Nodule thyroïdien : les soins prescrits

16 mai 2017
Selon le type de nodule, l’équipe médicale recommande une simple surveillance, une intervention chirurgicale ou un traitement à l’iode 131. En cas d’ablation de la thyroïde, des troubles postopératoires peuvent survenir (ex. : voix cassée).

La prise en charge du nodule dit "froid"

Celle-ci comporte plusieurs phases.

Pour les nodules dits "froids", bénins et ne secrétant pas d’hormones thyroïdiennes, un suivi médical est le plus souvent suffisant. Il consiste à passer un examen clinique et une échographie à des échéances définies par le médecin.

Si nécessaire, selon l’évolution du nodule, une ou plusieurs cytoponctions peuvent aussi être prescrites. Si le nodule n’évolue pas, les examens de suivi sont espacés progressivement.

L’ablation de la glande thyroïde ou thyroïdectomie est recommandée :

  • en cas de suspicion de nodule cancéreux (selon les résultats de la cytoponction) ;
  • si le nodule, bien que bénin, est de taille plus importante allant jusqu'à entraîner une gêne pour avaler, respirer et/ou parler.

Lors des consultations préopératoires, le chirurgien et l’anesthésiste prescrivent, si nécessaire, des examens complémentaires et expliquent au patient le déroulé de l’intervention.

L’opération en elle-même consiste à enlever la thyroïde sous anesthésie générale :

  • soit en entier (thyroïdectomie totale) ;
  • soit en partie (thyroïdectomie partielle). On retire alors un seul lobe de la glande et la partie reliant les deux lobes entre eux (isthme).

Parfois, des ganglions du cou sont aussi retirés.

À noter : Avant d'être opéré(e), une consultation est obligatoire auprès d'un médecin anesthésiste. Un bilan sanguin n'est pas toujours nécessaire avant l'intervention chirurgicale. Parlez-en à votre médecin.

L’ablation totale de la thyroïde nécessite un traitement médicamenteux substitutif à vie par des hormones thyroïdiennes. Ces médicaments sont également prescrits après une ablation partielle si la sécrétion résiduelle est insuffisante. Le traitement consiste en la prise d’un comprimé, tous les jours.

Exceptionnellement, des complications peuvent survenir suite à l’opération (hématome, hémorragie, gêne respiratoire).

D’autres troubles, le plus souvent transitoires, sont également possibles :

  • gonflement de la zone opérée ;
  • gêne lors de la déglutition ;
  • troubles de la voix (qui devient rauque, cassée ou éteinte), liés à une lésion d’un nerf pendant l’intervention. S’ils persistent, ils peuvent nécessiter un bilan et une rééducation orthophoniques ;
  • perturbations de la régulation du calcium, pouvant causer des crampes et fourmillements. Ce phénomène est dû à l’atteinte de petites glandes (parathyroïdes) pendant la thyroïdectomie. Il peut donner lieu à la prescription de calcium et de vitamine D.

Après une opération chirurgicale de la thyroïde :

  • reprenez la conduite automobile après avoir terminé votre traitement antidouleur, et lorsque vous pouvez de nouveau bouger le cou normalement ;
  • recommencez vos activités sportives après cicatrisation complète de la zone opérée.

Si vous prenez des hormones thyroïdiennes de synthèse, un déséquilibre hormonal léger est possible durant 2 à 3 mois après l’ablation de la glande. Pendant cette période, il est conseillé d’avoir une alimentation ni trop grasse, ni trop calorique. Une fois vos dosages hormonaux équilibrés, vous pouvez revenir à votre régime alimentaire habituel.

Après une thyroïdectomie totale ou partielle, votre médecin vous prescrit un arrêt de travail. Celui-ci peut durer jusqu'à 3 semaines, selon :

  • l’étendue de la chirurgie ;
  • la nécessité de traitements complémentaires ;
  • votre métier et vos conditions d'exercice professionnel ;
  • la survenue d’éventuelles complications.

Par exemple, l’arrêt pourra être plus court si votre activité professionnelle est sédentaire.

Par ailleurs, pour contribuer à votre bon rétablissement, votre médecin peut :

  • vous adresser à votre médecin du travail, qui évalue alors la nécessité d’aménager temporairement votre poste ;
  • demander, dans certains cas, une reprise à temps partiel thérapeutique, sur une période convenue avec votre employeur. Cela vous permet de percevoir des indemnités journalières, en complément de votre salaire partiel.

Un traitement à l’iode 131 est parfois envisagé par votre médecin en fonction de votre situation et du diagnostic. Toutefois, si le risque de cancer est jugé important, l’intervention chirurgicale est recommandée.

La ponction évacuatrice en cas de kyste de la thyroïde

Prescrite en cas de kyste, elle permet d’enlever le liquide qu’il renferme, dit "citrin" (parce que sa couleur rappelle celle du citron). Elle peut être guidée par échographie.

Après la , on vérifie au moyen d’une échographie que le kyste s’est bien résorbé, puis :

  • s’il ne se reforme pas, le suivi médical s’arrête ;
  • s’il se reconstitue, une autre peut être réalisée.

Dans le cas où il serait encore présent après plusieurs ponctions, une intervention chirurgicale est proposée. Ce traitement peut aussi être envisagé d’emblée :

  • si le kyste mesure plus de 3 cm ;
  • s’il compresse les organes environnants, occasionnant une gêne pour parler ou respirer par exemple.

Le traitement par l’iode radioactif ou "iode 131" en cas de nodule dit "chaud"

Indiqué pour soigner des nodules dits "chauds" (sécrétant des hormones thyroïdiennes), il est similaire à celui prescrit en cas d’hyperthyroïdie

Sources
  • Institut National du Cancer (INCa). Les nodules bénins de la thyroïde. Site internet : Cancer Info. Boulogne-Billancourt (France) ; 2013 [consulté le 5 mars 2015]
  • La Presse Médicale. Recommandations de la Société française d’endocrinologie pour la prise en charge des nodules thyroïdiens. Site internet : Union Régionale des Professionnels de Santé Médecins Libéraux des Pays de la Loire. Saint-Sébastien-sur-Loire (France) ; 2011 [consulté le 5 mars 2015]
  • Collège des Enseignants d'Endocrinologie, Diabète et Maladies Métaboliques (CEEDMM). Nodule thyroïdien. Site internet : Campus numérique de l’UNF3S. Lille (France) ; 2011 [consulté le 5 mars 2015]
  • Revue Médicale de Liège. Nodules de la thyroïde. Site internet : Revue Médicale de Liège. Liège (Belgique) ; 2006 [consulté le 5 mars 2015]
  • Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Arrêt de travail – Thyroïdectomie, après avis de la Haute Autorité de santé. Site internet : Ameli.fr. Paris ; 2010 [consulté le 5 mars 2015]