Symptômes, diagnostic et évolution d’une otite externe

14 novembre 2019
Les symptômes de l’otite externe sont surtout dominés par la douleur intense ressentie à l’entrée de l’oreille, signe qui permet souvent de confirmer le diagnostic. Grâce au traitement, l’otite externe guérit et les complications sont rares.

Les symptômes de l’otite externe aiguë

Les premiers signes de l'otite externe sont une sensation de plénitude de l’oreille et des démangeaisons du conduit auditif (prurit).

Ensuite, la personne ressent des douleurs au niveau de l’oreille appelées otalgies. Celles-ci deviennent rapidement intenses et lancinantes. Elles augmentent dans les premières heures après s’être couché(e) et lors de la mastication. La présence de nombreux nerfs très sensibles au niveau du conduit auditif externe explique ces fortes douleurs présentes dans la quasi-totalité des cas (93 %) d'otite externe.

D’autres symptômes s’ajoutent, sans que la personne n’ait de fièvre :

  • un écoulement clair puis purulent de l’oreille (otorrhée) apparaît ;
  • le conduit auditif externe gonfle et rougit (érythème) jusqu'à son oblitération complète ;
  • plus rarement, un œdème autour de l’oreille et des ganglions augmentés de volume au niveau du cou, peuvent apparaître.

Le diagnostic d’otite externe

Pour poser le diagnostic d’otite externe, le médecin recherche une douleur provoquée :

  • à la palpation du tragus, petite languette cartilagineuse faisant saillie à l’avant de l’orifice externe du conduit auditif ;
  • ou lors la traction du pavillon de l’oreille.

Il effectue un examen du conduit auditif externe grâce à un , dont l’introduction est souvent douloureuse en cas d’otite externe. L’examen montre un conduit auditif externe œdématié (gonflé), rouge, sensible avec des sécrétions blanchâtres ; celles-ci peuvent être aspirées.

Cet examen permet :

  • de différencier une cause bactérienne ou mycosique (fongique) de l’otite externe ;
  • de vérifier que le est bien fermé ;
  • d’éliminer d’autres causes d’otalgies liées à la présence :
    • d’un bouchon de cérumen, responsable de douleurs de l’oreille lorsqu’il est gonflé par de l’eau, comme cela est souvent le cas après une baignade. S’il est bien présent, le médecin extrait le bouchon et procède à une vérification de l'état du conduit auditif externe et du tympan ;
    • d’un corps étranger intra auriculaire (dans le conduit auditif). Celui-ci doit alors être enlevé ;
    • d’un furoncle dans le conduit auditif. L'infection se limite aux follicules pileux de l’orifice du conduit auditif externe. Elle est due à la bactérie Staphylococcus aureus ;
    • d’un zona de l’oreille. Il débute par une otalgie intense ressentie comme une brûlure, associée à la présence de vésicules localisées au niveau du pavillon de l’oreille et du conduit auditif ;
    • d’une tumeur rare du conduit auditif externe.

Évolution de l’otite externe

Le traitement de l’otite externe est efficace en quelques jours. Les complications sont rares. L’otite externe peut toutefois évoluer vers :

  • une infection du pavillon de l’oreille (périchondrite) ;
  • une otite externe nécrosante qui survient le plus souvent chez les personnes diabétiques ;
  • une otite externe chronique.

Une otite externe devient chronique :

  • lorsqu’elle persiste au-delà de 4 semaines
  • ou quand plus de 4 épisodes surviennent par an.

La douleur est alors moins sévère, mais les démangeaisons du conduit auditif (prurit) sont constantes et un écoulement de l’oreille (otorrhée) persiste. Le prurit prédispose à des grattages fréquents provoquant des excoriations (perte des couches superficielles de la peau) et des récidives d’otites externes aiguës à répétition. L’otite chronique est favorisée par la présence d’un eczéma ou d’une allergie.

Reconnaître une otite externe nécrosante

Une otite externe nécrosante est une infection agressive du conduit auditif externe à laquelle s’ajoute une infection de l'os temporal (au niveau de la tempe) et de la base du crâne. Elle se traduit par une otite externe diffuse aiguë qui ne répond pas aux traitements habituels. Elle se reconnaît surtout par :

  • la sévérité de la douleur, qui diffuse à la base du crâne ;
  • la présence de fièvre et d’une grande fatigue.

Dans la moitié des cas, l'écoulement de l’oreille (otorrhée purulente) est inconstant. Peuvent aussi être observés :

  • Collège Français d'ORL et de Chirurgie Cervico-faciale. Otites infectieuses de l’adulte et de l’enfant. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 18 juillet 2019]
  • Martin C. Traitement des otites externes bactériennes non compliquées (OEBNC) par les gouttes auriculaires. Référentiel. Site internet : Société française d’oto-rhino-laryngologie (SFORL). Paris ; 2017 [consulté le 18 juillet 2019]
  • Bizindavyi F, Guyot JP, Kos MI. Otites externes : une maladie auto-infligée ? Rev Med Suisse 2007;3
  • Maladies infectieuses et tropicales – Préparation ECN – Tous les items d’infectiologies. UE6 N° 147 : Otites infectieuses de l’adulte et de l’enfant. 5e éd. Paris. Alinéa Plus, 2018.
  • Haute autorité de Santé (HAS). Anti-infectieux associés à un corticoïde en gouttes auriculaires : antibio synalar (néomycine, polymixine B, fluocinolone). ORL - Mise au point. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 18 juillet 2019]