Traiter une paralysie faciale périphérique

22 mars 2017
Les traitements de la paralysie faciale périphérique ont pour but d’atténuer les symptômes, d’accélérer la récupération et de prévenir les complications. Ils ciblent également la cause lorsqu’elle est connue. Enfin, ils peuvent être entrepris pour soigner les séquelles persistantes.

L’apparition de certains signes doit conduire le patient à consulter son médecin traitant. Celui-ci décide du traitement d’une paralysie faciale en collaboration avec d’autres professionnels de santé (ORL, neurologue, ophtalmologiste, masseur kinésithérapeute, orthophoniste). Il l’adapte en fonction du type de paralysie et de son évolution.

Le traitement de la paralysie faciale idiopathique

Il se fait en plusieurs étapes.

Dans le cas d’une paralysie faciale idiopathique (sans cause identifiée), le traitement initial est essentiellement médical :

  • la prise de corticoïdes à forte dose dès les premiers jours (débutés avant 72 heures) paraît accélérer la récupération ;
  • les complications oculaires (risque de ) doivent être prévenues. Pour cela, le médecin prescrit le port d’un pansement occlusif sur les yeux, pendant la nuit. Le jour, des instillations de collyre ou de pommade antiseptique sont indispensables ;
  • un traitement antiviral semble utile dans certains cas de paralysies sévères. Elles pourraient s’expliquer par la réactivation d’un virus du groupe herpès.

Le kinésithérapeute intervient parfois pour rééduquer le visage. Des massages et la pratique régulière de mouvements de la face permettent de maintenir le tonus musculaire.

Dans de rares cas, une intervention chirurgicale est nécessaire :

  • pour décomprimer le nerf facial au niveau de son passage dans l’os de la base du crâne (os du rocher) ;
  • pour protéger la cornée : le médecin effectue une soudure chirurgicale des bords des paupières (appelée tarsorraphie). Il peut également injecter de la botulinique dans le muscle releveur de la paupière.

Le traitement des autres types de paralysie faciale

Le traitement dépend de la cause identifiée :

  • médicaments : antiviraux en cas de zona, antibiotiques en cas de maladie de Lyme, etc. ;
  • chirurgie : suppression d’une tumeur, réparation d’une plaie, décompression du nerf facial, etc.

Au quotidien

La paralysie faciale peut entraîner des difficultés lors de l’alimentation, la déglutition et l’élocution (chute de la lèvre, morsure de la joue, écoulement salivaire, fausses routes…) L’entourage doit rassurer le patient malade et l’aider dans les difficultés du quotidien.

Un suivi médical est indispensable pour s’assurer de l’évolution de la paralysie faciale.

Lorsqu’il persiste des séquelles, des traitements peuvent être proposés :

  • rééducation par un kinésithérapeute ;
  • intervention chirurgicale permettant de restaurer les connexions nerveuses avec la zone touchée (chirurgie de réinnervation). Pour cela, le chirurgien effectue une réparation du nerf facial par suture ou greffe soit un raccordement (appelé anastomose) du nerf facial lésé avec un autre nerf sain ;
  • correction chirurgicale des séquelles motrices après échec de la chirurgie de réinnervation du nerf facial ;
  • injections de botulique.

Si vous exercez une activité professionnelle, un arrêt de travail peut vous être prescrit. Sa durée dépendra de votre état de santé, du traitement et des éventuelles complications de votre affection. Une adaptation de reprise du travail peut être envisagée : mi-temps thérapeutique sur une courte période, adaptation du poste de travail.... En cas d'arrêt de plus de 30 jours, une visite de pré-reprise auprès du médecin du travail est obligatoire.

Sources
  • Collège français d’ORL. Paralysie faciale périphérique. Site internet : ORL France. Paris ; 2009 [consulté le 23 septembre 2014]
  • Alvarez V, Dussoix P, Gaspoz JM. Paralysie faciale : diagnostic et prise en charge par le médecin de premier recours. Rev Med Suisse. 2009;5(188) :258-62
  • Tiemstra JD, Khatkhate N. Bell’s palsy : diagnosis and management. Am Fam Physician. 2007;76(7):997-1002
  • National Health service (NHS). Bell’s palsy, complications. Site internet : NHS choices. Londres ; 2012 [consulté le 23 septembre 2014]
  • Perone N, Brawand-Bron A, Samaras N, Steiner AS, Jackson Y, Broers B et al. Nouveautés en médecine interne générale ambulatoire. Rev Med Suisse. 2010;6(234):233-8.
  • Centre belge d’information pharmacothérapeutique (CBIP). Paralysie de Bell. Site internet : CBIP. Gand (Belgique) ; 2008 [consulté le 23 septembre 2014]