Sommaire : Œil rouge

Œil rouge : consultation et traitement

Une consultation ophtalmologique permet de préciser la cause de la rougeur de l'œil. Le traitement dépend des résultat du bilan. Il est parfois urgent.

Œil rouge : la consultation

Analyse des symptômes

Votre médecin vous fait préciser les circonstances de survenue de vos problèmes :

  • vos problèmes de santé : ophtalmologiques (opération, maladie des yeux) et généraux (autres maladies éventuelles) ;
  • vos traitements en cours, notamment les collyres que vous mettez ;
  • le port éventuel de lentilles ;
  • si un évènement déclencheur ou accidentel est survenu (traumatisme, accident domestique ou du travail.

Il vous interroge sur les 3 symptômes importants : rougeur de l'œil, douleurs oculaires et acuité visuelle.

 La rougeur de l’œil

  • Est-ce un premier épisode d’œil rouge ou est-ce récurrent ? Si vous avez présenté plusieurs épisodes de rougeur de l’œil, est-ce toujours sur un seul œil ou les deux ou bien en alternance ?
  • L’œil est-il devenu brutalement rouge ou progressivement ?
  • La rougeur est-elle accompagnée de démangeaisons (prurit), d’un écoulement (clair, purulent…) ?
  • Vos paupières sont-elles enflées, rouges ?

Les douleurs

  • Avez-vous des douleurs des yeux superficielles, modérées, à type de sensation de corps étranger (poussières ou grains de sable), de picotements ou de brûlures, voire de démangeaisons, ou plus importantes, accompagnées d'une , d'un larmoiement et d’une fermeture involontaire des paupières ou d’un tremblement des paupières ?
  • Avez-vous des douleurs plus profondes, intenses, avec des irradiations au niveau du visage, des maux de tête, etc. ?

L'acuité visuelle

  • Est-ce que vous voyez moins bien et si oui, depuis combien de temps ?
  • Avez-vous une impression de flou 

Examen ophtalmologique


Le médecin procède à un examen ophtalmologique précis pour déterminer la cause de la rougeur de l'œil. 

Il mesure votre acuité visuelle de loin et de près avec correction optique, si besoin.

Il examine toujours les deux yeux, d’abord à la lumière ambiante, avec une loupe grossissante, puis à la lampe à fente.

  • Il regarde la des paupières (face intérieure des paupières) en les retournant.
  • Il examine la surface de l’œil avec une lumière bleue, puis en ajoutant un filtre jaune. Il instille un collyre à la fluorescéine (colorant orange) pour mieux voir les anomalies de la . L'épithélium (couche très superficielle) cornéen normal ne retient pas la fluorescéine qui, en revanche, se fixe dans les zones où l'épithélium est lésé ou défectueux ; les altérations apparaissent vertes en lumière bleue.
  • Il effectue, si nécessaire, un test à la néosynéphrine. Après application dans l’œil de ce produit, la dilatation des vaisseaux et la rougeur disparaissent en cas d’épisclérite, mais persistent en cas de sclérite. Ce test permet donc de différencier ces deux types d’atteinte des yeux.
  • Il recherche des lésions de la chambre antérieure, du cristallin ou de l’.

Il mesure la pression intra-oculaire (recherche d’une tension anormalement basse ou anormalement haute comme dans le glaucome) ou tonométrie. La mesure de la pression intra-oculaire est faite par tonométrie à air, souvent utilisée en dépistage de l'hypertonie oculaire en cabinet de consultation. Si besoin, la mesure peut être faite par tonométrie à aplanation de Goldman, qui nécessite un équipement technologique plus important.

Il réalise un fond d’œil si nécessaire.

Des examens spécialisés en cas d’atteinte grave de l’œil pourront être demandés : une IRM, une échographie, une angiographie, un bilan sanguin, etc.

Des informations en langage « facile à lire et à comprendre »

Consultez les informations en langage « facile à lire et à comprendre » (FALC) sur la consultation d’ophtalmologie et les examens réalisés pour déterminer si vous souffrez d’une maladie des yeux, en téléchargeant les bandes dessinées réalisées par l’association CoActis Santé dans le cadre de son projet SantéBD  :

 

Œil rouge : le traitement

Le traitement de l’œil rouge dépend de la cause : traitement local antiseptique ou antibiotique, anti-inflammatoire, collyre anti-allergique, ablation de corps étrangers, pansement oculaire occlusif…

Ce traitement est parfois urgent.

Une surveillance de l’évolution de la rougeur et de l’état de l’œil peut être nécessaire pour s'assurer de la régression des lésions, pour rechercher une cataracte post traumatique, une hypertension intra-oculaire, etc.

Traumatisme et corps étranger dans l'œil

Le traitement comporte des mesures de protection de l'œil et l'ablation du corps étranger en cabinet de consultation ou en milieu hospitalier.

Conjonctivite

Le traitement de la conjonctivite dépend de la cause. Il repose sur des lavages oculaires et l'administration d'un collyre.

Ce collyre peut, dans certains cas de conjonctivite bactérienne, contenir des antibiotiques.

En cas d'allergie, le collyre contient un antihistaminique . Il est recommandé, par ailleurs, d'éviter tout contact avec l’.

Traitement par collyre

Schéma illustrant la bonne façon de mettre du collyre : la tête penchée en arrière, les yeux fixés vers le haut, un doigt utilisé pour abaisser la paupière inférieure

Le port de lentilles est temporairement différé et l’administration des collyres nécessite une bonne hygiène des mains.

Hémorragie sous conjonctivale ou hyposphagma

L'hémorragie sous conjonctivale guérit habituellement en 10 à 20 jours sans traitement.

À distance de l'épisode, un bilan peut être nécessaire à la recherche d’une anomalie vasculaire locale au niveau de l’œil ou d’une hypertension artérielle méconnue.

Épisclérite

Le traitement repose sur l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens en collyres (AINS ou corticoïdes en collyre). La guérison survient en 2 à 3 semaines.

Sclérite

En cas de sclérite, des anti-inflammatoires non stéroïdiens et/ou des corticoïdes à prendre en comprimés sont prescrits, accompagnés d’un traitement adapté selon la maladie sous-jacente (polyarthrite rhumatoïde, lupus, spondylarthrite ankylosante, etc.). Dans les cas sévères ou associés à une évolution de la maladie générale, les immunosuppresseurs ou les biothérapies sont utilisés.
L’évolution peut être chronique avec des épisodes de rémission.

Lorsque la sclérite est d’origine infectieuse (zona, herpès), un traitement antiviral est prescrit.

Glaucome aigu

En cas de glaucome aigu par fermeture de l’angle iridocornéen, le traitement est urgent.
Une hospitalisation peut être nécessaire avec un traitement par voie intraveineuse associé à un traitement par collyre, l’un et l’autre destinés à faire baisser la tension oculaire.
Une fois que la tension oculaire est redevenue normale, un traitement par ou chirurgical est programmé pour éviter les récidives.

Endophtalmie

L’endophtalmie est une urgence pour laquelle chaque minute compte. L’ophtalmologue réalise un prélèvement de diagnostic avant de procéder à une injection intra-oculaire d’antibiotique, associée à un traitement antibiotique par voie générale.

Kératite

La bactérienne

Après lavage oculaire, des antibiotiques topiques (collyres ou pommade ophtalmique) sont administrés plusieurs fois par jour et ce traitement est souvent suffisant dans les formes précoces et peu sévères.

La virale

La virale est traitée par des lavages oculaires, des lubrifiants et cicatrisants en collyre.
En cas de kératite herpétique, le médecin prescrit un collyre antiviral et un traitement par médicaments antiviraux par voie générale (comprimés) si une uvéite est associée.

À noter : aucun collyre contenant des corticoïdes ne doit être mis dans les yeux en raison du risque d’extension des ulcérations dues au virus de l’herpès.
En cas de kératite zostérienne au cours d’un zona,un traitement antiviral par collyre et un traitement antiviral par voie générale permettent non seulement de guérir l’atteinte oculaire mais aussi de réduire la fréquence et la durée des douleurs zostériennes.
Un traitement protecteur cornéen local par substituts lacrymaux (larmes artificielles) est systématiquement associé.

La d'exposition

Dans la paralysie faciale périphérique, l’œil ne se ferme plus. Le traitement réside dans le port d’un pansement occlusif sur les yeux, pendant la nuit. Le jour, des instillations de collyre ou de pommade protecteurs de la sont indispensables. En cas de kératites à répétition, une tarsorraphie (mise en place de sutures verticales entre les deux bords libres des paupières pour réduire l’étendue de la fente palpébrale), permet d'assurer la protection de la .

Uvéite

L'uvéite antérieure aiguë

Le traitement est local par corticoïdes (collyres, pommades).
Le traitement comporte aussi celui de la maladie associée si celle-ci est diagnostiquée.

L'uvéite postérieure

Le traitement de la maladie en cause est indispensable.
L’administration d’un traitement local et général par corticostéroïdes, voire par médicaments immunosuppresseurs est nécessaire.

  • Collège des ophtalmologistes universitaires de France. Inflammations et infections oculaires. ECN 2021. 5ème édition Elsevier Masson
  • Syndicat national des ophtalmologistes de France. Traumatismes de l’œil. Site internet : Snof. Strasbourg (France) [consulté le 27 janvier 2023]
  • Guindolet D, Gabison É. Les sclérites. Les Cahiers d'Ophtalmologie 2018;n°219:30-3
  • Gardier S.Urgences ophtalmiques : quand référer un patient ? Revue médicale suisse 2019(15):667
  • National Health service. Red eye. Site internet : NHS. Londres ; 2022 [consulté le 27 janvier 2023]
  • National Library of medecine. Medical encyclopedia MedlinePlus. Eye redness. Site internet : MedlinePlus. Bethesda (USA) ; 2020 [consulté le 27 janvier 2023]
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