 semaines après avoir quitté la zone d’endémie.

Un traitement antipaludique préventif bien suivi

Pour suivre un traitement antipaludique préventif :

  • ne décidez pas seul des substances à prendre, mais adressez-vous à votre médecin traitant qui vous fera une prescription sur ordonnance ;
  • n’achetez pas les antipaludiques sur internet ou à l’étranger en raison du grand nombre de contrefaçons ;
  • respectez la posologie et la durée du traitement, même si vous n’êtes pas malade en rentrant de voyage. En effet, selon la prescrite, le parasite peut encore se manifester 1 à 4 semaines après votre retour ;
  • si les médicaments présentent des effets secondaires gênants, n’interrompez pas les prises de vous-même. Consultez un médecin, qui vous proposera éventuellement un autre produit.

Attention aux méthodes inefficaces de prévention du paludisme

Les tisanes, gélules ou autres préparations dérivées de la plante entière Artemisia annua n'ont pas fait la preuve de leur efficacité et leur innocuité n'est pas établie. Leur usage est fortement déconseillé.

En revanche, les spécialités pharmaceutiques à base de dérivés synthétiques d'artémise ont une autorisation européenne et peuvent être utilisées  dans la prévention ou le traitement du paludisme.

    Se faire vacciner contre la fièvre jaune et l’encéphalite japonaise

    La fièvre jaune et l' japonaise sont les 2 seules maladies virales transmises par les moustiques pour lesquelles il existe des vaccins, assurant une en cas de contamination.

    Vaccination contre la fièvre jaune

    La fièvre jaune est une infection due à un virus transmis par des moustiques. Elle entraîne une fièvre et peut se compliquer d'hémorragies. Le virus en cause est présent dans les régions tropicales d'Afrique et d'Amérique du Sud.
    On ne sait pas soigner cette maladie qui guérit dans la majorité des cas. Mais elle est responsable de décès dans 7 à 8 % des cas.

    La vaccination est la mesure préventive la plus efficace contre cette maladie.

    Obligatoire pour les résidents de Guyane française, elle est également indispensable pour tout séjour en zone endémique (régions intertropicales d’Afrique et d’Amérique du Sud), même en l’absence d’obligation administrative. L’injection doit être réalisée au moins 10 jours avant le départ.

    Le vaccin utilisé, dit "amaril", est disponible seulement dans les centres de vaccination antiamarile. Produit à partir du virus vivant atténué, le vaccin est contre–indiqué :

    • avant l’âge de 9 mois (sauf en cas d’épidémie, une injection pouvant alors être réalisée entre 6 et 9 mois) ;
    • chez la femme enceinte (sauf si le risque d’infection est très élevé) ;
    • pendant les 6 premiers mois d’allaitement (sinon, celui–ci doit être interrompu pendant 2 semaines après la vaccination) ;
    • chez les personnes immunodéprimées (sauf cas particuliers).

    La vaccination protège à vie. En cas de voyage en zone endémique, un rappel peut cependant être nécessaire :

    • à partir de l'âge de 6 ans pour les personnes vaccinées avant l'âge de 2 ans,
    • si la vaccination date de plus de 10 ans, pour :
      • les femmes primo-vaccinées pendant la grossesse,
      • certaines personnes vaccinées en phase d' ,
      • les personnes vaccinées et voyageant dans un pays où sévit une épidémie.

    Le don de sang doit être suspendu pendant 4 semaines après la vaccination.

    Lorsque la vaccination contre la fièvre jaune ne peut pas être réalisée, les voyages en zone endémique sont formellement déconseillés.

    Consultez la page Centres habilités à vacciner contre la fièvre jaune sur le site du ministère des solidarités et de la santé.

    Vaccination contre l’encéphalite japonaise

    Il est recommandé de la pratiquer la vaccination contre l' japonaise avec le vaccin Ixiaro®, contenant un virus inactivé (sans pouvoir infectieux, mais capable de stimuler les défenses immunitaires). Ce vaccin est aussi disponible dans les centres de vaccination antiamarileuniquement.

    La vaccination contre l' japonaise est conseillée pour les voyageurs âgés de plus de 2 mois, qui vont dans une zone à risque (Australie, Asie, Océanie...) dans les circonstances suivantes :

    • un séjour (même court) impliquant de nombreuses activités d’extérieur dans une région endémique, en particulier rurale ;
    • une expatriation dans un pays situé dans la zone de circulation du virus ;
    • toute autre situation jugée à risque par le médecin vaccinateur.

    Pour les personnes de 3 ans à 65 ans, deux injections sont réalisées à 28 jours d’intervalle et un rappel est effectué 12 à 24 mois après la deuxième injection. Pour les adultes, une deuxième dose de rappel est à envisager 10 ans plus tard en cas de nouvelle exposition au virus.

    Un schéma vaccinal identique mais avec des doses moindres de vaccin est préconisé pour les enfants âgés de 2 mois à 3 ans.

    Après 65 ans, le schéma vaccinal est identique, mais le rappel à 12 mois est avancé en cas d'exposition au virus en raison d'une réponse immunitaire plus faible à cet âge.

    Le schéma vaccinal complet doit être obligatoirement fait avec le même vaccin.

    Filariose lymphatique : une prévention à grande échelle

    Dans les zones où des cas de filariose lymphatique sont recensés, un traitement de chimioprévention est prescrit à toute la population.

    Associant deux anti-parasitaires, il se prend une fois par an, en dose unique. En supprimant les microfilaires, il réduit la transmission de la filariose aux moustiques et sa propagation.

    • Recommandations sanitaires pour les voyageurs. BEH Hors-série, 21 mai 2019. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2019 [consulté le 24 juin 2019]
    • Ministère des solidarités et de la santé. Moustiques vecteurs de maladie. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2019 [consulté le 24 juin 2019]
    • Santé publique France. Maladies transmises par les moustiques. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2015 [consulté le 24 juin 2019]