Pilosité abondante, hirsutisme et virilisme : bilan et traitement

08 janvier 2021
Un bilan médical permet d’établir le diagnostic de pilosité abondante, hirsutisme ou virilisme. Il définit le traitement adapté à la cause. Dans tous les cas, un traitement local par épilation permet d'intervenir rapidement pour réduire la pilosité anormale, source de préjudice esthétique et psychologique.

La consultation médicale et le bilan en cas de pilosité excessive

Hypertrichose simple ou pilosité abondante

L'hypertrichose simple ou pilosité abondante qui se traduit par la présence de duvet, même important, dans des zones normalement pileuses chez la femme ne nécessite pas de consultation particulière.

Cependant, en cas de prise de médicaments la favorisant (corticoïdes par exemple) ou en cas de surpoids associé tant chez l'adulte que chez un jeune, il est important d'en parler à son médecin lors d'une consultation. En effet :

Hirsutisme

En revanche, l'apparition de poils dans des zones masculines doit motiver une consultation auprès d’un dermatologue, d’un gynécologue ou d'un endocrinologue.

Le médecin interroge la personne pour préciser l’ancienneté de l’hirsutisme, l'existence de troubles des règles, la prise de médicaments.

L'importance de la pilosité peut être évaluée par le score selon Ferriman et Gallwey. Ce score est obtenu par l'addition d'une cotation de 0 à 4 attribuée selon la pilosité étudiée dans 9 zones du corps sensibles aux androgènes :

  • lèvres supérieure,
  • menton,
  • poitrine,
  • dos supérieur,
  • dos inférieur,
  • supérieur,
  • inférieur,
  • bras-cuisses-jambes,
  • avant-bras.

L'hyperpilosité est d'autant plus importante que le score est élevé. Un score égal ou supérieur à 8 définit l'hirsutisme.

L'examen recherche des troubles des cycles menstruels et d'autres signes d'hyperandrogénie et de virilisme : acné, séborrhée augmentée, perte de cheveux au niveau des golfes temporaux, voix rauque...

Un bilan hormonal par dosage sanguin des taux d’hormones androgènes (hormones "mâles", essentiellement la ) peuvent être nécessaire. D'autres dosages sont utiles selon la cause recherchée.

Des examens complémentaires sont prescrits : échographie abdomino-pelvienne, IRM

Le traitement de la pilosité excessive et de l'hirsutisme

Les traitements dépendent avant tout de la cause. Un traitement local à visée esthétique est associé.

L'épilation en cas de pilosité féminine excessive et d'hirsutisme

Dans tous les cas de pilosité excessive ou d'hirsutisme, on a recours aux traitements non médicamenteux. Leurs effets indésirables et leurs coûts respectifs, ainsi que le temps de repousse des poils, conditionnent leur choix.

On distingue :

  • Les techniques dépilatoires, qui n’enlèvent que la partie apparente du poil : rasage, dépilatoires chimiques. Leurs résultats sont de courte durée.
  • Les techniques épilatoires, qui enlèvent la totalité du poil : épilation manuelle ou à la cire, épilation électrique, ou lampe pulsée.

Ce traitement par épilation suffit en général en cas de pilosité excessive.

Les traitements par épilation électrique, ou lampe pulsée, en raison d'un hirsutisme, peuvent être pris en charge par l'Assurance Maladie, sous certaines conditions. Renseignez-vous auprès de votre médecin.

Hirsutisme : traiter la cause

En cas de dérèglement hormonal, une contraception hormonale estroprogestative est prescrite en l'absence de contre-indications.

Un traitement médicamenteux anti-androgènes (acétate de cyprotérone) en cas d'hirsutisme majeur peut être préféré afin de diminuer la production d'androgènes ou de bloquer leurs actions au niveau de la peau et des follicules pileux.
Le traitement par acétate de cyprotérone est prescrit en l'absence de contre-indications, à la dose minimale et pour une durée la plus courte possible en raison d'un risque de survenue de méningiome en cas de prise prolongée. Le méningiome est une tumeur développée à partir des méninges, membranes qui entourent le cerveau. Le plus souvent ces tumeurs sont non cancéreuses ; toutefois elles peuvent être à l'origine de troubles graves, pouvant nécessiter une intervention chirurgicale lourde. C'est pourquoi, un contrôle par IRM cérébrale est nécessaire avant la mise en route du traitement ou en cours de celui-ci. 

En attendant les effets du traitement, il est possible de recourir au traitement local (épilation par exemple).

Acétate de cyprotérone et risque de méningiome

Le risque de méningiome en cas de traitement par acétate de cyprotérone est multiplié par :

  • 7 au-delà de 6 mois d’utilisation d’une dose moyenne supérieure ou égale à 25 mg par jour,
  • 20 après environ 5 ans de traitement à 50 mg par jour ou 10 ans à 25 mg par jour.

Si vous suivez ou devez suivre un traitement par acétate de cyprotérone, votre médecin vous remet une fiche Acétate de cyprotérone sous forme de comprimés dosés à 50 ou 100 mg : mesures pour renforcer l’information sur le risque de méningiome accessible sur le site ansm.sante.fr.

Si vous avez des questions, appellez le numéro vert mis en place par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé :

08 05 04 01 10

Si un médicament est en cause dans l'hirsutisme, le médecin envisage son arrêt ou son remplacement lorsque cela est possible.

En présence d'une tumeur ovarienne ou surrénalienne, d'autres traitements sont envisagés.

Enfin, une perte de poids, lorsqu'elle est nécessaire, une augmentation de l'activité physique et un soutien psychologique se révèlent souvent importants pour participer à la baisse de production des androgènes et pour restaurer la confiance en soi.

  • Liu K, Motan T, Claman P. Hirsutisme : évaluation et traitement. JOGC. 2017;39(11):1069–1084
  • Bachelot A. Hirsutisme : diagnostic et conduite pratique. Traité de médecine AKOS. Elsevier Masson, 2017;20(3):1-7
  • Pilosité excessive chez les femmes : Différencier hypertrichose et hirsutisme. Rev Prescrire. 2006;26(269):116-122
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Acétate de cyprotérone sous forme de comprimés dosés à 50 ou 100 mg (Androcur et ses génériques) : mesures pour renforcer l’information sur le risque de méningiome - Point d'Information du 12 juin 2019. Site internet : ANSM. Saint Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 8 janvier 2021]