Les symptômes, le diagnostic et l'évolution de la paralysie faciale

17 mai 2018
Absence de mimiques, œil et bouche pendants d'un seul côté du visage : tels sont les signes immédiatement visibles de la paralysie faciale. D’autres troubles peuvent également apparaître au niveau du goût, de l’audition et de la sécrétion de larmes.

Les symptômes de la paralysie faciale périphérique

L’installation des symptômes de la paralysie faciale périphérique est rapide dans de nombreux cas (paralysie faciale aiguë , paralysie faciale due à un traumatisme, un zona ...)

Lorsqu’elle accompagne une maladie telle que le diabète ou la sarcoïdose, la paralysie faciale peut s’installer progressivement.

Visage présentant une paralysie faciale

Schéma : visage présentant une paralysie faciale

Des signes avant-coureurs peuvent précéder la paralysie faciale :

  • engourdissement au niveau de la face,
  • douleurs derrière l’oreille, etc.

L'intensité des symptômes de la paralysie faciale varie beaucoup d'une personne à l'autre : elle peut aller de la paralysie incomplète à la paralysie faciale totale. La moitié droite ou gauche du visage est affectée.

Lorsque la paralysie faciale est installée, le visage est asymétrique et peu expressif.

Du côté atteint, les symptômes les plus évidents sont les suivants :

  • le front : les rides sont effacées. La personne ne peut pas plisser le front ;
  • l’œil :
    • le sourcil est abaissé, la personne ne peut pas le froncer ou le relever,
    • l’œil est ouvert car la fente des paupières est élargie. La paupière inférieure semble pendre. Elle est parfois retournée chez la personne âgée. L’œil ne peut pas se fermer, ce qui induit un risque de lésions de la (infection et ulcère de la ),
    • le clignement de l’œil est difficile, voire impossible,
    • l’œil est larmoyant ;
  • la bouche est déformée. Elle semble attirée vers le côté sain ou indemne du visage lors des mouvements. La personne ne peut ni siffler, ni gonfler les joues. Elle éprouve des difficultés à boire, manger et parler ;
  • la joue est creusée et la commissure des lèvres tombante ;
  • le sillon entre le nez et la lèvre supérieure est effacé.

En cas de paralysie faciale bilatérale rarissime (des deux côtés simultanément), le visage est atone, sans expression.

Dans la paralysie faciale périphérique, des signes caractéristiques sont présents et ils renseignent le médecin sur l’emplacement de la lésion du nerf facial sur son trajet :

  • l’œil est sec car la sécrétion de larmes est diminuée ;
  • le goût est altéré au niveau de l’avant de la langue, sur le côté atteint ;
  • la sécrétion de salive est réduite et la bouche peut être sèche ;
  • les sons provoquent une sensation auditive douloureuse. Ils sont perçus plus fortement qu’en temps normal ;
  • une diminution de la sensibilité d’une partie de l’oreille.

Le diagnostic de la paralysie faciale périphérique

La première étape pour diagnostiquer une paralysie faciale est un examen clinique. Il est réalisé par le médecin traitant. Celui-ci adresse ensuite le patient à un spécialiste en oto-rhino-laryngologie (ORL) ou un neurologue. L’examen par un ophtalmologiste est souvent également nécessaire.

Au cours de l’examen clinique, le médecin évalue le fonctionnement des muscles du visage :

  • il apprécie le degré de sévérité de la paralysie faciale et sa rapidité d’installation ;
  • il localise l’atteinte du nerf facial ;
  • il rechercher la cause de la paralysie faciale.

D’autres examens peuvent être prescrits pour affiner le diagnostic :

  • un bilan sanguin ;
  • un bilan ORL : test d'audition et examen du , avec étude de sa mobilité (tympanométrie) ainsi que des réflexes du muscle de l’étrier (réflexes stapédiens) ;
  • un bilan ophtalmologique : recherche de lésions de la et mesure de la capacité de l'œil à produire des larmes. L’un d’eux consiste, par exemple, à placer des bandes de papier-filtre sous les paupières inférieures et à mesurer la longueur de papier humidifié en deux minutes ;
  • des explorations de l’activité du nerf facial (électroneuronographie) et de l’activité des muscles de la face (électromyographie) ;
  • un scanner ou IRM dans certains cas graves associés à une autre pathologie, pour identifier la cause.

Comment évolue une paralysie faciale périphérique ?

La paralysie faciale ou a frigore

Dans la majorité des cas, une paralysie faciale (c’est-à-dire sans cause identifiée) évolue favorablement, surtout si elle est incomplète :

  • la récupération débute en 8 à 15 jours ;
  • la guérison survient en moins de 2 mois.

Les personnes victimes de paralysie faciale complète ont une récupération plus lente qui reste partielle dans 20 % des cas. Les séquelles sont alors :

  • une persistance du défaut de mobilité sur la moitié du visage ;
  • une contraction faciale involontaire (appelée hémispasme facial) ;
  • des mouvements involontaires déclenchés lors d’un mouvement d’une autre partie du visage (appelés mouvements syncinétiques ou syncinésies). Par exemple : le gonflement des joues entraîne la fermeture de l’œil ;
  • plus rarement, la survenue de larmoiements au cours des repas (appelés syndrome des larmes de crocodiles). Ils sont dus à une réimplantation anormale des connexions nerveuses sur la glande lacrymale.

Si le patient n’a pas récupéré au bout de 6 mois, ou si sa paralysie faciale récidive, des examens complémentaires sont réalisés. Ils ont pour but de rechercher une cause qui serait passée inaperçue.

Dans la paralysie faciale complète, il n'existe aucun test précoce indiscutable permettant d'affirmer comment la personne récupérera.

Les paralysies faciales périphériques de cause identifiée

Dans le cas de paralysies faciales périphériques avec une cause sous-jacente, l’évolution dépend de la maladie liée. Des séquelles sont plus fréquentes en cas de traumatisme ou de lésion tumorale, en raison de lésions irréversibles du nerf facial.

Sources
  • Collège des enseignants en neurologie (CEN). Paralysie faciale. Site internet : CEN. Paris ; 2017 [consulté le 17 mai 2018]
  • Collège français d’ORL. Paralysie faciale périphérique. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 17 mai 2018]
  • Alvarez V, Dussoix P, Gaspoz JM. Paralysie faciale : diagnostic et prise en charge par le médecin de premier recours. Rev Med Suisse. 2009;5(188) :258-62
  • Tiemstra JD, Khatkhate N. Bell’s palsy : diagnosis and management. Am Fam Physician. 2007;76(7):997-1002
  • National Health service (NHS). Bell’s palsy. Site internet : NHS choices. Londres ; 2017 [consulté le 17 mai 2018]