Le traitement de l'ostéoporose

08 juin 2020
Le traitement de l'ostéoporose a pour but de prévenir la survenue de fractures. Il est indiqué lorsque le risque fracturaire est élevé. Il existe différents types de traitements adaptés aux facteurs de risque de la personne. Les médicaments les plus fréquemment prescrits sont des biphosphonates. Les mesures hygiénodiététiques sont toujours indispensables.

Les grands principes du traitement de l'ostéoporose

L'objectif du traitement de l'ostéoporose est d'éviter la survenue de fractures en renforçant la solidité du tissu osseux.

Le médecin prend la décision de traiter l'ostéoporose après :

  • évaluation du risque de fracture chez la personne concernée,
  • analyse de ses antécédents de fracture,
  • prise en compte de son âge,
  • analyse de sa densité minérale osseuse (DMO) par ostéodensitométrie.

Les mesures hygiénodiététiques indispensables

Avant tout traitement spécifique de l'ostéoporose et en accompagnement du traitement d'une ostéoporose diagnostiquée, le médecin :

  • corrige une éventuelle carence en vitamine D. Après un traitement d'attaque, la dose de vitamine D en entretien varie entre 800 UI et 1 200 UI  par jour. Des doses équivalentes de 80 000 à 100 000 UI peuvent être proposées tous les 2 à 3 mois ;
  • s'assure d'un apport en calcium suffisant. Il peut conseiller une modification de l'apport alimentaire ou prescrire un médicament qui associe calcium et vitamine D. L’apport total en calcium doit atteindre 1 000 à 1 200 mg par jour chez une femme ménopausée (apport par l’alimentation (y compris les eaux minérales riches en calcium), seule ou avec un supplément médicamenteux) ;
  • propose l'arrêt du tabac ;
  • incite à la pratique d'activité physique adaptée et suffisante, qui permet de renforcer l'équilibre et de diminuer le risque de chute ;
  • s'assure de la mise en place de mesures de prévention des chutes.

Les principaux médicaments de l'ostéoporose

Les médicaments disponibles contre l’ostéoporose

Ils se distinguent :

  • par leur mode d’action : soit ils freinent la perte de masse osseuse, soit ils stimulent la formation osseuse, soit ils ont les deux actions,
  • par la localisation préférentielle de leur action. La diminution du risque de fracture peut concerner uniquement les vertèbres ou la hanche, ou les deux, ou d’autres localisations.

Le médecin choisit le traitement le plus adapté à la personne en prenant en compte son âge, son sexe, ses facteurs de risque, ses antécédents de fractures, les résultats de l'ostéodensitométrie et l’existence d’autres maladies.

Les principaux médicaments freinant la résorption osseuse sont  les biphosphonate, le raxolifène et le dénosumab.

  • les biphosphonates en comprimés à prendre une fois par semaine (alendronate ou risédronate par exemple). Ils réduisent le risque de fracture vertébrale, non vertébrale et du col du fémur (extrémité supérieure du fémur). Ils augmentent le risque d'ostéonécrose de la mâchoire ;
  • le raloxifène en comprimés à prendre chaque jour. Il réduit le risque de fracture vertébrale ;
  • le dénosumab en injections sous-cutanées tous les 6 mois. Il réduit le risque de fracture vertébrale, de fracture d’autres localisations et de la hanche. Il n’est utilisé qu’en seconde intention lorsque les biphosphonates ne sont pas efficaces ou mal tolérés. Comme les biphosphonates, il augmente le risque d'ostéonécrose de la mâchoire.

Le tériparatide stimule la formation d'os.

Il est administré en injections sous-cutanées quotidienne. Il est réservé aux formes sévères d'ostéoporose (présence de fractures vertébrales). Il réduit le risque de survenue de fractures vertébrales ou d’autres localisations, mais pas de la hanche ;

Le denosumab et le tériparatide sont des médicaments d’origine biologique, c’est-à-dire qu’on les fait fabriquer par des bactéries ou d’autres cellules vivantes. Le denosumab est un anticorps monoclonal qui bloque l'action des cellules chargées de détruire l'os (ostéoclastes).

Qu'est-ce qu'un anticorps monoclonal ?

Les anticorps sont des protéines fabriquées par le . Ils se fixent sur une partie reconnaissable d'une substance étrangère (un virus par exemple), que l’on appelle un . C’est la fixation de l’anticorps sur l’antigène étranger qui permet ensuite son élimination.

Les anticorps monoclonaux sont des anticorps produits en laboratoire qui imitent ceux produits naturellement par le . Ils sont produits à partir d’un clone de cellules (d’où le terme monoclonal). Ces anticorps agissent en se fixant à une cible reconnaissable. Ils sont fabriqués pour que leur cible soit un élément que l'on veut bloquer, par exemple, un processus de destruction de la masse osseuse par certaines cellules.

Quelle démarche de traitement de l'ostéoporose ?

Une fois décidé, le traitement de l'ostéoporose doit être pris sans interruption. Il est long (18 mois pour le tériparatide et plusieurs années pour les autres traitements). Même si la personne n'a aucune fracture, il ne doit pas être arrêté. Un traitement interrompu n'est pas utile pour prévenir le risque de fracture sur 5 à 10 ans.

Les médicaments les plus utilisés pour traiter l’ostéoporose sont les bisphosphonates. Ces molécules freinent l’activité des ostéoclastes, les cellules qui dégradent l’os, limitant ainsi la perte osseuse.

Les autres médicaments sont utilisés en seconde intention ou dans des situations particulières.

Chez les femmes ménopausées de moins de 60 ans, en présence de troubles climatériques de la ménopause importants (ou en cas d'échec des autres traitements de l'ostéoporose), un traitement hormonal de la ménopause (THM) peut être prescrit en l'absence de contre-indications. Il a plutôt un rôle préventif de l'ostéoporose. Une surveillance est indispensable en raison du risque de cancer du sein et d'accident cardiovasculaire qu'il induit.

Recommandations lors d'un traitement par biphosphonates

La prise de biphosphonates peut entraîner des complications osseuses au niveau des mâchoires (ostéonécrose de la mâchoire).

Un bilan bucco-dentaire et radiologique est recommandé avant de débuter un traitement par ces médicaments.

Il est conseillé de réaliser les soins dentaires nécessaires avant la mise en route du traitement par biphosphonates : traitement des caries, suppression des foyers infectieux et extractions dentaires si nécessaire. Cependant, ces soins ne doivent pas retarder l’instauration du traitement chez les patients à risque élevé de fractures.

Dans tous les cas, une surveillance de l’hygiène buccodentaire et un suivi régulier par un chirurgien dentiste sont également conseillés tout au long du traitement.

Une fois le traitement mis en route, le biphosphonate doit être pris :

  • à jeun,
  • sans aucune autre prise de médicaments,
  • avec un grand verre d'eau plate peu minéralisée (eau du robinet par exemple),
  • 30 minutes au moins avant le repas,
  • en position assise ou debout,
  • sans se recoucher ensuite pour réduire le risque de lésion œsophagienne due au médicament.

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