Les maladies virales transmises par les moustiques

14 novembre 2019
Dans de nombreuses régions du monde, des moustiques peuvent inoculer à l’homme des virus responsables d'infections parfois sévères (chikungunya, dengue, maladie à virus Zika, fièvre jaune, encéphalite japonaise, fièvre du Nil occidental). Le traitement vise à soulager les symptômes.

Le chikungunya

Cette maladie est transmise par des moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus. Ce dernier est appelé couramment moustique tigre car il présente des rayures noires et blanches sur le corps et sur les pattes. Les deux espèces piquent plutôt le jour et peuvent également inoculer d'autres virus (par exemple, celui de la dengue).

Le chikungunya est présent de façon permanente (ou endémique) en Afrique, en Asie et dans le sous-continent indien.

Le chikungunya se manifeste 2 à 12 jours après la piqûre par un moustique infecté. Les symptômes de la maladie peuvent être variés (ils se révèlent parfois similaires à ceux de la dengue) :

  • fièvre élevée, d’apparition brutale ;
  • courbatures et douleurs articulaires (arthralgies) souvent invalidantes, obligeant la personne à se tenir voûtée (d’où le nom de "chikungunya", qui signifie "homme courbé" dans la langue africaine makondée) ;
  • maux de tête, nausées, fatigue et éruption cutanée (au niveau du tronc et des membres).

Dans certains cas, les symptômes restent légers et l'infection passe inaperçue.

Les douleurs aux articulations disparaissent généralement au bout de quelques jours à quelques semaines, et le rétablissement est complet. Parfois, les arthralgies persistent plusieurs mois à plusieurs années, les complications graves demeurant rares.

Le diagnostic du chikungunya repose sur des tests sanguins sérologiques (étude du sérum, l’un des composants du sang) et la recherche du virus dans le sang.

Actuellement, il n'existe pas de médicament permettant de guérir la maladie. Le traitement a surtout pour but d'atténuer les symptômes, notamment les douleurs articulaires (prise d’antipyrétiques et d’antalgiques, bonne hydratation).

La dengue

Cette maladie est transmise par des moustiques femelles infectés, de type Aedes aegypti, et plus rarement Aedes albopictus. Ils piquent également plutôt le jour

La dengue est présente dans toutes les régions tropicales et subtropicales, en particulier dans les zones urbanisées. Elle s’est propagée rapidement dans le monde (Amériques, Chine, Japon) et notamment en Europe, y compris en France.

Les premiers symptômes de la dengue apparaissent 4 à 10 jours après la contamination par un moustique porteur du virus :

  • forte fièvre (40 °C) accompagnée de maux de tête intenses ;
  • douleurs rétro-orbitaires (derrière les yeux), musculaires voire articulaires ;
  • nausées et vomissements ;
  • adénopathie (augmentation du volume des ganglions) ;
  • éruption cutanée.

Les symptômes persistent en général 2 à 7 jours.

Chez les personnes fragiles essentiellement, une complication rare est possible : la dengue sévère, dite "hémorragique". Les signes d’alerte surviennent 3 à 7 jours après les premiers symptômes de la maladie :

  • baisse de la température (sous 38 °C) ;
  • douleurs abdominales marquées et vomissements persistants avec présence de sang ;
  • saignements des gencives ;
  • respiration rapide ;
  • fatigue, agitation.

Pour identifier la dengue, des analyses sanguines sont réalisées. Elles permettent soit d’isoler le virus dans le sang, soit d’identifier les anticorps fabriqués par l’organisme (qui lutte contre l’infection).

Par ailleurs, il n’existe pas encore de médicament contre la dengue : le traitement soigne seulement les symptômes. En outre, la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et d’aspirine est contre-indiquée (risque d’hémorragie dans les formes sévères de la maladie).

Présence du moustique Tigre en France

Le moustique Tigre (Aedes albopictus) est présent en France métropolitaine depuis 2004. À partir de cette date, cet insecte s’est développé de manière significative d'abord dans les départements du Sud de la France.

Fin 2018, le moustique Tigre est implanté dans 51 départements et particulièrement dans les villes.

Ce phénomène expose au risque de transmission autochtone (locale) des virus du chikungunya et de la dengue.

Consultez la carte de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine sur le site solidarites-sante.gouv.fr.

La maladie à virus Zika

Le virus Zika est transmis à l'homme par l’intermédiaire d’une piqure de moustique Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus. Il se transmet également entre les personnes par voie sexuelle.

Les symptômes de la maladie à virus Zika apparaissent 3 à 12 jours après la piqûre de moustique et se manifestent de la manière suivante :

  • syndrome grippal (fièvre, maux de tête, courbatures) ;
  • conjonctivite avec douleurs oculaires et yeux rouges ;
  • œdème des mains et des pieds ;
  • éruption cutanée.

Dans une très grande majorité des cas, la maladie provoque peu de symptômes et guérit en 2 à 7 jours.

Le traitement par paracétamol soulage les symptômes (fièvre, douleurs...) Il est important de bien boire pour assurer une bonne hydratation. La prise d'anti-inflammatoires et d'aspirine est contre-indiquée.

Des complications neurologiques sont possibles chez les malades.

Des malformations congénitales touchant essentiellement le système nerveux ont été observées chez des nouveau-nés dont la mère a été contaminée par le virus Zika au cours de la grossesse.

Le lien de causalité entre infection à virus Zyka lors de la grossesse et survenue de malformations congénitales du système nerveux (microcéphalie) a été établi.

Malgré la fin d'épidémie de virus Zyka, des conseils de prévention sont maintenus car il n'existe pas de traitement spécifique ni de vaccin.

Vous êtes enceinte et vous souhaitez vous rendre dans un pays où cirule le virus

  • Si le risque d'infection est élevé (zone avec des cas nombreux déclarés), reportez votre voyage si possible.
  • Si le risque d'infection est faible (zone avec des cas peu nombreux de maladie à virus Zyka ou épidémie achevée depuis au moins 12 mois) :
    • reportez votre voyage si vous le pouvez ;
    • consultez un médecin pour une information adaptée ;
    • suivez les conseils des autorités locales ;
    • adoptez les mesures de protection individuelle contre les moustiques ;
    • n'ayez pas de relations sexuelles sans protection (préservatif) pendant la durée de votre grossesse ;
    • si vous avez des symptômes évocateurs de maladie à virus Zyka lors de votre séjour, consultez immédiatement ;
    • pratiquez un dépistage du virus Zyka, par prise de sang, quatre semaines après votre retour, et, si vous présentez des symptômes de maladie, signalez-le immédiatement à votre médecin.

Vous avez un projet de grossesse et vous souhaitez vous rendre dans un pays où cirule le virus

  • reportez votre projet de grossesse après votre retour de voyage ;
  • consultez un médecin pour une information adaptée ;
  • suivez les conseils des autorités locales ;
  • adoptez les mesures de protection individuelle contre les moustiques ;
  • n'ayez pas de relations sexuelles sans protection (préservatif) pendant la durée de votre grossesse ;
  • si vous avez des symptômes évocateurs de maladie à virus Zyka lors de votre séjour, consultez immédiatement ;
  • pratiquez un dépistage du virus Zyka, par prise de sang, quatre semaines après votre retour ;
  • reportez votre projet de grossesse jusqu'à ce que vous soyez sûre que votre partenaire n'est pas infecté.

Pour en savoir plus sur la maladie à virus Zika et obtenir les dernières informations, consulter la page Maladie à virus Zika sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé.

La fièvre jaune

La fièvre jaune est un maladie hémorragique aiguë, due au virus amaril. Celui-ci circule via des moustiques Aedes et Haemogogus infectés qui le transmettent aux singes et à l’homme. Les régions endémiques sont situées en Afrique et en Amérique latine. Dans le monde, environ 900 millions de personnes sont exposées en permanence au risque de fièvre jaune.

La période d’incubation de la fièvre jaune est de 3 à 6 jours. Elle est suivie par l’apparition de symptômes :

  • fièvre ;
  • douleurs musculaires ;
  • maux de tête ;
  • frissons ;
  • perte d’appétit ;
  • nausées voire vomissements.

L’état de la plupart des patients s’améliore ensuite, les signes disparaissant en 3 à 4 jours.

Toutefois, chez 15 % des malades, la guérison n’est qu’apparente, et une deuxième phase plus sévère apparaît 24 heures plus tard. Le patient présente alors rapidement :

  • une fièvre élevée ;
  • une jaunisse (ou "ictère") ;
  • des douleurs abdominales, accompagnées de vomissements parfois sanglants ;
  • des saignements au niveau de la bouche, du nez, des yeux ;
  • une détérioration du fonctionnement des reins.

Pour les malades présentant cette phase, dite "toxique"de la fièvre jaune, il existe un risque de décès.

Pour confirmer la présence de la fièvre jaune, des tests sanguins sont réalisés. Ils permettent de détecter les anticorps antiamarils, produits en réponse à l’infection.

Il n’existe pas encore de médicament spécifique contre cette infection. Le traitement prescrit aide à lutter contre la déshydratation, l'insuffisance respiratoire et la fièvre.

L’encéphalite japonaise

L' japonaise est provoquée par un virus transmis via des moustiques du genre Culex qui piquent surtout la nuit. Présente en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental, elle touche principalement les enfants. La plupart des adultes des pays d’endémie sont naturellement immunisés, après avoir été en contact avec l’infection dans leur jeune âge.

La plupart des infections par le virus de l’encéphalite japonaise sont bénignes (sans symptômes apparents, ou avec de la fièvre et des céphalées). Toutefois, dans environ 1 cas sur 250, la maladie est très sévère, avec l’apparition brutale des signes suivants :

  • raideur de la nuque ;
  • désorientation ;
  • convulsions ;
  • paralysies pouvant entraîner le décès.

Des séquelles neurologiques ou psychiatriques sont également possibles.

Pour confirmer l' japonaise et exclure d’autres causes d’encéphalite, des analyses biologiques sont réalisées, de préférence, sur le obtenu par lombaire, ou sur le sérum sanguin.

Il n’y a pas de traitement antiviral particulier à cette maladie. Les médicaments prescrits soulagent les symptômes du patient et stabilisent son état.

La fièvre du Nil occidental (virus West Nile)

Le virus du Nil occidental  (West Nile Virus) peut causer une maladie neurologique chez l’homme. L’infection résulte le plus souvent de piqûres de moustiques infectés du genre Culex qui piquent surtout la nuit. Ces moustiques se contaminent en piquant des oiseaux infectés. Ensuite, ils piquent des êtres humains ou d’autres animaux (cheval ou autres mammifères), et peuvent leur inoculer le virus.

Ces insectes se trouvent couramment en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord, au Canada, au Venezuela et en Asie occidentale. Certaines espèces de moustiques présentes en France peuvent également être vectrices du virus West Nile (du Nil occidental).

En 2018, 25 cas d’infection humaine autochtone à virus West Nile ont été identifiés par le dispositif de surveillance sur le pourtour méditerranéen français.

La durée d’incubation de la fièvre du Nil occidental varie en général de 3 à 14 jours. L’infection est asymptomatique chez environ 80 % des personnes touchées. Chez les autres, elle occasionne divers symptômes :

  • une fièvre ;
  • des céphalées ;
  • une asthénie (fatigue intense) ;
  • des douleurs musculaires et abdominales ;
  • des nausées et des vomissements ;
  • éventuellement une éruption cutanée (sur le tronc) et des ganglions.

Une forme neurologique sévère de la maladie peut aussi survenir à tout âge. Les plus de 50 ans et certaines personnes immunodéprimées sont davantage exposées à ce risque. Cette affection cause chez les patients atteints :

  • des céphalées ;
  • une forte fièvre ;
  • une raideur de la nuque ;
  • une désorientation et/ou des troubles de la conscience ;
  • des tremblements et/ou des convulsions ;
  • une faiblesse musculaire ;
  • une paralysie.

On identifie le virus du Nil occidental en l’isolant dans le sang, ou à l’aide de dosages sérologiques. Comme pour les autres infections virales transmises par les moustiques, le traitement est symptomatique.

  • Recommandations sanitaires pour les voyageurs. BEH Hors-série, 21 mai 2019. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2019 [consulté le 24 juin 2019]
  • Ministère des solidarités et de la santé. Moustiques vecteurs de maladie. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2019 [consulté le 24 juin 2019]
  • Santé publique France. Maladies transmises par les moustiques. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2015 [consulté le 24 juin 2019]
  • Organisation mondiale de la Santé (OMS). Maladies à transmission vectorielle. Site internet : OMS. Genève (Suisse) ; 2017 [consulté le 24 juin 2019]