Le diagnostic et les soins prescrits

17 mai 2017
Jusqu’à l’âge de deux ans, le phimosis ne fait l’objet d’aucun traitement. Si des soins sont nécessaires, il peut être traité par des médicaments. En cas d’échec, une opération chirurgicale est envisagée pour desserrer ou enlever le prépuce. Cette intervention est en général très simple.

Chez le nourrisson, l’abstention thérapeutique est privilégiée. Aucun traitement n’est envisagé en général avant l’âge de deux ans.

Quelles sont les prescriptions médicamenteuses possibles pour un phimosis ?

Les médicaments prescrits peuvent varier, selon les buts du traitement.

On applique localement un dermocorticoïde, pendant quatre à six semaines. Cela assouplit le prépuce et supprime les petites adhérences de la peau sur le gland. Un décalottage-recalottage peut alors être effectué en douceur, au besoin en employant une crème anesthésique. Ce traitement est proposé si nécessaire pour l’enfant à partir de 2 ans ou pour certains adultes. En cas d’échec ou de récidive du phimosis, le traitement est parfois renouvelé.

Quand le phimosis est dû à une affection de la peau, le médecin prescrit une crème adaptée, à usage local.

En cas de balanoposthite (infection du gland et du prépuce), le traitement comprend :

  • un antiseptique local ;
  • un antalgique ;
  • des antibiotiques, dans certains cas.

 

Un traitement chirurgical du phimosis réservé à certains patients

En cas d’échec du traitement médical pour un phimosis, une intervention est parfois proposée (après 5-6 ans, ou chez l’adulte). Deux techniques opératoires sont alors possibles :

  • La plastie préputiale (ou "posthoplastie")
    Elle consiste à réaliser une courte incision sur l’extrémité du prépuce, là où il est le plus resserré. Cette solution permet de conserver l’enveloppe de peau sur le gland, mais induit un risque de récidive.
  • La circoncision (ou "posthectomie")
    Il s’agit d’une ablation complète du prépuce, qui laisse définitivement le gland à découvert.

Quelle que soit la méthode pratiquée :

  • l’opération est précédée d’une consultation d’anesthésie, et programmée en chirurgie ambulatoire (le patient rentre chez lui le soir même) ;
  • la personne opérée prend des antalgiques pendant 48 heures ;
  • des soins locaux sont prescrits pour 7 à 10 jours ;
  • les fils de suture se résorbent tout seuls au bout de 2 à 3 semaines.

Traitements possibles en cas de paraphimosis

Cette complication du phimosis peut être soignée sous anesthésie, selon deux techniques différentes :

  • la réduction manuelle, qui consiste à repousser le gland à l’intérieur du prépuce, à la main ;
  • la plastie préputiale, éventuellement suivie d’une circoncision (pour éviter les récidives).

À noter : Avant d'être opéré(e), une consultation est obligatoire auprès d'un médecin anesthésiste. Un bilan sanguin n'est pas toujours nécessaire avant l'intervention chirurgicale. Parlez-en à votre médecin.

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Les suites possibles de l’intervention chirurgicale pour phimosis

La cicatrisation complète est obtenue en 2 à 4 semaines. La circoncision ou la plastie préputiale n'ont alors aucune conséquence sur les fonctions urinaire et sexuelle.

Dans de rares cas, l’opération pour un phimosis donne lieu à des complications, par exemple :

  • un saignement rendant parfois nécessaire une nouvelle intervention chirurgicale ;
  • un retard de cicatrisation ou une infection de la cicatrice demandant des soins locaux ;
  • un rétrécissement (ou " ") de l’orifice urinaire. Il survient dans 3 % des cas environ et justifie quelquefois une autre intervention chirurgicale ;
  • très rarement une plaie du gland ou de l’urètre lors de l'intervention.

Par ailleurs, la cicatrice laissée par le traitement peut devenir inesthétique.

Sources
  • Aubert D, Moro-Enemuwe A. Pathologie génito-scrotale chez le garçon et chez l’homme. Rev Prat. 2008;(58):2289-2297.
  • Section française d’Urologie pédiatrique (SFUP). Intervention pour phimosis. Site internet : Société française de chirurgie pédiatrique. Paris ; 2014 [consulté le 7 juin 2016]
  • Faix A, Ferretti L, Castagnola C et al. Phimosis : réalité clinique et prise en charge en urologie. Prog Urol, 2014, 24, 09, 11-18, suppl.3