Le traitement d'une paralysie faciale périphérique

27 juillet 2018
Le traitement de la paralysie faciale périphérique a pour but d’atténuer les symptômes, d’accélérer la récupération et de prévenir les complications. Il cible également la cause lorsqu’elle est connue. Enfin, il peut être entrepris pour soigner les séquelles persistantes.

Paralysie faciale : le choix du traitement

L’apparition de symptômes de paralysie faciale doit conduire le patient à consulter son médecin traitant.

Après le bilan médical réalisé en collaboration avec d’autres professionnels de santé (ORL, neurologue, ophtalmologiste, masseur kinésithérapeute, orthophoniste), un traitement spécifique est mis en place. Il est adapté au type de paralysie faciale et à son évolution.

Le traitement de la paralysie faciale ou a frigore

Dans le cas d’une paralysie faciale (sans cause identifiée), le traitement initial est essentiellement médical :

  • la prise de corticoïdes à forte dose dès les premiers jours (débutés avant 72 heures) paraît accélérer la récupération ;
  • les complications oculaires (risque de ) doivent être prévenues. Pour cela, le médecin prescrit le port d’un pansement occlusif sur les yeux, pendant la nuit. Le jour, des instillations de collyre ou de pommade antiseptique sont indispensables ;
  • un traitement antiviral semble utile dans certains cas de paralysies sévères. Elles pourraient s’expliquer par la réactivation d’un virus du groupe herpès.

Le kinésithérapeute intervient parfois pour rééduquer le visage. Des massages et la pratique régulière de mouvements de la face permettent de maintenir le tonus musculaire.

Dans de rares cas, une intervention chirurgicale est nécessaire pour protéger la cornée : le médecin effectue une soudure chirurgicale des bords des paupières (appelée tarsorraphie). Il peut également injecter de la botulinique dans le muscle releveur de la paupière.

Le traitement des autres types de paralysie faciale périphérique

Le traitement dépend de la cause identifiée :

  • médicaments : antiviraux en cas de zona, antibiotiques en cas de maladie de Lyme, etc. ;
  • chirurgie : suppression d’une tumeur, réparation d’une plaie, décompression du nerf facial, etc.

Paralysie faciale : le suivi médical

Un suivi médical est indispensable pour s’assurer de l’évolution de la paralysie faciale.

Au quotidien, la paralysie faciale peut entraîner des difficultés lors de l’alimentation, la déglutition et l’élocution (chute de la lèvre, morsure de la joue, écoulement salivaire, fausses routes…) L’entourage doit rassurer le patient et l’aider dans les difficultés du quotidien.

Lorsqu’il persiste des séquelles de paralysie faciale, des traitements peuvent être proposés :

  • rééducation par un kinésithérapeute ;
  • intervention chirurgicale permettant de restaurer les connexions nerveuses détruites (chirurgie de réinnervation). Pour cela, le chirurgien effectue soit une réparation du nerf facial par suture ou greffe nerveuse soit un raccordement (appelé anastomose) du nerf facial lésé avec un autre nerf sain ;
  • correction chirurgicale des séquelles motrices après échec de la chirurgie de réinnervation du nerf facial : chirurgie des paupières pour obtenir une fermeture des paupières et/ou chirurgie des lèvres pour restaurer la symétrie de la bouche au repos et lors des mouvements ;
  • injections répétées de botulique : elles permettent de paralyser les muscles hyperactifs situés du côté sain, non paralysé, et elles rendent au visage une certaine symétrie.
Paralysie faciale et activité professionnelle

Si vous exercez une activité professionnelle, un arrêt de travail peut vous être prescrit. Sa durée dépendra de votre état de santé, du traitement et des éventuelles complications de votre affection. Une adaptation de reprise du travail peut être envisagée : mi-temps thérapeutique sur une courte période, adaptation du poste de travail.... En cas d'arrêt de plus de 30 jours, une visite de pré-reprise auprès du médecin du travail est obligatoire.

Sources
  • Collège des enseignants en neurologie (CEN). Paralysie faciale. Site internet : CEN. Paris ; 2017 [consulté le 17 mai 2018]
  • Collège français d’ORL. Paralysie faciale périphérique. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 17 mai 2018]
  • Alvarez V, Dussoix P, Gaspoz JM. Paralysie faciale : diagnostic et prise en charge par le médecin de premier recours. Rev Med Suisse. 2009;5(188) :258-62
  • Tiemstra JD, Khatkhate N. Bell’s palsy : diagnosis and management. Am Fam Physician. 2007;76(7):997-1002
  • National Health service (NHS). Bell’s palsy. Site internet : NHS choices. Londres ; 2017 [consulté le 17 mai 2018]
  • Perone N, Brawand-Bron A, Samaras N, Steiner AS, Jackson Y, Broers B et al. Nouveautés en médecine interne générale ambulatoire. Rev Med Suisse. 2010;6(234):233-8.