Phénomène de Raynaud : la consultation et le traitement

22 juin 2018
Le traitement du phénomène de Raynaud comprend toujours des mesures non médicamenteuses. La prise de médicaments peut aussi être nécessaire dans les formes sévères. Le traitement de la cause, lorsqu'elle existe, est indispensable.

La consultation médicale en cas de phénomène de Raynaud

Le médecin traitant interroge et examine la personne souffrant d'un phénomène de Raynaud pour rechercher l’origine des symptômes. S’il identifie une maladie de Raynaud, tout examen complémentaire est inutile.

En revanche, en cas d’aggravation des symptômes ou si une cause est suspectée, le médecin demande d’autres examens, par exemple :

  • des analyses sanguines, afin de mettre en évidence une éventuelle maladie auto-immune ;
  • un artériel des membres supérieurs, pour vérifier l’état des artères des bras ;
  • une capillaroscopie périunguéale, qui consiste à observer les anses capillaires (petits vaisseaux sanguins en forme d’arc) du repli de peau recouvrant la base des ongles des mains. Pour cela, on utilise un microscope optique et une plaque lumineuse, sur laquelle le patient pose sa main. Les résultats sont normaux en cas de maladie de Raynaud, et anormaux si le patient présente une maladie inflammatoire auto-immune.
Comment se déroule une capillaroscopie ?

Cet examen indolore concerne tous les doigts des deux mains, à l’exception des pouces. Il est réalisé à température ambiante, soit entre 22 et 26 °C, afin d’éviter toute vasoconstriction liée au froid (réduction du calibre des vaisseaux sanguins par contraction de leurs parois).

Le jour du rendez-vous, il est recommandé d’arriver sans vernis à ongles et de ne pas fumer. Le médecin fait asseoir le patient et dépose une goutte d’huile ou de paraffine à la base de chaque ongle à examiner, pour rendre la peau transparente. Grâce à ses instruments, il peut observer l’épiderme grossi 20 à 200 fois. Le microscope est parfois couplé à une caméra numérique et à un ordinateur (vidéo-capillaroscopie). Dans ce cas, l’image est visible sur écran et on peut y compter les capillaires, voire mesurer leur diamètre.

Phénomène de Raynaud : traitement

Le traitement prescrit diffère selon la nature et la cause du phénomène de Raynaud.

La prise en charge repose avant tout sur des mesures générales non médicamenteuses. En cas de maladie de Raynaud, ces mesures sont le plus souvent suffisantes pour soulager le patient.

En cas d’échec des mesures générales non médicamenteuses, et si la personne reste gênée dans son quotidien, deux types de traitement peuvent être envisagés :

  • Les (nifédipine, diltiazem) agissent sur les cellules vasculaires et soulagent les symptômes.
  • Les vasodilatateurs (ex. : iloprost) augmentent le calibre des vaisseaux sanguins. On les utilise en cas de phénomène de Raynaud sévère, avec des lésions cutanées (en particulier au cours de la sclérodermie, causant un durcissement progressif de la peau).

Si un médicament en cause dans la survenue des symptômes, le médecin traitant peut modifier le traitement, dans la mesure du possible.

Lorsque les symptômes sont dus à une autre maladie, on traite celle-ci pour obtenir une amélioration du phénomène de Raynaud.

Une adaptation du poste de travail peut aussi être nécessaire, en particulier si le phénomène de Raynaud est lié à l'activité professionnelle. Si cela est votre cas, parlez-en au médecin du travail dont vous dépendez.

Reconnaissance du phénomène de Raynaud en tant que maladie professionnelle

Sous certaines conditions, le phénomène de Raynaud peut être reconnu comme maladie professionnelle au titre du tableau n° 69 du régime général de la Sécurité sociale, intitulé "Affections provoquées par les vibrations et chocs transmis par certaines machines-outils, outils et objets et par les chocs itératifs du talon de la main sur des éléments fixes".

Sources
  • Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Tableau des maladies professionnelles. Site internet : INRS. Paris ; 2017 [consulté le31 mai 2018]
  • Société Française de Dermatologie. La capillaroscopie péri-unguéale en dermatologie. Site internet : Société Française de Dermatologie. Paris ; 2014 [consulté le 31 mai 2018]
  • Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Syndrome des vibrations. La main et le bras en danger. Site internet : INRS. Paris ; 2015 [consulté le 31 mai 2018]
  • Collège Français des Enseignants en Rhumatologie (COFER). Phénomène de Raynaud. Site internet : Université numérique francophone des sciences de la santé et du sport (UNF3S). Paris ; 2012 [consulté le 31 mai 2018]