Les symptômes, le diagnostic et l'évolution de la paralysie faciale

22 mars 2017
Absence de mimiques, œil et bouche pendants d'un seul côté du visage : tels sont les signes immédiatement visibles de la paralysie faciale. D’autres troubles peuvent également apparaître au niveau du goût, de l’audition et de la sécrétion de larmes.

Les symptômes de la paralysie faciale périphérique

L’installation des symptômes de la paralysie faciale périphérique est rapide dans de nombreux cas (paralysie faciale aiguë , traumatisme, zona ...) Lorsqu’elle accompagne une maladie telle que le diabète ou la sarcoïdose, la paralysie peut s’installer progressivement.

Visage présentant une paralysie faciale

Schéma : visage présentant une paralysie faciale

Des signes avant-coureurs peuvent précéder la paralysie : engourdissement au niveau de la face, douleurs derrière l’oreille, etc. L'intensité des symptômes varie beaucoup d'une personne à l'autre : elle peut aller de la paralysie incomplète à la paralysie totale. La moitié droite ou gauche du visage est affectée.

Le visage est asymétrique et peu expressif. Du côté atteint, les signes les plus évidents sont les suivants :

  • le front : les rides sont effacées. La personne ne peut pas plisser le front ;
  • l’œil :
    • le sourcil est abaissé, la personne ne peut pas le froncer,
    • l’œil est ouvert car la fente des paupières est élargie. La paupière inférieure semble pendre. Elle est parfois retournée chez la personne âgée. L’œil ne peut pas se fermer, ce qui induit un risque de lésions de la (infection et ulcère de la ),
    • le clignement de l’œil est difficile, voire impossible,
    • l’œil est larmoyant ;
  • la bouche est déformée. Elle semble étirée vers le côté indemne du visage lors des mouvements. La personne ne peut ni siffler, ni gonfler les joues. Elle éprouve des difficultés à boire, manger et parler ;
  • la joue est creusée et la commissure des lèvres tombante ;
  • le sillon entre le nez et la lèvre supérieure est effacé.

En cas de paralysie faciale bilatérale (des deux côtés simultanément), le visage est atone, sans expression.

Des signes caractéristiques attestent également de l’atteinte du nerf facial. Ils renseignent le médecin sur l’emplacement de la lésion nerveuse :

  • l’œil est sec car la sécrétion de larmes est diminuée ;
  • le goût est altéré au niveau de l’avant de la langue, sur le côté atteint ;
  • la sécrétion de salive est réduite ;
  • les sons provoquent une sensation douloureuse. Ils sont perçus plus fortement qu’en temps normal ;
  • une diminution de la sensibilité d’une partie de l’oreille.

Le diagnostic de la paralysie faciale périphérique

La première étape pour diagnostiquer une paralysie faciale est un examen clinique. Il est réalisé par le médecin traitant. Celui-ci adresse ensuite le patient à un spécialiste en oto-rhino-laryngologie (ORL) ou un neurologue. L’examen par un ophtalmologiste est souvent également nécessaire.

Au cours de l’examen clinique, le médecin évalue le fonctionnement des muscles du visage :

  • il apprécie le degré de sévérité de la paralysie faciale et sa rapidité d’installation ;
  • il localise l’atteinte du nerf facial ;
  • il rechercher sa cause.

D’autres examens peuvent être prescrits pour affiner le diagnostic :

  • un bilan sanguin ;
  • un bilan ORL : test d'audition et examen du , avec étude de sa mobilité (tympanométrie) ainsi que des réflexes du muscle de l’étrier (réflexes stapédiens) ;
  • des explorations de l’activité du nerf facial (électroneuronographie) et de l’activité des muscles de la face (électromyographie) ;
  • un scanner ou IRM dans certains cas graves associés à une autre pathologie, pour identifier la cause.

Comment évolue une paralysie faciale périphérique ?

Dans la majorité des cas, une paralysie faciale (c’est-à-dire sans cause identifiée) évolue favorablement, surtout si elle est incomplète :

  • la récupération débute en 8 à 15 jours ;
  • la guérison survient en moins de 2 mois.

Les personnes victimes de paralysies complètes ont une récupération plus lente qui reste partielle dans 20 % des cas. Les séquelles sont alors :

  • une persistance du défaut de mobilité sur la moitié du visage ;
  • une contraction faciale (appelée hémispasme) ;
  • des mouvements involontaires déclenchés lors d’un mouvement d’une autre partie du visage (appelés mouvements syncinétiques). Par exemple : le gonflement des joues entraîne la fermeture de l’œil ;
  • plus rarement, des larmoiements au cours des repas (appelés syndrome des larmes de crocodiles). Ils sont dus à une réimplantation anormale des connexions nerveuses sur la glande lacrymale.

Si le patient n’a pas récupéré au bout de 6 mois, ou si sa paralysie faciale récidive, des examens complémentaires sont réalisés. Ils ont pour but de rechercher une cause qui serait passée inaperçue.

Dans la paralysie faciale complète, il n'existe aucun test précoce indiscutable permettant d'affirmer comment la personne récupérera.

Dans le cas de paralysies faciales périphériques avec une cause sous-jacente, l’évolution dépend de la maladie liée.

Sources
  • Collège des enseignants en neurologie (CEN). Paralysie faciale. Site internet : CEN. Paris ; 2009 [consulté le 23 septembre 2014]
  • Collège français d’ORL. Paralysie faciale périphérique. Site internet : ORL France. Paris ; 2009 [consulté le 23 septembre 2014]
  • Alvarez V, Dussoix P, Gaspoz JM. Paralysie faciale : diagnostic et prise en charge par le médecin de premier recours. Rev Med Suisse. 2009;5(188):258-62
  • National Health service (NHS). Bell’s palsy, complications. Site internet : NHS choices. Londres ; 2012 [consulté le 23 septembre 2014]
  • Société française de radiologie, Société d'oto-rhino-layngologie et de chirurgie de la face et du cou. Indications et techniques de l'imagerie de l'oreille et du rocher. Site internet : ORL France. Paris ; 2008 [consulté le 22 septembre 2014]
  • Tiemstra JD, Khatkhate N. Bell’s palsy : diagnosis and management. Am Fam Physician. 2007;76(7):997-1002