Le bilan auditif et le traitement de la surdité

03 février 2021
Un examen clinique et un bilan complémentaire sont indispensables pour mesurer la perte auditive et en trouver la cause. S'il est possible, le traitement médical ou chirurgical de la cause est envisagé. En cas de surdité importante, l'appareillage voire la pose d'un implant cochléaire, facilitent la communication.

L'examen et le bilan de perte auditive

S'il suspecte une surdité, votre médecin traitant vous oriente vers un médecin ORL (Oto-rhino-laryngologiste).

L'examen par le médecin ORL

Ce dernier procède à un examen des tympans ou otoscopie à l’aide d’un instrument ( ) optique grossissant.

Il peut mettre en évidence :

  • un bouchon de cérumen,
  • une anomalie du : perforation, rétraction, inflammation,
  • la présence de liquide derrière le dans la caisse du : otite séromuqueuse,
  • un cholestéatome (accumulation de fragments de peau dans la caisse du et dans la mastoïde, os situé derrière le pavillon de l'oreille).

Une nasofibroscopie peut être utile ; elle permet une exploration des fosses nasales, du et du larynx. Elle consiste à introduire un endoscope fin et flexible dans le nez jusqu'au pharyngo-larynx.

Des examens complémentaires spécialisés sont indispensables pour quantifier la perte d’acuité auditive : audiométrie, mesure des potentiels évoqués auditifs ...

L'audiométrie tonale et l'impédancemétrie

Cet examen permet de rechercher à quelle intensité minimale un son est perçu à diverses fréquences (hauteur du son).

Bien qu’il puisse être réalisé dans une pièce calme (en champ libre), avec 2 hauts parleurs, le plus souvent, il se déroule dans une cabine insonorisée. La personne porte un casque où des sons d’intensité et de fréquence variables sont diffusés dans l’une puis dans l’autre oreille. La personne donne un signal (elle lève la main par exemple) dès la perception d’un son. Ce test permet d’établir une courbe dite « de conduction aérienne » pour chaque oreille permettant l'analyse de l'audition globale.

Si une surdité de perception est suspectée, un vibrateur est placé et maintenu sur l’os mastoïde situé à l’arrière de l’oreille. La mesure des réactions à ces vibrations permet d’obtenir une courbe de conduction osseuse et permet de tester les seuils auditifs de l’oreille interne.

L’impédancemétrie (ou tympanogramme) associée à l’audiométrie

L’impédancemétrie évalue l’élasticité du . Elle est associée à l’audiométrie tonale.
À l’aide d’un petit appareil placé dans le conduit auditif externe qui exerce une pression, la mobilité du est étudiée (tympanométrie).

En présence de liquide dans l’oreille interne, le reste immobile lors de la stimulation. En l’absence de liquide, le vibre.

L'audiométrie vocale 

Elle permet de tester le niveau de compréhension et l'articulation des mots. Elle est très utilisée chez l'enfant, mais peut l'être chez l'adulte.

Pour ce faire, on étudie la capacité de la personne à comprendre la parole en fonction de son intensité. L’audiométrie vocale est mesurée en décibels.

Pour l'enfant, elle implique que ce dernier soit en âge de parler et qu’il ait la connaissance de la langue. Elle est réalisée en champ libre ou dans une pièce insonorisée avec un casque.

  • Pour les enfants à partir de plus de 30 mois, ce test est réalisé dans une pièce munie de 2 hauts parleurs. Une liste de mots à 2 syllabes est émise en faisant varier l’intensité de sortie des sons des hauts parleurs. L’enfant répète les mots entendus. Un mot correctement répété est un mot correctement entendu. Si les réponses sont justes à une intensité de 30 dB, cela signifie qu’au moins une des 2 oreilles entend bien. Chez les enfants de 3 à 4 ans, l’audiométrie vocale est plus facile à réaliser et plus fiable que l’audiométrie tonale.
  • Pour les enfants plus âgés et les adultes, ce test d’audiométrie est réalisé avec le port d’un casque ; chaque oreille est testée pour des intensités variables et de plus en plus faibles.

L'audiométrie comportementale pour les enfants

Des techniques existent spécifiquement pour faciliter l’étude de l’audition des enfants. Elles étudient leur comportement lors de l’émission de sons :

  • le réflexe d'orientation conditionné (ROC) pour les enfants de moins de 3 ans. Dans un premier temps, un son et une lumière sont envoyés en même temps. Dans un second temps, seul un son est envoyé pour voir si l'enfant se tourne en direction de la source sonore ;
  • des tests « ludiques », comme par exemple le train-show, pour les enfants de plus de 3 ans. L'enfant porte un casque qui envoie des sons. Dès qu’il entend un son, il appuie sur un bouton. Il voit alors une petite animation avec un train, qui permet de l'intéresser au test.

D'autres examens et la recherche de la cause de la surdité

La mesure des potentiels évoqués auditifs est l'analyse objective électrique de l'audition. Cette mesure est effectuée lorsqu'une suspicion de surdité de perception existe.

En présence de vertiges, des examens très spécifiques sont souvent nécessaires :

  • examens vestibulaires et potentiels évoqués vestibulaires myogéniques (examens spécialisés explorant la fonction de l'oreille interne dans l'équilibre)  ;
  • vidéonystagmographie : elle enregistre les nystagmus spontanés et les nystagmus provoqués par les épreuves caloriques et par les épreuves rotatoires pendulaires ;
  • examen vidéo-oculographique : il a pour objet d'étudier les voies centrales de l'oculomotricité

Un bilan complémentaire recherche une cause à la surdité : scanner de la base du crâne, IRM à la recherche d'un neurinome

Le traitement de la surdité

En fonction de l'origine de la surdité, le médecin propose un traitement qui peut, dans certains cas, corriger, ralentir, voire stopper, la progression de la baisse auditive.

Le traitement médical de la surdité

Il consiste en :

Le traitement chirurgical de la surdité

  • pose de drains trans-tympaniques,
  • chirurgie du s'il est perforé (tympanoplastie),
  • chirurgie des osselets de la caisse du , s'ils sont abîmés... 

Il n’existe pas de chirurgie permettant de réparer l’oreille interne.

Les aides auditives

Si la perte auditive est permanente et suffisamment importante pour entraîner une gêne dans la vie quotidienne, un appareillage auditif peut être envisagé :

  • appareillage par prothèses auditives (embouts intra-auriculaires cachés dans le conduit ou contours d’oreille),
  • en cas de surdité très sévère ou profonde des deux oreilles, pose d'un implant cochléaire (implant inséré dans l'oreille interne relié à un microphone posé derrière le pavillon de l'oreille). 

Le remboursement des prothèses auditives par l'Assurance Maladie

Vous avez une baisse de l'audition ?

Vos prothèses auditives prescrites par votre médecin et à condition qu'elles appartiennent à une catégorie inscrite sur la liste des produits et prestations (LPP) sont remboursables par l'Assurance Maladie.

Depuis le 1er janvier 2019, pour les aides auditives, les assurés peuvent bénéficier de paniers d’offres de mieux en mieux remboursés avec une diminution progressive de leur reste à charge et ce jusqu’au remboursement total, sans reste à charge, à l’horizon 2021.

La vie au quotidien pour les personnes malentendantes

En cas de surdité importante, des aides techniques permettent d’améliorer la communication au quotidien :

  • les flashes lumineux permettent d'être avertis (porte d'entrée, avertisseur de sonnerie, d'alarme...) ;
  • les réveils vibrants ou lumineux ;
  • les sous-titrages permettent de suivre la télévision ou les films (au cinéma ou sur DVD) ;
  • la boucle magnétique facilite la réception des appareils auditifs ;
  • le surtitrage équipe certaines salles de spectacle ;
  • différents moyens de communication écrite ou vidéo (sms, courriels...) remplacent le téléphone ;
  • des visioguides ou visiophones sont proposés pour des visites guidées sous-titrées ou en langue des signes ;
  • un sous-titrage des émissions ou films ou leur traduction simultanée en langage des signes.

Des séances de rééducation orthophonique sont indispensables pour les enfants qui ont des troubles du langage dus à leur surdité. Elles peuvent être utiles pour apprendre à lire sur les lèvres.

L'apprentissage de la langue des signes est proposé en cas de surdité sévère ou profonde.

Vous êtes parents d'un enfant sourd ou malentendant ? Vous avez perdu l'audition ? Si vous avez besoin d'avoir de l'aide concernant vos droits et les démarches à accomplir, différentes structures et professionnels sont là pour vous accompagner dans ce parcours. Pour vous informer, consultez le site Centre national d'information sur la surdité (SURDINFO).

Pour trouver des conseils vous aidant à vivre à domicile avec votre handicap auditif, consultez la page Vivre à domicile avec un handicap auditif sur le site pour-les-personnes-agees.gouv.fr.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Surdité de l’enfant : accompagnement des familles et suivi de l’enfant de 0 à 6 ans, hors accompagnement scolaire. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 3 février 2021]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Le traitement de la surdité par implants cochléaires ou du tronc cérébral. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 3 février 2021]
  • Schlegel-Wagner C, Linder T. Nouveaux développements dans le traitement de la surdité. Forum Med Suisse. 2008;8:33-8.
  • Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Bruit. Effets dur la santé. Site internet : INRS. Paris ; 2018 [consulté le 2 février 2021]
  • Collège français d'ORL et de chirurgie cervico-faciale. Altération de la fonction auditive. Site internet : Campus d'ORL de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 2 février 2021]
  • U.S. National Library of medecine. Hearing Disorders and Deafness. Site internet : NIH Medline plus. Bethesda (USA) ; 2021 [consulté le 2 février 2021]
  • Ministère des Solidarités et de la santé. Dépistage des troubles de l'audition chez l'enfant. Site internet : Ministère des Solidarités et de la santé. Paris ; 2016 [consulté le 2 février 2021]