Paralysie faciale : définition et causes

27 juillet 2018
La paralysie faciale périphérique est la perte partielle ou totale du fonctionnement de certains muscles du visage. Elle est due à une lésion du nerf facial. Dans près de trois quarts des cas, elle n’a pas de cause identifiée.

Qu’est-ce qu’une paralysie faciale ?

La paralysie faciale est la perte du fonctionnement de certains muscles du visage concernant dans la grande majorité des cas une moitié du visage (hémi-face). Elle est due à une lésion du nerf facial.

Le nerf facial est un nerf complexe, qui part du bas et de l’arrière du cerveau, traverse l’os situé derrière l'oreille (appelé le rocher) et se ramifie au niveau du visage. Il a plusieurs fonctions :

  • il commande les muscles de la face et le muscle de l’étrier (l’un des osselets de l’oreille moyenne) ;
  • il permet la sensibilité d’une partie de l’oreille ;
  • il assure la perception du goût par la majeure partie de la langue ;
  • il est responsable de la sécrétion des glandes lacrymales (larmes), nasales et salivaires.

Ces fonctions sont altérées lorsque le nerf facial est atteint sur son trajet et les symptômes varient selon le niveau de la lésion nerveuse.

Il existe un nerf facial pour la moitié gauche du visage et un autre pour la moitié droite. C’est pourquoi les troubles dus à la paralysie faciale apparaissent d’un côté ou de l’autre, séparant le visage selon un axe vertical.

On parle de paralysie faciale périphérique quand le nerf est atteint dans son trajet extérieur au cerveau.

Plus rarement, le nerf est atteint à l’intérieur du cerveau : c’est alors une paralysie faciale centrale. Dans ce cas, la partie supérieure du visage (le front en particulier) est souvent épargnée. En revanche, d’autres troubles neurologiques sont presque toujours associés, comme une atteinte des muscles du bras.

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Les causes des paralysies faciales périphériques

La paralysie faciale a frigore

La paralysie faciale périphérique la plus fréquente est la paralysie faciale , dite a frigore, ou paralysie de Bell.

Elle représente 72 % des paralysies faciales périphériques. Elle atteint 15 à 30 personnes sur 100 000. Elle est aussi fréquente chez les hommes que chez les femmes, avec un pic vers l’âge de 40 ans.

La paralysie faciale a frigore s'installe brutalement et sans cause évidente. Cependant, sa survenue semble s'expliquer par une réactivation d'un virus du groupe herpès (HV 1 responsable de l'herpès labial). Elle régresse le plus souvent.

D'autres causes plus rares de paralysie faciale périphérique

D'autres causes infectieuses, traumatiques, tumorales... de paralysie faciale sont possibles.

La paralysie faciale périphérique peut résulter d’un choc ou accident :

  • fracture de la base du crâne (fracture du rocher) ;
  • plaie dans la région de la glande salivaire (ou ) située en avant et sous le pavillon de l’oreille ;
  • séquelles de chirurgie de l’oreille, de la parotide, ou d’une tumeur bénigne du nerf acoustique (neurinome) ;
  • traumatisme du nerf facial chez le nouveau-né, lors d'un accouchement difficile.

Des maladies infectieuses peuvent aussi être la cause de paralysie faciale :

Certaines paralysies faciales sont associées à la présence de tumeurs bénignes ou cancéreuses :

  • tumeurs du rocher : méningiome ou cholestéatome
  • tumeur neurologique (par exemple le neurinome de l'acoustique) ;
  • tumeur de la parotide.

La paralysie faciale apparait parfois comme la conséquence d’une maladie concomitante :

  • diabète avec atteintes neurologiques ;
  • sclérose en plaques, surtout lorsqu'elle évolue par poussées ;
  • polyradiculonévrite, du système nerveux périphérique ;
  • sarcoïdose.
Sources
  • Collège des enseignants en neurologie (CEN). Paralysie faciale. Site internet : CEN. Paris ; 2017 [consulté le 17 mai 2018]
  • Collège français d’ORL. Paralysie faciale périphérique. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 17 mai 2018]
  • Alvarez V, Dussoix P, Gaspoz JM. Paralysie faciale : diagnostic et prise en charge par le médecin de premier recours. Rev Med Suisse. 2009;5(188) :258-62
  • Tiemstra JD, Khatkhate N. Bell’s palsy : diagnosis and management. Am Fam Physician. 2007;76(7):997-1002