Phénomène de Raynaud : la consultation et le traitement

22 mars 2017
Si nécessaire, le médecin vous prescrit des examens complémentaires pour préciser le diagnostic. Le traitement comprend toujours des mesures non médicamenteuses. La prise de médicaments peut aussi être nécessaire dans les formes sévères.

La consultation médicale en cas de phénomène de Raynaud

Votre médecin traitant vous interroge et vous examine pour rechercher l’origine de vos symptômes. S’il identifie une maladie de Raynaud, tout examen complémentaire est inutile.

En revanche, en cas d’aggravation des signes ou si une autre cause est suspectée, le praticien demande d’autres examens, par exemple :

  • des analyses sanguines, afin de mettre en évidence une éventuelle cause auto-immune ;
  • un artériel des membres supérieurs, pour vérifier l’état des artères des bras ;
  • une capillaroscopie périunguéale, qui consiste à observer les anses capillaires (petits vaisseaux sanguins en forme d’arc) du repli de peau recouvrant la base des ongles des mains. Pour cela, on utilise un microscope optique et une plaque lumineuse, sur laquelle le patient pose sa main. Les résultats sont normaux en cas de maladie de Raynaud, et anormaux si le patient présente une pathologie inflammatoire auto-immune.
Comment se déroule une capillaroscopie ?

Cet examen indolore concerne tous les doigts des deux mains, à l’exception des pouces. Il est réalisé à température ambiante, soit entre 22 et 26 °C, afin d’éviter toute vasoconstriction liée au froid (réduction du calibre des vaisseaux sanguins par contraction de leurs parois). Le jour du rendez-vous, il est recommandé d’arriver sans vernis à ongles et de ne pas fumer. Le médecin fait asseoir le patient et dépose une goutte d’huile ou de paraffine à la base de chaque ongle à examiner, pour rendre la peau transparente. Grâce à ses instruments, il peut observer l’épiderme grossi 20 à 200 fois. Le microscope est parfois couplé à une caméra numérique et à un ordinateur (vidéo-capillaroscopie). Dans ce cas, l’image est visible sur écran et on peut y compter les capillaires, voire mesurer leur diamètre.

Le traitement en cas de phénomène de Raynaud

Les soins prescrits diffèrent selon la nature et la cause de votre affection.

La prise en charge repose avant tout sur des mesures générales non médicamenteuses. Votre médecin vous les explique. En cas de maladie de Raynaud, ces mesures sont le plus souvent suffisantes pour vous soulager.

En cas d’échec des mesures générales non médicamenteuses que vous avez prises, et si vous êtes gêné(e) dans votre quotidien, deux types de traitement peuvent être envisagés :

  • Les (nifédipine, diltiazem) agissent sur les cellules vasculaires et soulagent vos symptômes.
  • Les vasodilatateurs (ex. : iloprost) augmentent le calibre des vaisseaux sanguins. On les utilise en cas de phénomène de Raynaud sévère, avec des lésions cutanées (en particulier au cours de la sclérodermie, causant un durcissement progressif de la peau).

Lorsque les symptômes sont dus à une autre affection, on traite celle-ci pour obtenir une amélioration du phénomène de Raynaud.

Une adaptation de votre poste de travail peut aussi être nécessaire, en particulier si le phénomène de Raynaud est lié à votre activité professionnelle. Parlez-en au médecin du travail dont vous dépendez.

Enfin, si vous prenez un médicament en cause dans la survenue des symptômes, votre médecin traitant peut modifier votre traitement, dans la mesure du possible.

Reconnaissance du phénomène de Raynaud en tant que maladie professionnelle

Sous certaines conditions, le phénomène de Raynaud peut être reconnu comme maladie professionnelle au titre du tableau n° 69 du régime général de la Sécurité sociale, intitulé "Affections provoquées par les vibrations et chocs transmis par certaines machines-outils, outils et objets et par les chocs itératifs du talon de la main sur des éléments fixes".

Sources
  • Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Tableau des maladies professionnelles. Site internet : INRS. Paris ; 1995 [consulté le 6 avril 2015]
  • Haute Autorité de santé. Médicaments dont le déremboursement est recommandé pour une indication ou plusieurs – Prise en charge médicale et alternative. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 6 avril 2015]
  • Collège Français des Enseignants en Rhumatologie (COFER). Phénomène de Raynaud. Site internet : Université numérique francophone des sciences de la santé et du sport (UNF3S). Paris ; 2012 [consulté le 6 avril 2015]
  • Revue Médicale de Liège. La vignette diagnostique de l’étudiant – Le phénomène de Raynaud. Site internet : Revue Médicale de Liège. Liège (Belgique) ; 2012 [consulté le 6 avril 2015]
  • Société Française de Dermatologie. La capillaroscopie péri-unguéale en dermatologie. Site internet : Société Française de Dermatologie. Paris ; 2014 [consulté le 6 avril 2015]