Les traitements du panaris

04 avril 2017
Après son examen, le médecin traitant met en route un traitement médical ou adresse son patient à un chirurgien si le panaris est collecté. Quel que soit le stade du panaris, l'antibiothérapie n'est pas systématique. En revanche, les soins locaux antiseptiques doivent être rigoureux.

La consultation pour panaris

Grâce à son examen clinique, le médecin traitant évalue la gravité du panaris. Il recherche également la présence de ganglions au niveau du coude et sous l’aisselle ainsi que la présence d’une (inflammation des vaisseaux lymphatique provoquant une traînée rouge sur l’avant-bras).

Aucun examen complémentaire n’est utile au diagnostic.

Le médecin traitant prescrit le traitement en cas de panaris inflammatoire et adresse son patient à un chirurgien en cas de panaris collecté au stade d’abcès.

Le traitement du panaris

Les soins dépendent du stade d’évolution du panaris.

Lorsque le panaris est au stade d'inflammation sans abcès, le traitement est médical et vise à prévenir l’extension de l’infection ; il comporte :

  • des bains antiseptiques du doigt plusieurs fois par jour ;
  • la prise d’antalgiques comme le paracétamol pour diminuer la douleur ;
  • éventuellement, pour les personnes fragiles (immunodéprimées, atteintes de pathologies des , diabétiques...), une antibiothérapie anti staphylococcique pendant 10 jours environ ;
  • une surveillance quotidienne, pour suivre l'évolution vers la régression ou, au contraire, vers le stade d'abcès.

En l’absence d’amélioration sous 48 heures après le début du traitement d’un panaris au stade inflammatoire ou lorsque le panaris est vu d’emblée au stade d'abcès purulent, le médecin adresse son patient à un chirurgien pour excision de la zone infectée. Cette intervention est pratiquée au bloc opératoire le plus souvent sous anesthésie générale, en structure de chirurgie ambulatoire.

La chirurgie ambulatoire permet de se faire opérer et de rentrer chez soi le soir même.

Le premier soin réalisé le lendemain de l'intervention confirme la disparition des signes infectieux locaux, et est suivi de pansements quotidiens jusqu'à complète cicatrisation dirigée, obtenue en principe en 1 à 2 semaines.

Après chirurgie, la prescription d'antibiotique n’est pas systématique. Lorsqu’elle est nécessaire (en cas de diffusion de l’infection, personnes immunodéprimées ou atteintes de certaines affections cardiaques…), l’antibiotique est prescrit après analyse du pus recueilli. Cette analyse permet d’identifier la bactérie responsable de l’infection, et de tester sa sensibilité aux différents antibiotiques, afin de choisir l’antibiotique le plus efficace.

Les petites plaies des mains sont une porte d’entrée possible pour le tétanos.

En cas de panaris, il est important de vérifier que les rappels de vaccin antitétanique ont été régulièrement effectués : un rappel doit être effectué tous les 10 ans chez l’adulte.

Si la vaccination est trop ancienne, l’injection d’un sérum antitétanique, qui permet d’apporter une protection immédiate mais peu durable, est associée à un rappel de vaccin antitétanique.

"Les antibiotiques, si on les utilise à tort, ils deviendront moins forts"

Les antibiotiques ne permettent pas de soigner les maladies d’origine virale. Il est essentiel de réserver les antibiotiques aux maladies infectieuses bactériennes pour lesquelles vous en avez vraiment besoin. La consommation inappropriée d’antibiotiques rend les bactéries plus résistantes.

Sources
  • Ébelin M, Beccari R, Maiez A. Infections de la main. EMC - Appareil locomoteur ; 2006:1-17 [Article 14-070]
  • ECN Pilly : Infections aiguës des parties molles. Site internet : infectiologie.com ; 2014 [consulté le 23 octobre 2015]
  • Faculté de médecine Pierre et Marie Curie. Panaris, phlegmons des gaines et des espaces celluleux de la main. Site internet : chups.jussieu ; Paris [consulté le 23 octobre 2015]