Comprendre l'ostéoporose

28 novembre 2018
L'ostéoporose est une maladie diffuse du squelette caractérisée par une diminution de la densité osseuse et des altérations de la micro-architecture des os. Ces altérations rendent l'os plus fragile et augmentent le risque de fracture.

Qu’est-ce que l’ostéoporose ?

L'ostéoporose est une maladie osseuse qui associe à la fois une diminution de la densité de l'os et des modifications de sa micro-architecture. L'os est plus fragile, moins résistant et, par conséquent, le risque de fracture augmente (fractures du col du fémur, du poignet, des vertèbres...)

Les fractures ostéoporotiques (ou fractures de fragilité) surviennent à la suite d'un faible traumatisme équivalent au plus à une chute de sa propre hauteur en marchant.

Il ne faut pas confondre ostéoporose et arthrose, deux maladies fréquentes mais différentes survenant après 50 ans :

  • L'ostéoporose est une maladie diffuse du squelette caractérisée par une diminution de la densité des os et donc de la résistance osseuse. Elle peut entrainer des fractures.
  • L'arthrose est une usure puis une destruction du cartilage des articulations. Elle est douloureuse et diminue la mobilité articulaire.

Les mécanismes de l'ostéoporose

L'os est un tissu vivant qui se reconstruit en permanence pour conserver sa solidité. L’os ancien endommagé est remplacé par un nouvel os sain. C’est le remodelage osseux. Ce renouvellement est le fruit du travail de deux types de cellules :

  • les ostéoclastes qui détruisent l'ancien os : c'est la résorption osseuse ;
  • les ostéoblastes qui fabriquent le nouvel os : c'est la formation osseuse.

Jusqu’à environ 45 ans, les activités de résorption et de formation s'équilibrent et permettent le renouvellement de la structure osseuse. Avec le vieillissement, tant chez la femme que chez l’homme, il y a une diminution « naturelle » de la masse osseuse.

De nombreux facteurs interviennent dans cette régulation. Les plus connus sont :

  • Les hormones sexuelles (notamment les œstrogènes et les androgènes). En effet, ces hormones contrôlent le remodelage osseux et favorisent la formation d’os jeune.
  • La vitamine D. Un manque de vitamine D peut perturber cet équilibre.

Chez certaines personnes, cette perte de masse osseuse est sans conséquences graves.

Chez d'autres, l’accélération pathologique de la résorption osseuse non compensée par une formation osseuse suffisante conduit à une perte excessive de la masse osseuse et de sa résistance. Une ostéoporose apparaît.

© Blausen Medical

Les chiffres-clés de l’ostéoporose

L’ostéoporose est 2 à 3 fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme, en raison de la ménopause. En France, autour de l’âge de 65 ans, on estime que 39% des femmes souffrent d’ostéoporose. Chez celles âgées de 80 ans et plus, cette proportion monte à 70%.

Mais les hommes ne sont pas pour autant épargnés. L’ostéoporose masculine liée à l’âge est moins fréquente, plus tardive que chez la femme, mais elle n'est pas sans conséquence, puisqu’un quart des fractures dues à une fragilité osseuse surviennent chez l’homme.

En 2013, en France, 177 000 personnes de plus de 50 ans (dont 2/3 de plus de 70 ans) ont été hospitalisés pour une fracture ostéoporotique. Ces hospitalisations concernaient 3 femmes pour 1 homme.

Les fractures liées à l’ostéoporose sont le plus fréquemment :

Les principaux facteurs favorisant l'ostéoporose

Le risque d'ostéoporose est d'autant plus marqué que les facteurs favorisants se cumulent.

Les principaux facteurs favorisants de l'ostéoporose sont :

  • l'âge : le vieillissement est la première cause d'ostéoporose ;
  • le sexe féminin ;
  • la ménopause surtout si ménopause avant 40 ans ;
  • une prédisposition génétique avec l'existence de cas d'ostéoporose dans la famille ;
  • un traitement par corticoïdes à dose importante pendant une durée d'au moins trois mois consécutifs (en cours ou passée) par exemple en cas de polyarthrite rhumatoïde ou un traitement inducteur d'ostéoporose (par ex : hormonothérapie du cancer de la prostate) ;
  • certaines affections endocriniennes :
    • augmentation de sécrétion des glandes parathyroïdes (situées au niveau du cou et intervenant dans la régulation du métabolisme du calcium et du phosphore),
    • hyperthyroïdie,
    • affections responsables d'une baisse ou d'un arrêt de la sécrétion des hormones sexuelles (ex : endométriose traitée par antigonadotropes) ;
  • une minceur excessive (indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 19) ;
  • l'absence d'activité physique ou une immobilisation prolongée ;
  • une carence en vitamine D (notamment par manque d'ensoleillement en hiver, chez les personnes âgées à mobilité réduite) ;
  • une carence en calcium due à un apport insuffisant ou à un régime inapproprié (riche en sel, en protéines et/ou en café), qui favorise la fuite de calcium dans les urines ;
  • la consommation excessive de tabac et d'alcool.
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Ostéoporose : quels sont les facteurs qui augmentent le risque de fracture ?

Les principales complications de l'ostéoporose sont les fractures qui constituent toute la gravité de cette maladie.

Plusieurs facteurs de risque de fracture existent :

Le risque de chute est aggravé par certaines situations

Les chutes à l'origine de nombreuses fractures chez les personnes atteintes d'ostéoporose sont favorisées par :

  • Collège français des enseignants en rhumatologie. Ostéoporose. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010 - 2011 [consulté le 28 novembre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Prévention, diagnostic et traitement de l'ostéoporose. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2006 [consulté le 28 novembre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Les médicaments de l'ostéoporose. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 28 novembre 2018]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Ostéoporose. Site internet : INSERM. Paris ; 2016 [consulté le 28 novembre 2018]
  • Briot K, Roux C, Thomas T, Blain H, Buchon D, Chapurlat R, et al.  Actualisation 2018 des recommandations françaises du traitement de l'ostéoporose post-ménopausique. Rev Rhum. 2018;85:428-440