Les traitements de la phlébite

26 juin 2017
Le traitement d'une phlébite profonde est urgent : il associe un traitement anticoagulant, nécessitant une surveillance, et la compression médicale ou contention élastique.

Les objectifs du traitement

Les objectifs du traitement de la phlébite profonde sont d'éviter l'augmentation de la taille du caillot et son déplacement pouvant être responsable d'une embolie pulmonaire. À plus long terme, il s'agit de prévenir les récidives et la maladie post phlébitique.

La prescription des anticoagulants en cas de phlébite

En cas de phlébite superficielle, un traitement anticoagulant peut être prescrit et administré par voie sous-cutanée lorsque la veineuse superficielle des membres inférieurs n'est pas associée à une veineuse profonde. Si une profonde est associée, c'est le traitement de cette dernière qui est suivi.

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Lorsqu'une phlébite profonde est diagnostiquée, un traitement par anticoagulants doit être débuté dès que possible. Il existe plusieurs types d'anticoagulants :

  • les héparines ou dérivés (fondaparinux) utilisés par injections sous-cutanées ;
  • les antivitamines K (ou AVK), comprimés à prendre par voie orale (warfarine, acénocoumarol, fluindione).
  • les anticoagulants oraux directs : dabigatran, rivaroxaban, apixaban.

En général, le traitement commence par des injections d'héparine ou de fondaparinux d'action immédiate. Dans certains cas, l'héparine peut provoquer une baisse du nombre des plaquettes sanguines. C'est pourquoi un dosage des plaquettes sanguines est à réaliser régulièrement pendant ce traitement.

Au bout de quelques jours, la prise de comprimés d'antivitamines K ou d'un anti-coagulant oral direct prend le relais des injections d'héparine ou de fondaparinux pendant plusieurs mois.

Lors du traitement par antivitamines K, des prises de sang régulières de surveillance sont indispensables. En effet, l'efficacité des AVK dépend de leur dose qui doit être adaptée en fonction de chaque personne. Ainsi, en attendant que la bonne dose soit atteinte, les injections d'héparine sont poursuivies et associées à la prise des comprimés d'AVK.

Dans tous les cas, l'immobilisation doit être la plus brève possible.

Il est très important de suivre la prescription du médecin en raison du risque hémorragique lors de la prise d'un médicament anticoagulant, quel qu'il soit.

Antivitamines K et effets secondaires spécifiques

Les AVK, et plus particulièrement la fluindione, en plus du risque hémoragique, peuvent causer des effets indésirables de nature immuno-allergique, qui surviennent le plus fréquemment au cours des 6 premiers mois de traitement. Ils se manifestent par les signes suivants :

  • une insuffisance rénale ou l’aggravation d’une insuffisance rénale préexistante (baisse importante et brutale du volume des urines, fatigue inhabituelle, etc),
  • des anomalies de la peau : un œdème local, un brusque gonflement du visage et du cou, une démangeaison, un urticaire, un eczéma, des taches rouges sur la peau, rougeur se généralisant à tout le corps avec des pustules souvent accompagnée de fièvre,
  • une gêne respiratoire,
  • une fièvre,
  • une anomalie de la formule sanguine et de certains paramètres biologiques en particulier hépatiques.

Si vous observez un de ces effets ou des symptômes inhabituels, vous devez contacter votre médecin. Un arrêt précoce du traitement, décidé par le médecin traitant, et associé à une corticothérapie peut alors être nécessaire.
N’arrêtez jamais votre traitement sans en avoir parlé à votre médecin.

Votre pharmacien peut vous accompagner dans le suivi de votre traitement par anticoagulant oral

Le traitement par anticoagulant oral nécessite une vigilance particulière pour prévenir certains risques d’interactions entre médicaments. En plus du suivi médical de votre médecin traitant, vous pouvez bénéficier de l’accompagnement du pharmacien de votre choix. Ce dernier vous donne des conseils sur le bon usage de vos médicaments en tenant compte de vos habitudes de vie. Il s’assure avec vous du bon suivi de votre traitement et vous adresse à votre médecin traitant si besoin.

Si vous souhaitez bénéficier de cet accompagnement personnalisé, confidentiel et gratuit, parlez-en à votre pharmacien.

Des conseils spécifiques en cas de prise d’anticoagulants

Si vous êtes sous anticoagulants, appliquez les règles suivantes :

  • comme pour tout traitement, prenez bien les doses de médicament prescrites ;
  • signalez la prise d'anticoagulants à tous les professionnels de santé que vous consultez (médecin, chirurgien, dentiste, pédicure, infirmière, pharmacien, biologiste, kinésithérapeute, etc.) ;
  • prenez rendez-vous avec votre médecin traitant devant tout signe vous faisant craindre une hémorragie (saignement des gencives, hématomes, sang dans les selles). De plus, pour éviter une coupure ou une chute, ne pratiquez pas de sport violent ni de travaux dangereux. En cas de saignement, contactez rapidement votre médecin ou appelez le 15 ou le 112 ;
  • respectez, si nécessaire, la surveillance par prises de sang imposée par votre traitement.
Les 7 règles d'or à respecter si je prends un traitement anticoagulant par AVK
  1. Respecter la dose de médicaments AVK prescrite et les heures de prise.
  2. Ne pas oublier de faire les contrôles biologiques (INR : International Normalized Ratio) prescrits par le médecin, à la date indiquée.
  3. Signaler la prise d'un traitement par AVK à tout professionnel de santé consulté (médecin, pharmacien, biologiste, infirmière, dentiste, kinésithérapeute, pédicure...).
  4. En cas de saignement ou de manifestation immunoallergique, contacter rapidement son médecin ou appeler le 15 ou le 112.
  5. Remplir le carnet de traitement à chaque INR : résultat de l'INR, dose journalière prise depuis le précédent INR ; noter tout incident et penser à apporter le carnet à chaque consultation.
  6. Avoir une alimentation équilibrée et consommer de l'alcool avec modération. Certains aliments contiennent de la vitamine K en grande quantité et peuvent modifier l'INR (brocolis, laitue, épinards, choux, choux-fleurs, choux de Bruxelles). Ces aliments ne sont pas interdits, à condition de les consommer sans excès.
  7. Demander l'avis de son médecin avant toute prise de nouveau médicament, injection, extraction dentaire, pédicure, petite opération chirurgicale et tout projet de voyage.

La compression médicale ou contention élastique lors d'une phlébite

La contention élastique (chaussettes, bas ou collants spécifiques) est indispensable dès le diagnostic, en l'absence de contre-indications médicales (en particulier en cas d'artérite des membres inférieurs). Elle permet d'estomper rapidement les symptômes et de limiter les risques de complications de la phlébite. Elle doit être portée pendant au moins trois mois.

Quand elle n'est pas permanente, il est nécessaire d'enfiler la contention adaptée avant de vous lever du lit.

Les autres traitements de la phlébite profonde

La (destruction du caillot par médicaments ou lors d'un acte chirurgical) et la pose d'un filtre cave (filtre inséré dans la veine cave pour éviter la migration d'un caillot vers le cœur et les artères pulmonaires) ne sont recommandées que dans des cas particuliers (risque majeur d'embolie pulmonaire par exemple).

Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La thrombose veineuse (phlébite). Site internet : Inserm. Paris ; 2015 [consulté le 20 juin 2017]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La thrombose veineuse superficielle enfin traitée. Site internet : Inserm. Paris ; 2010 [consulté le 20 juin 2017]
  • Collège des enseignants de cardiologie et maladies vasculaires. Thrombose veineuse et profonde et embolie pulmonaire. Site internet : Campus de cardiologie et maladies cardiovasculaires de l'université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 20 juin 2017]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Prévention et traitement de la maladie thromboembolique veineuse en médecine - Recommandations de bonne pratique. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 20 juin 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). La compression médicale en prévention de la thrombose veineuse. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 20 juin 2017]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Préviscan (fluindione) et risque immuno-allergique - Point d'Information du 19 juin 2017. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 20 juin 2017]